Coronavirus à New York

13 juillet 2020 08:17; Act: 13.07.2020 09:53 Print

«Il faut se barrer d'ici le plus vite possible»

Le traumatisme de la pandémie a déjà poussé de nombreux New-yorkais à quitter définitivement la ville, laissant de nombreux appartements vides.

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Les habitants de la Grosse Pomme fuient le centre-ville. (photo: AFP)

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Le traumatisme de la pandémie a déjà poussé de nombreux New-yorkais à quitter définitivement la ville au plus vite, laissant de nombreux appartements vides et faisant flamber les prix de l'immobilier autour de la métropole. «Je n'étais pas prêt à partir», se souvient Nick Barnhorst lorsqu'il se revoit en février. À 41 ans, à New York depuis 11 ans, amoureux de la ville, il songeait bien à un déménagement, mais pas avant un an au moins.

En l'espace de quelques semaines, sa femme est tombée enceinte de son troisième enfant et le coronavirus a ravagé New York. D'un seul coup, c'est devenu: «Il faut se barrer d'ici le plus vite possible». La semaine prochaine, Nick devrait signer l'acte de vente d'une maison située à Mamaroneck, ville cossue au nord de New York. «J'avais toujours imaginé que partir serait un déchirement», dit ce Californien d'origine, «mais aujourd'hui, je suis au summum de l'enthousiasme».

Hausse des prix en dehors de la ville

Parti en week-end chez ses beaux-parents début mars dans le Massachusetts, un ami de Nick a fait beaucoup plus radical encore. Il n'est jamais revenu habiter à New York. Ayant une femme enceinte de huit mois, il a vendu son appartement et acheté à Bronxville, commune située immédiatement au nord du quartier du Bronx. «Rien de ce qui fait que New York est New York ne fonctionne actuellement», souligne Nick, car théâtres, bars, cinémas, salles de concert, ou musées n'ont pas rouvert. «Donc il est plus facile de la quitter».

Sur un marché immobilier en ébullition, qui «ne laisse aucune place à la négociation», Nick a dû batailler pour trouver la maison qu'il cherchait. Autour de la ville prisée de Montclair, dans le New Jersey, il n'est plus rare de voir des maisons vendues plus de 20% au-dessus du prix affiché, selon des données communiquées par Richard Stanton, propriétaire de l'agence Stanton Realtors. «Je ne m'attendais pas à une demande si forte», explique l'agent immobilier, qui ne prévoit pas que l'offre rattrape la demande avant six mois, voire un an.

Appartements vacants: du jamais vu

Un résident de Darien, dans le Connecticut, raconte, sous couvert d'anonymat, avoir reçu plusieurs appels d'acheteurs potentiels alors que sa maison n'était pas à vendre. «C'est la première fois que ça m'arrive», dit-il. Le gouverneur Andrew Cuomo et le maire Bill de Blasio comparent souvent la situation actuelle avec celle qui a suivi le 11 septembre, l'autre grand traumatisme qu'a connu la ville, promettant le même rebond. Mais sur le plan immobilier, les répercussions des attentats «ont été anecdotiques», tempère Richard Stanton.

«Après le 11 septembre, la fierté des New-yorkais m'a plutôt donné envie d'aller habiter à New York», raconte Dillon Kondor, guitariste qui était alors adolescent et vivait en banlieue de la métropole. Lui qui a travaillé sur plusieurs comédies musicales à Broadway a aussi fait le grand saut, en juin, et quitté New York pour un appartement à Tarrytown, dans la vallée de l'Hudson. Pour lui, tout a basculé avec une des premières belles journées du printemps, lors d'une promenade à Central Park, bondé, où les masques étaient trop rares à son goût.

«Difficile à imaginer un retour»

En rentrant avec sa femme, «l'un de nous a dit: il faut quitter cette ville». À New York, en ce début juillet, les camions de déménagement pullulent en journée. Dans le bas de Manhattan, plus de 5% des appartements sont vacants, du jamais vu depuis dix ans que le cabinet immobilier Miller Samuel publie ces statistiques.

Plus que le 11 septembre, Richard Stanton compare la conjoncture actuelle à la période 2003-2005, qui avait vu une vague de New-yorkais poussés dehors par la hausse des loyers. Il évoque aussi les années 70, marquées par une dégradation des services publics et une augmentation de la criminalité, qu'avaient fui beaucoup de ceux qui en avaient les moyens. Mais cette fois, outre l'effet coronavirus, «il y a une tendance plus lourde liée au fait qu'il va y avoir plus de gens qui travailleront de chez eux», analyse Richard Stanton. Dans de nombreux cas, «on aura une semaine au bureau plus courte».

Ce mouvement pourrait même faire retomber la fièvre immobilière à New York et permettre à une nouvelle génération de s'installer dans une ville qui leur aurait été, sans cela, inaccessible, imagine l'agent immobilier. Dans un premier temps, Dillon a choisi de louer, pour ne rien écarter, en attendant que Broadway redémarre. Mais il a du mal à se projeter de retour à New York. «Il y a tellement d'inconnues que ça paraît difficile à imaginer».

(L'essentiel/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • veritis le 13.07.2020 09:36 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    c'est le moment d'investir

  • Le Grinch le 13.07.2020 09:28 Report dénoncer ce commentaire

    Espérons que le même phénomène aura lieu à Luxembourg-ville. Il est tout de même plus équilibré que les gens vivent en périphérie, voire dans de petites villes, que de s'entasser dans les capitales. Le télétravail pourrait permettre ce rééquilibrage, si les politiques ne s'y opposent pas...

  • TontonB le 13.07.2020 10:21 Report dénoncer ce commentaire

    Pourtant, la vague étant passée, New York est maintenant probablement une des villes les plus sûres des USA question sanitaire.

Les derniers commentaires

  • 1reiz3 le 14.07.2020 07:10 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    si seulement les expats pourraient aussi degager le plancher du luxembourg, les gens de la grande region pourraient retrouver un peu de travail

  • Immo le 13.07.2020 20:50 Report dénoncer ce commentaire

    Je suppose que les prix de l'immobilier vont chuter de beaucoup. Il est temps d'acheter.

  • Luxo le 13.07.2020 17:52 Report dénoncer ce commentaire

    De toute façon New York sera bientot recouvert par la montée du niveau des océans. Et notre Ville, le bourg du petit Duché, invivable si on n'y interdit pas les voitures.

  • didi le 13.07.2020 13:29 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Moi je suis habitante des luxembourg depuis 20 ans maintenant, et je vous cache pas que c’est le pays que j’adore, mais je compte partir pour étranger vu que loyer est trop chère et j’arrive pas étant divorcé après 20 ans et au salaire minimum qualifié ????????????ça me brise le cœur, mais je pas trop des chois

  • didi le 13.07.2020 12:21 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Coucou @ je suis pas d’accord avec vous du tout , New-York n’es pas si salé comme vous prétendez et ça pue plus à certains endroits en ville chez nous désolé de le dire ;)) je suis allé et c que vous dite c’est du bla bla