Parfum en France

15 mai 2020 11:00; Act: 15.05.2020 11:04 Print

À Grasse, on cueille les roses «avec un masque»

Dans la ville berceau mondial de la parfumerie, la rose de mai est en fleurs, mais dans les champs, «bosser avec un masque et ne pas la sentir, c'est un peu frustrant!».

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Les cueilleurs ont pris de nouvelles habitudes de travail à Grasse, à cause du coronavirus. (photo: AFP/Valery Hache)

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Propriétaire du Domaine de Manon, partenaire de la maison de luxe Dior, Carole Biancalana a imposé le masque à la demi-douzaine de saisonniers qui récoltent, coronavirus oblige. Elle ne manque pourtant pas d'adjectifs pour décrire l'arôme «complexe, multiple et varié» de la rose centifolia, variété éphémère à la tige si frêle qu'elle n'a pas de tenue en vase. «On est entre le miel, l'épice, l'agrume, le litchi, c'est un parfum en soi», dit-elle.

Après deux mois de confinement et un silence propice à l'écoute du bourdonnement des abeilles, la cueillette a commencé il y a huit jours, au gré de la météo, et se fait pour la première fois avec nombre de précautions sanitaires. «D'habitude, chacun prend un tablier indifférencié, on s'entraide et on cueille par rangée, l'un en face de l'autre, ça papote et c'est sympa», relève Mme Biancalana. Mais cette année, chaque cueilleur travaille seul sur sa rangée.

«On lui tord le cou»

Moins physique que le jasmin dont les récolteurs démarrent à l'aube et travaillent courbés, la cueillette de la rose centifolia ou rose à cent-feuilles, embauche vers 9h. Tout cesse impérativement avant 13h quand le soleil tape trop fort. C'est une question de température et de chimie de la plante: «On est "timés". La rose a des molécules odorantes qui fonctionnent à certaines heures», explique Vincent Rossi, 26 ans, l'un des plus jeunes ouvriers cueilleurs.

Longue natte blonde et dix doigts experts qui coupent à toute vitesse, une cueilleuse qui préfère taire son nom souligne: «On ne tire jamais sur les tiges... On laisse s'envoler les abeilles...». Le seul outil de cueillette est la main: «Le but est de ne pas toucher le cœur de la rose. On l'attrape comme ça, juste sous le pédoncule et hop, on lui tord le cou!», montre Vincent.

«L'achat du foncier, c'est quasiment hors de portée»

Cette année, chacun a son propre sac en toile de jute identifié par un ruban de couleur, afin de garder les distances: champagne pour Blanche, orange pour Michel... Au camion, une seule personne est préposée pour livrer à l'usine Robertet où les pétales atterrissent dans des cuves d'extraction. Carole est l'héritière de trois hectares cultivés en famille. Elle loue aussi une parcelle sanctuarisée grâce à un plan révisé de la commune en faveur des plantes à parfum.

Grasse a été inscrite au patrimoine immatériel de l'Unesco en 2018 pour ses savoir-faire liés au parfum. Mais pour les horticulteurs, il est difficile d'acheter du terrain dans ce secteur de la Côte d'Azur, recherché et en manque de logements. «C'est minimum 30 euros le m². Avant de rentabiliser ça, avec tous les autres investissements, c'est compliqué», dit Carole Biancalana, membre fondatrice de l'association des «Fleurs d'exception du pays de Grasse».

«L'achat du foncier, c'est quasiment hors de portée», confirme Morgane Russo, cueilleuse stagiaire qui envisage l'installation après un début de carrière d'ingénieur agronome à travers le monde.

(L'essentiel/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Palamunitan le 15.05.2020 14:57 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    C'est bien. Les plantes ne seront pas infectées.

  • gustav le 17.05.2020 12:23 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    très belle région

  • veritis le 16.05.2020 09:51 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    en plein air pas besoin de masque

Les derniers commentaires

  • gustav le 17.05.2020 12:23 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    très belle région

  • veritis le 16.05.2020 09:51 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    en plein air pas besoin de masque

  • criticator le 15.05.2020 23:00 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    J’espère qu’ils pensent aux gants aussi :)

  • Palamunitan le 15.05.2020 14:57 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    C'est bien. Les plantes ne seront pas infectées.