Coronavirus en France

07 avril 2020 19:47; Act: 08.04.2020 09:04 Print

Il proposait de la chloroquine à ses salariés

Le fondateur d'un groupe de chimie dans la Loire, René Pich, est visé par une enquête, après avoir acheté de la chloroquine pour ses salariés.

Sur ce sujet
Une faute?

«La volonté de nuire est évidente alors qu’on est dans une période où le tiers ou la moitié de la population sera contaminée et de nombreux malades vont encore malheureusement mourir», écrit le dirigeant, dans un communiqué transmis à l’AFP. La réaction de M. Pich, également directeur général délégué de la société, intervient au lendemain de son audition en garde à vue, au terme de laquelle il a été remis en liberté, dans le cadre d'une enquête pour «exercice illégal de la pharmacie et de la médecine», ouverte par le parquet de Saint-Étienne.

Elle était consécutive d’un signalement effectué le 31 mars par l'inspection du travail de la Loire, après une note de M. Pich, datée du 18 mars, informant l'encadrement de SNF que l’entreprise avait fait l’acquisition de comprimés de phosphate de chloroquine.

«Mise en danger de la vie d'autrui»

«J’ai 79 ans et du diabète. Ma chance de mourir du Covid-19 est de plus de 20%. Nous avons dans la société une dizaine (peut-être plus) de salariés avec des pathologies graves. Le principe de précaution m’oblige à trouver dans ces périodes de polémiques des moyens de survivre», poursuit le dirigeant. «J’ai acheté de la chloroquine à titre personnel, qui n’a rien à voir avec la société SNF, à la société indienne qui est reconnue comme fournisseur privilégié. Nous avons dit à nos salariés que ce produit était à leur disposition en cas d’hospitalisation», souligne M. Pich, qui dit en avoir commandé «500 grammes environ».

Le dirigeant indique en outre qu'une partie de ces plaquettes avait été «donnée aux hôpitaux» avec l'indication de sa provenance. «Il s’agit de produits non validés par les autorités de santé et dont l’importation est interdite», avait indiqué lundi le procureur Charmatz. Côté syndicats, la CGT de SNF dénonçait mardi dans un communiqué «avec force (les) méthodes d’information sélectives» de René Pich, dans sa communication interne auprès d’environ 200 cadres et technico-commerciaux.

La CFDT de la chimie avait de son côté déposé plainte lundi auprès du parquet de Saint-Étienne pour «mise en danger de la vie d’autrui, exercice illégal de la médecine et de la pharmacie et administration de substances vénéneuses». En France, l'usage de la chloroquine contre le coronavirus est l'objet de vifs débats.

(L'essentiel/afp)