Coronavirus

10 septembre 2020 07:48; Act: 10.09.2020 09:52 Print

L’Amérique latine essaie les vaccins chinois

Le Brésil et le Pérou essaient les vaccins contre le coronavirus proposés par deux laboratoires chinois. Des scientifiques chinois sont sur place.

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Le Pérou compte le taux le plus élevé au monde de morts rapporté au nombre d’habitants, avec 91 décès pour 100 000 habitants. (photo: KEYSTONE)

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Le gouverneur de São Paulo a assuré mercredi que les essais cliniques au Brésil d’un vaccin contre le coronavirus élaboré par le laboratoire chinois Sinovac s’étaient révélés «extrêmement positifs». Une campagne d’immunisation à grande échelle pourrait débuter dès décembre.

Le vaccin nommé CoronaVac est actuellement dans la phase III, soit la dernière des essais cliniques avant l’homologation. Il a été testé sur des milliers de volontaires dans six États du pays, dont celui de São Paulo, le plus touché, avec plus de 850 000 cas et 31 430 décès.

Selon le gouverneur João Doria, ce vaccin a provoqué une réponse immunitaire chez 98% des patients âgés de plus de 60 ans, sans effets secondaires. «Les résultats sont extrêmement positifs», a-t-il assuré lors d’une conférence de presse.

Rivalité politique

«Nous pourrons immuniser des Brésiliens à São Paulo et dans tout le pays. La prévision est qu’il soit disponible dès décembre», a-t-il ajouté. Les tests au Brésil sont menés par l’institut public de référence Butantan, qui pourrait produire 120 millions de doses au début 2021 si les résultats sont concluants. La question des vaccins a pris une dimension politique au Brésil. Adversaire politique de João Doria, le président d’extrême droite Jair Bolsonaro a critiqué à plusieurs reprises le vaccin chinois.

Le gouvernement a, lui, misé sur le partenariat entre l’Université d’Oxford et le groupe pharmaceutique anglo-suédois AstraZeneca, qui réalise également des tests au Brésil. Mais les essais cliniques de ce vaccin ont été interrompus mardi, en raison d’un éventuel effet indésirable grave chez un participant.

Essais cliniques au Pérou

La phase d’essais cliniques d’un potentiel vaccin anti-Covid-19 d’un laboratoire chinois a été lancée mercredi, au Pérou, auprès de 3 000 volontaires, ont indiqué les organisateurs de l’étude. Les résultats ne sont pas attendus avant décembre.

Le vaccin du groupe chinois Sinopharm est inoculé par injection intramusculaire au bras des volontaires âgés de 18 à 75 ans qui ne devaient pas avoir déjà contracté le nouveau coronavirus. Un second groupe de 3 000 volontaires recevra le vaccin en octobre. Le nombre de candidats a dépassé les attentes, avec 9 000 volontaires qui se sont enregistrés en moins de trois heures.

Deux souches du virus et un placebo seront inoculés de manière aléatoire aux volontaires, répartis en trois groupes: 2 000 recevront la souche dite «Wuhan», 2 000 la souche dite «Beijing» et les 2 000 autres recevront un placebo. Une mission scientifique chinoise d’une trentaine de personnes est chargée de coordonner le projet de Sinopharm dont les résultats ne sont pas attendus avant décembre.

Le président péruvien, Martin Vizcarra, avait annoncé mi-août que son gouvernement s’engageait à coordonner la participation aux essais cliniques des vaccins élaborés en Chine, au Royaume-Uni, aux États-Unis et en Allemagne.

Le Pérou compte le taux le plus élevé au monde de morts rapporté au nombre d’habitants, avec 91 décès pour 100 000 habitants, selon un bilan établi par l’AFP, à partir de sources officielles. Mercredi, le Pérou a franchi le seuil des 700 000 contaminations, selon le ministère de la Santé, avec officiellement 702 776 cas enregistrés. Le nombre de morts a atteint les 30 236 avec 113 nouveaux décès répertoriés lors des dernières 24 heures, soit le chiffre le plus bas depuis le 8 juin, a précisé le ministère.

(L'essentiel/AFP)