21 mars 2008 10:37; Act: 21.03.2008 10:44 Print

L’ordre règne au Tibet, à quel prix?

C’est la question que se posent les organisations des droits de l’homme, depuis que la Chine affirme contrôler le Tibet. Les émeutes ont fait 100 morts selon les Tibétains, 13 selon Pékin.

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Renforts militaires, patrouilles dans les villes et les villages… Vendredi, alors que la presse étrangère est interdite d'accès aux zones concernées, les médias chinois insistaient sur le retour à la normale dans la capitale tibétaine, montrant des photos d'écolières souriantes.

Les principaux portails internet chinois ont publié les photos de 19 manifestants les plus recherchés par la police après les émeutes de Lhassa, accompagnées d'une notice de la police avec un numéro de téléphone pour communiquer d'éventuels indices.

Selon l'agence Chine Nouvelle, au total 170 personnes s'étaient constituées prisonnières jusqu'à mercredi soir. Les groupes pro-tibétains à l'étranger affirment que plus d'un millier de personnes ont été arrêtées. "Nous sommes inquiets que les gens arrêtés soient maltraités. Il y a beaucoup de preuves de torture et de mauvais traitements dans les prisons chinoises", a déclaré Nicholas Bequelin, de Human Rights Watch à Hong Kong.

«Ciel ensoleillé»

Mais vendredi, le site Internet Chinatibet.news.com reprenait en Une un article du Quotidien du Tibet, le journal officiel du Parti communiste de la région: "Le ciel du Tibet sera toujours ensoleillé".

Jeudi, les autorités chinoises avaient pour la première fois reconnu avoir tiré pour réprimer des émeutes, mais "en légitime défense", blessant quatre personnes dimanche dans une zone peuplée de Tibétains de la province du Sichuan, dans le sud-ouest de la Chine.

Des groupes de militants pro-tibétains ont affirmé que huit personnes avaient été tuées par les forces de sécurité au cours des manifestations dans ce district de Ngawa. Ils ont diffusé des photos de cadavres présentant ce qui semble être des blessures par balles. La véracité de ces photos n'a pas pu être vérifiée par l'AFP.

Ces derniers jours, des témoins ont fait état de renforts militaires envoyés dans les zones concernées par les troubles. Vendredi, dans une région tibétaine du Yunnan (sud-ouest), où jusqu'à présent aucune manifestation n'a été signalée, la police patrouillait dans les villes et les villages.

avec AFP