Coronavirus

26 septembre 2020 09:53; Act: 26.09.2020 09:56 Print

L'Amérique latine pour un accès libre aux vaccins

Lors de l’Assemblée générale annuelle de l’ONU, les dirigeants de l’Amérique latine se sont montrés soucieux de pouvoir accéder à de futurs vaccins.

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En raison du risque de contagion, l’Assemblée se tient cette année de manière essentiellement virtuelle, avec des discours vidéos pré-enregistrés. (photo: AFP)

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L’Amérique latine et l’Australie ont appelé lors de l’Assemblée générale annuelle de l’ONU à la solidarité des grandes puissances pour survivre à la pandémie de Covid-19, via notamment un accès libre aux futurs vaccins et à des crédits internationaux sans intérêts.

La région latino compte quelque neuf millions de malades et plus de 330 000 morts en six mois, selon un comptage de l’AFP basé sur des données officielles. «Face à la pandémie, comme la pauvreté, personne ne s’en sortira seul», a déclaré cette semaine lors de son allocution le président argentin Alberto Fernandez en demandant l’aide de la communauté internationale.

En raison du risque de contagion, l’Assemblée se tient cette année de manière essentiellement virtuelle, avec des discours vidéos pré-enregistrés. Le Brésil, la Colombie, le Pérou, le Mexique et l’Argentine figurent dans les dix pays au monde comptant le plus grand nombre de cas recensés de Covid-19.

L’histoire sera «un juge sévère»

Dans leurs interventions, les dirigeants de l’Amérique latine se sont souvent montrés soucieux de pouvoir accéder facilement à de futurs vaccins. «Ils doivent être déclarés biens publics mondiaux», ont souligné les présidents de l’Argentine et du Pérou.

L’Australie a ajouté vendredi sa voix à cette requête. Si un vaccin n’est pas universel, l’histoire sera «un juge sévère», a prédit le Premier ministre australien Scott Morrison, prenant le contre-pied des États-Unis, qui résistent à une collaboration mondiale sur le sujet.

«Quand il s’agit du vaccin, la position de l’Australie est très claire: quiconque le trouve doit le partager», a-t-il insisté. «Il s’agit d’une responsabilité mondiale et d’une responsabilité morale». «Certains peuvent y voir un avantage à court terme, voire même un profit, mais qu’ils soient bien conscients que l’humanité s’en souviendra longtemps et sera un juge très sévère», a-t-il ajouté.

«Une attention particulière aux plus vulnérables»

Sur la même ligne, le Chili a exhorté les puissances mondiales à cesser de «s’affronter en permanence» pour «mener la lutte contre cette pandémie et la récession mondiale», en allusion à l’affrontement sino-américain qui se développe. «En matière de santé, cela inclut le partage des diagnostics et des connaissances, la coordination des fermetures et ouvertures de frontières, l’union des forces pour le développement et la disponibilité d’un vaccin efficace et sûr, et la collaboration avec les pays les plus vulnérables», a déclaré le président chilien Sebastian Pinera.

«Ce n’est qu’ainsi que nous pourrons avoir des vaccins et des technologies sans brevets, distribués équitablement, avec une attention particulière aux plus vulnérables», a abondé son homologue équatorien Lenin Moreno. Plusieurs pays ont aussi réclamé une révision des critères d’attribution de crédits internationaux et demandé des moratoires sur les dettes.

«Aucun pays ne peut payer sa dette en laissant sa population sans santé, sans éducation, sans sécurité ou sans capacité de croissance», a résumé le président argentin. La pandémie «aggravera la pauvreté, les inégalités et le chômage», a prédit le président équatorien en insistant sur la nécessité de bénéficier d’un «soutien financier et technique multilatéral».

(L'essentiel/afp)