Act. 01.04.08; 20:48 Pub. 01.04.08; 20:48
Blake et Mortimer sans une ride
C'est une aventure qui mêle fantastique et Afrique millénaire. C'est aussi le grand retour de Blake et Mortimer dans un one-shot signé Sente et Juillard.
Mortimer a ramené, de son expédition au pôle Sud, une roche mystérieuse qui le met sur la piste d’une civilisation fantastique dont le berceau semble niché dans les entrailles du cratère du Ngorongoro, non loin du lac Victoria.
Commence alors une somptueuse aventure qui conduit pour la première fois Blake et Mortimer, les deux plus célèbres gentlemen de la bande dessinée, vers l’Afrique noire.
Avec ce quatrième album de reprise, Yves Sente (scénario) et André Juillard (dessin) conjuguent respect du fond et de la forme de la série lancée en 1950 avec «Le Secret de l'Espadon» par Edgar Pierre Jacobs dans le cultissime «Journal de Tintin».
«Petit garçon, je lisais "Blake et Mortimer". Aujourd'hui, je le dessine et c'est un frisson incroyable que de retomber quelque part en enfance», explique André Juillard.
«Nous devons répondre aux attentes nostalgiques tout en répondant aux attentes de modernité. Poursuivre l'héritage de Jacobs, c'est trouver un équilibre subtil entre l'ancien et le moderne», ajoute Yves Sente. Ce dernier, directeur éditorial au Lombard, a «ressuscité» la série en se colletant au scénario de «La Machination Voronov» (album paru en 2000), naissance du duo Sente-Juillard.
«Bien sûr, il y a les puristes pour lesquels nous ne commettons qu'un sacrilège. Mais il y a aussi tous les autres, et surtout tous ces jeunes, qui découvrent aujourd'hui l'œuvre de Jacobs», dit Yves Sente. Devenus mythiques au même titre que Tintin, Blueberry, Spirou, Blake et Mortimer sont entrés au panthéon de la BD.
«En les dessinant, je me sens dans mon univers tant ils font partie de mon arbre généalogique de dessinateur», explique André Juillard. Respectueux du mythe Jacobs, le duo l'entretient. S'il reste dans la veine, c'est pour l'enrichir à sa manière. Mise en scène, cadre, vouvoiement, c'est vraiment du Blake et Mortimer. Mais c'est plus rythmé, avec un personnage féminin que Jacobs n'aurait finalement pas désavoué. Un bel hommage rendu par Yves Sente et André Juillard aux héros de leur enfance.
Denis Berche