Coronavirus en Belgique

23 octobre 2020 07:43; Act: 23.10.2020 11:04 Print

Infirmiers positifs au CHU de Liège, la crainte grandit

Des contaminations en hausse «exponentielle», un «manque criant» de personnel au point que certains travaillent tout en étant contaminés: l'inquiétude est forte au CHU de Liège.

storybild

Depuis deux jours, le CHU a commencé à transférer des malades dans d'autres provinces belges et en Allemagne. (photo: AFP/Kenzo Tribouillard)

Sur ce sujet
Une faute?

«Mercredi, on a quasiment atteint le nombre de cas maximum de la première vague», constate Christelle Meurice, infectiologue. Mais à l'époque, différence notable, les Belges étaient confinés depuis plus de trois semaines. «On a peur que les dernières mesures soient insuffisantes pour aplatir la courbe. On voit un tsunami qui arrive», s'alarme le médecin, à la tête d'une unité qui accueille 18 malades du virus pour 26 lits.

Sa crainte? Devoir passer à deux malades par chambre, une situation plus difficile pour les patients comme pour le personnel. Depuis lundi, cafés et restaurants ont fermé dans tout le pays et un couvre-feu a été instauré de minuit à 5 heures du matin. «Ces mesures sont clairement insuffisantes face à une situation extrêmement inquiétante», ajoute le médecin, qui pointe «un échec collectif».

De plus en plus criant

Avec plus de 250 000 cas de contamination et de 10 500 décès, la Belgique (11,5 millions d'habitants) est l'un des pays européens les plus touchés par le virus rapporté à sa population. Et la province de Liège est devenue à la mi-octobre le point le plus chaud de la pandémie. Au CHU, qui compte six unités Covid, les hospitalisations ont grimpé de 91 à 155 en une semaine. Certains personnels n'ont pas résisté à la première vague. Ils ne sont pas revenus travailler à l'hôpital, d'autres ont cessé d'exercer. Facteur aggravant, la formation en soins infirmiers a été allongée de 3 à 4 ans.

«La pénurie était déjà là avant mais c'est de plus en plus criant car le personnel est aussi impacté par le Covid (...) alors qu'on va devoir tenir de longs mois», appréhende Christelle Meurice.

«C'est pas des bombes, c'est un virus»

Dans le département des soins intensifs, Thomas a été testé positif il y a trois semaines. «J'ai pas trop le choix. je n'avais pas beaucoup de symptômes. J'ai averti mon supérieur. Il m'a dit "on ne peut pas te remplacer. Il va falloir venir (...)". C'est une décision difficile. Les patients ne prennent pas de congé. je suis aussi solidaire de mon équipe. On a peur d'infecter les malades. On prend encore plus de précautions», confie l'infirmier de 33 ans. Dans son unité de 23 personnes, quatre positives continuent à travailler, selon l'infirmier.

Rien de surprenant pour le docteur Benoît Misset, chef des soins intensifs. «Si je suis infirmier ou médecin et que je suis malade, si je n'ai pas de courbatures, si je ne suis pas au lit, il suffit que je mette mon masque. Il faut travailler. Si vous avez des gens avec des compétences (...) je ne vais pas être regardant», confie le médecin français. «On est dépassés, on est débordés, on est aussi un peu amers puisqu'on s'y attendait depuis deux mois. Les décisions n'ont pas été prises en temps voulu», s'insurge-t-il.

«Personne n'a pris la situation au sérieux. Les politiques comme la population», accuse cet homme en colère. Partisan d'un reconfinement, il appelle à des mesures plus efficaces même si elles n'auront d'effet que dans un mois ou deux. Depuis deux jours, le CHU a commencé à transférer des malades dans d'autres provinces belges et en Allemagne. Et s'oriente vers la prise en charge des patients exclusivement Covid, au détriment des autres pathologies. «On est déjà en train de fermer la moitié de l'hôpital pour pouvoir récupérer du personnel pour les soins intensifs», explique-t-il. «Maintenant, c'est une guerre de tranchées», avec une différence «c'est pas des bombes, c'est un virus» et «c'est lui qui décide, pas nous, pas les politiques, pas les scientifiques».

(L'essentiel/afp)

Vous venez de publier un commentaire sur notre site et nous vous en remercions. Les messages sont vérifiés avant publication. Afin de s’assurer de la publication de votre message, vous devez cependant respecter certains points.

«Mon commentaire n’a pas été publié, pourquoi?»

Notre équipe doit traiter plusieurs milliers de commentaires chaque jour. Il peut y avoir un certain délai entre le moment où vous l’envoyez et le moment où notre équipe le valide. Si votre message n’a pas été publié après plus de 72h d’attente, il peut avoir été jugé inapproprié. L’essentiel se réserve le droit de ne pas publier un message sans préavis ni justification. A l’inverse, vous pouvez nous contacter pour supprimer un message que vous avez envoyé.

«Comment s’assurer de la validation de mon message?»

Votre message doit respecter la législation en vigueur et ne pas contenir d’incitation à la haine ou de discrimination, d’insultes, de messages racistes ou haineux, homophobes ou stigmatisants. Vous devez aussi respecter le droit d’auteur et le copyright. Les commentaires doivent être rédigés en français, luxembourgeois, allemand ou anglais, et d’une façon compréhensible par tous. Les messages avec des abus de ponctuation, majuscules ou langages SMS sont interdits. Les messages hors-sujet avec l’article seront également supprimés.

Je ne suis pas d’accord avec votre modération, que dois-je faire?

Dans votre commentaire, toute référence à une décision de modération ou question à l’équipe sera supprimée. De plus, les commentateurs doivent respecter les autres internautes tout comme les journalistes de la rédaction. Tout message agressif ou attaque personnelle envers un membre de la communauté sera donc supprimé. Si malgré tout, vous estimez que votre commentaire a été injustement supprimé, vous pouvez nous contacter sur Facebook ou par mail sur feedback@lessentiel.lu Enfin, si vous estimez qu’un message publié est contraire à cette charte, utilisez le bouton d’alerte associé au message litigieux.

«Ai-je le droit de faire de la promotion pour mes activités ou mes croyances?»

Les liens commerciaux et messages publicitaires seront supprimés des commentaires. L’équipe de modération ne tolérera aucun message de prosélytisme, que ce soit pour un parti politique, une religion ou une croyance. Enfin, ne communiquez pas d’informations personnelles dans vos pseudos ou messages (numéro de téléphone, nom de famille, email etc).

L'espace commentaires a été désactivé
L'espace commentaires des articles de plus de 48 heures a été désactivé en raison du très grand nombre de commentaires que nous devons valider sur des sujets plus récents. Merci de votre compréhension.

Les commentaires les plus populaires

  • Avis le 23.10.2020 08:23 Report dénoncer ce commentaire

    Si les soignants étaient mieux payés, ils resteraient travailler en Belgique et ne feraient pas 50-60km ou même plus pour aller dans un hôpital du GDL ! Les gouvernants doivent se poser les bonnes questions...

  • PTh le 23.10.2020 08:08 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Voilà le résultat après avoir ouvert les vannes, sans limite, pour les vacances d’été entre autres...

  • Bonjour bonjour le 23.10.2020 10:03 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    je souhaite souligner tout de même que toutes des maisons de soins ne ferment pas les yeux sur le non port du masque. Je travail dans une maison de soins au Luxembourg et je peux dire que les mesures saint drastiques ,port du masque, écartement et test si présence d un signe suspect autant chez personnel que chez résident .

Les derniers commentaires

  • 123 le 23.10.2020 17:11 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Avis non seulement le salaire est à comparer mais aussi les conditions les matériels qui sont fournis et surtout les collègues qui font que beaucoup vienne chez nous car là il ne sont pas des adversaires

  • veritis le 23.10.2020 14:48 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    dans les maisons relais et autres structures types maison de retraite et ou soins à domicile, on vous demande aussi de venir travailler malade.

  • vivre le 23.10.2020 11:22 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Infirmières externes ambulanciers médecins .. agissez pour sauver des vies et dénoncez les soignants qui refusent de porter le masque dans les maisons de retraites

  • vivre le 23.10.2020 11:19 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    @ Bonjour bonjour : oui mais certaine cipa malheureusement ne veulent pas imposer le port du masque . Tu sais lorsque les ambulanciers médecins infirmières extrêmes et. viennent . Ils le constatent aussi et nous disent vous devez prévenir vos responsables cependant ces deniers vous mobbent lorsque on prévient aux lieux d agir Et Imposer le masque a leur employées “préférées “ pour protéger des vies .

  • stomaes le 23.10.2020 10:41 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    On reconfinera uniquement parce que des personnes refusent de porter le masque . Alors svp ayez le geste civique de porter vos masque pour simplement éviter de proliférer vos postillons . Je porte un ffp2 pour me protéger mais si ma collègue ne veut pas porter son masque elle peut m éjecter ses postillons dans les yeux ou infecter un client . avec mon travail impossible de porter la visière car ça gêne mes clients ( âgées ) qui voudraient me l enlever ou la toucher ( alors si pleine de postillons infectés de covid19 de la collègue qui ne porte pas son masque ça craint . )