Act. 29.01.08; 11:47 Pub. 27.01.08; 20:31
David Goldrake: «Je suis avant tout un créateur d'illusions»
Magicien, Goldrake veut gagner le titre de «The Next Uri Geller».
Le Luxembourgeois a parlé
de l'émission à «L'essentiel».
David Goldrake a rendu visite à la rédaction de «L'essentiel». (Kerstin Smirr/L'essentiel)
«L'essentiel»: Comment as-tu fait pour participer à «The Next Uri Geller»?
La production m’a contacté et m’a proposé de participer à une sélection. Le premier casting a eu lieu en septembre de l’année dernière, le casting final en décembre. Et apparemment, ProSieben a aimé mon travail et ma personnalité.
As-tu été tenté de participer à l’émission dès le début?
Au début, j’étais un peu sceptique. Uri Geller est une personne contestée. Il est à l’origine de beaucoup de controverses. Mais l’émission est une bonne possibilité de présenter le mentalisme à la télévision. De plus, depuis peu de temps, je vis également à Cologne. J’ai toujours voulu partir à l’étranger. En Allemagne, peu de personnes me connaissent. L’émission est une possibilité de pousser ma carrière.
C’est sa déclaration d’avoir des forces surnaturelles qui rend Uri Geller si contesté. Toi, tu en as?
Il est clair que j’ai des capacités que d’autres n’ont pas, surtout une sensibilité très fine ce qui m’aide beaucoup. De plus, je m’entraîne physiquement et mentalement. Je suis avant tout un créateur d’illusions.
L’émission est intitulée «The Next Uri Geller»…
Disons que je préfère être le premier David Goldrake. L’émission est pour moi un véhicule pour aider ma carrière. La magie me fascine depuis l’âge de huit ans et à mon 12e anniversaire, je savais que j’en ferais mon métier. J’ai mes propres rêves et projets. Ils ne sont pas forcément identiques à ceux d’Uri Geller.
Chacun pourrait faire ce que tu fais?
Non. Je pense que tout le monde arriverait à un certain niveau. Mais il faut aussi avoir du talent, du charisme et surtout de la passion.
Le présentateur de l’émission, Uri Geller, donne-t-il des conseils aux candidats?
Uri Geller a trop à faire, entre autres de préparer ses propres présentations. Bientôt, le format débutera aussi aux Pays-Bays. Donc, il est très occupé. Il apprend souvent le jour de l’émission ce que les candidats font. Il nous donne parfois des conseils généraux, par exemple en ce qui concerne la concentration. Il ne s’occupe pas du côté artistique ou technique. Mais nous avons deux consultants qui nous aident par exemple à rendre une présentation plus télégénique.
La caméra peut-elle cacher des aspects qui pourraient aider les téléspectateurs à révéler le fonctionnement d’un tour?
Le souci de la régie chez ProSieben est de donner la même expérience aux téléspectateurs qu’au public dans le studio. On ne peut pas tromper le public et on ne le voudrait surtout pas. On ne rendrait pas service à l’émission et aux artistes qui y participent.
As-tu reçu des réactions de téléspectateurs après avoir dévoilé l’angoisse de l’actrice Christina Plate dans la dernière émission?
Oui, beaucoup de personnes m’ont écrit. Certains souffrent d’une phobie et m’ont demandé si je pouvais les aider. Et en fait, mon but est de créer un réseau de psychothérapeutes. Les angoisses, c’est un sujet négligé au Luxembourg et aussi dans d’autres pays européens. Utiliser la magie peut aider les gens à développer plus de confiance en eux-mêmes, à s’exprimer ouvertement. La magie agit comme outil thérapeutique.
Que fais-tu quand tu ne prépares pas la prochaine émission de «The Next Uri Geller»?
Je voyage beaucoup car je reviens presque tous les week-ends au Luxembourg et je donne des spectacles ce qui me permet de me perfectionner. Sur scène, je m’épanouis, mais aussi en «backstage». Il faut s’occuper des costumes, je fais du sport pour rester en forme, j’entraîne ma diction et la mise en scène. De plus, je développe constamment de nouveaux tours. Parfois ça me prend des années pour arriver au bout.
Comment as-tu appris ton art?
Je suis autodidacte. Je n’ai fréquenté aucune école parce que tu y apprends seulement les bases. J’ai beaucoup appris dans les bouquins. J’ai d’ailleurs 3000 livres uniquement de magie. De plus, il y a des magasins qui vendent des tours. Et j’ai eu la chance de rencontrer des personnes qui m’ont donné des conseils.
Les magiciens échangent-ils des conseils entre eux?
Au début, j’ai très rarement demandé pour avoir des conseils. J’ai d’abord montré que j’avais mon propre style et prouvé mon talent et mon professionnalisme. Maintenant, je fais partie du clan. Mais il faut y arriver par soi-même. Je m’aperçois que la concurrence existe plutôt entre les magiciens qui font du «mainstream».
Reconnais-tu les tours de tes collègues?
Oui, on connaît les tours des autres. Nous avons tous les mêmes recettes, mais l’emballage change. Parfois, il faut voir un tour trois ou quatre fois pour le dévoiler.
Tu as entre autres rencontré Siegfried de Siegfried et Roy.
Oui, Siegfried est phénoménal. Malgré son succès, il est resté très chaleureux, authentique et humain. Je l’ai rencontré déjà plusieurs fois. Cela a commencé en 1996. Pendant des semaines, j’ai appelé son manager dix fois par jour parce que je voulais le rencontrer. À la fin, il a accepté. Nous sommes restés en contact depuis.
Aimerais-tu avoir un show permanent à Las Vegas comme lui?
Ce serait en tout cas très intéressant. J’y ai déjà travaillé l’année dernière et aussi en 2003. J’aime la ville et le fait que les gens viennent spécialement pour les spectacles. Pourtant, je préférerais monter mon propre show et le montrer dans le monde entier.
Recueilli par Kerstin Smirr