Grèce

01 juillet 2020 15:07; Act: 01.07.2020 15:14 Print

«Enfin», les touristes déferlent sur Corfou

Dès ce mercredi, les voyageurs venant en Grèce doivent remplir un questionnaire en ligne 48h à l'avance et reçoivent un code-barre qui détermine s'ils doivent être dépistés.

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La Grèce a été relativement épargnée par le coronavirus avec 192 morts et moins de 3’500 cas. (photo: AFP)

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«Endlich!» (Enfin!), s'exclame un touriste allemand dans un soupir de soulagement. Des dizaines de voyageurs souriants ont atterri mercredi sur l'île grecque de Corfou, «heureux d'être ici» et de pouvoir profiter des eaux turquoises de la mer Ionienne, dans «l'un des pays les plus sûrs» d'Europe face à la pandémie de coronavirus. Plus d'une centaine de vols internationaux étaient prévus mercredi au premier jour de la réouverture aux touristes étrangers des aéroports régionaux de Grèce, dont une quinzaine à Corfou mais aussi à Santorin, Mykonos, en Crète ou encore à Rhodes.

«On attendait ce moment depuis si longtemps», s'enthousiasme Molnar Istvan, un touriste hongrois à son arrivée à l'aéroport de Corfou à bord du premier vol de la journée. «C'est fantastique, on est très heureux d'être ici et de profiter du soleil», dit-il dans l'aérogare en effervescence, devant de nombreux tours opérateurs venus accueillir les voyageurs. «Nous ouvrons grands nos bras», a proclamé Haris Theocharis, le ministre grec du Tourisme, venu à Corfou pour l'atterrissage du premier avion en provenance de Budapest. «Nous accueillons nos hôtes de France et d'autres pays, en sachant parfaitement que nous pouvons leur offrir à la fois l'hospitalité que tout le monde attend de la Grèce et un environnement sûr pour chacun», a-t-il dit à l'AFP.

«Les Grecs sont relax»

La Grèce a été relativement épargnée par le coronavirus avec 192 morts et moins de 3 500 cas. Après trois mois de confinement, elle rouvre mercredi tous ses aéroports aux touristes de 14 pays considérés comme sûrs, dont l'Australie, le Canada, le Japon et l'Uruguay, ainsi que ses liaisons maritimes avec l'Italie voisine. La Grèce est «l'un des pays les plus sûrs», observe, ravi, Mads Melsen qui arrive du Danemark via Budapest. Avec sa fille Silja, ce touriste danois a subi à l'aéroport un test de dépistage au coronavirus. «Ce n'est pas très agréable mais c'était très rapide», dit-il, avant de se précipiter vers sa voiture de location.

«On nous a dit qu'il n'y avait pas de victime du Covid-19 sur l'île, on se sent en sécurité à Corfou», ajoute le Slovaque Anton Fric, derrière son masque. Les huit membres de sa famille sont passés «rapidement» au contrôle sans être testés. Sur la longue plage de sable brûlant de Glyfada, par une température de 35°C, Mihail Diaciov, un touriste de Roumanie, reconnaît que «la Grèce est sûre mais il y a aussi l'attitude grecque». Par rapport à la Roumanie, les Grecs «sont plus relax», sourit ce dentiste, arrivé, lui, avec vingt amis et proches à bord de six voitures et d'une moto.

«Une saison touristique difficile»

«La Grèce c'est super, on y mange bien, le temps est beau, la mer est belle». La Grèce, «c'est plus que la mer et le soleil, c'est un état d'esprit», proclame le gouvernement grec dans sa campagne pour relancer le tourisme, qui représente un quart du Produit intérieur brut grec. Ce sera cependant «une saison touristique très difficile, on fera le mieux possible», a déclaré cette semaine le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis.

Les Britanniques, première clientèle de Corfou, ne sont pas autorisés à venir avant quinze jours. De même que les Américains, les Russes, les Turcs et les Suédois. Et les voyageurs de Chine, où la pandémie a émergé fin 2019, pourront venir en Grèce si Pékin ouvre ses portes aux Européens. Au milieu des façades ocres et roses à l'architecture vénitienne écrasées de soleil, Yannis a gardé sa boutique de souvenirs et ses seize chambres ouvertes. Car il a encore «1% d'espoir» de voir déferler les touristes et de «rattraper le temps perdu». Pour Amelia Vlachou, qui tient une boutique de bijoux dans une ruelle ombragée de Corfou, «les trois mois (de confinement) sont bel et bien perdus, on ne les récupèrera jamais». «Maintenant, on essaie de sauver la saison», dit-elle.

(L'essentiel/AFP)