Pour le Parlement européen

12 septembre 2018 13:55; Act: 13.09.2018 15:08 Print

La Hongrie, «une menace systémique»

Le Parlement européen a décidé de lancer ce mercredi une procédure de sanction contre la Hongrie, qui menace selon lui les valeurs de l'Union européenne.

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Le Premier ministre hongrois Viktor Orban a tenté de défendre les actes de son gouvernement devant le Parlement européen à Strasbourg. (photo: AFP/Frederick Florin)

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Le Parlement européen a dénoncé mercredi la menace «systémique» visant les valeurs de l'UE en Hongrie, et a activé une rare procédure qui pourrait conduire à des sanctions sans précédent contre Budapest. C'est la première fois que le Parlement européen use de son droit d'initiative pour demander au Conseil (les États membres) de se prononcer sur la situation de l'État de droit d'un pays membre. Décision politiquement symbolique, le vote du Parlement lance une longue procédure dont l'issue est incertaine mais qui peut en théorie mener à des sanctions à l'encontre de Budapest.

La procédure de l'article 7 est rarissime dans l'histoire de l'UE. Néanmoins, c'est la deuxième fois en un an qu'elle est déclenchée. Fin décembre, la Commission avait initié la procédure contre la Pologne. Elle en est pour l'instant à un stade préliminaire, après l'audition de Varsovie sur ses réformes controversée fin juin par le Conseil des ministres des Affaires européennes. «Vote historique», a aussitôt réagi l'eurodéputée socialiste Sylvie Guillaume sur Twitter.

Orban parle de «vengeance»

Le vote de l'hémicycle s'annonçait serré, étant donné les règles strictes auquel il était soumis: outre la simple majorité des voix (376), la résolution devait recueillir au moins les deux tiers des suffrages exprimés. Elle est finalement passée avec 448 votes pour et 197 contre (et 48 abstentions). La résolution votée par le Parlement «invite le Conseil à constater s'il existe un risque clair de violation grave, par la Hongrie, des valeurs visées à l'article 2 du traité UE et à adresser à la Hongrie des recommandations appropriées à cet égard».

Le débat précédant le vote a donné lieu à un âpre face-à-face entre le Premier ministre Viktor Orban, venu défendre «l'honneur» de son pays, et les parlementaires. M. Orban n'a pas cherché à convaincre son auditoire, dont il estimait que l'opinion était «déjà faite». Combattif et véhément, il a dénoncé une «vengeance» de ses opposants et martelé qu'il ne céderait à aucun «chantage».

(L'essentiel/afp)