Coronavirus

05 août 2020 09:35; Act: 05.08.2020 10:36 Print

L'«Ibiza bulgare» a été transformée en ville fantôme

Désertée par les touristes, la station balnéaire géante de Sunny Beach s'interroge sur son avenir et sur celui du tourisme de masse.

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Privée des vols charters et désertée par les Européens, la station bulgare géante de Sunny Beach s'interroge sur l'avenir du tourisme de masse, un modèle de développement mis à mal par la pandémie de coronavirus. Alors que la haute saison bat son plein dans la plus importante station balnéaire bulgare de la mer Noire (centre-est), la moitié de ses hôtels au moins sont restés porte close. Les restrictions au voyage ont coupé les ailes des vacanciers du nord, surtout Britanniques, voulant s'offrir le soleil à bas coût.

Plamen Koptchev, responsable de l'association locale des hôteliers, estime que «Sunny Beach est taillée» pour les séjours tout compris, organisés par les agences de voyage. Pour faire tourner à plein régime les complexes hôteliers qui dominent la baie de 5,5 km de sable fin, il faut «100 vols par jour au moins», dit ce quinquagénaire habillé d'une chemise immaculée en lin. Moins de 400 charters se sont posés le mois dernier.

«Le bar est ouvert»

Le nombre des contaminations ne cesse d'augmenter, suite à un déconfinement jugé trop rapide par les épidémiologistes. La semaine dernière, les autorités ont enregistré entre 120 et 290 nouveaux cas de coronavirus par jour et plusieurs pays européens ont déconseillé aux voyageurs de se rendre en Bulgarie. Selon Lenka Svobodova, une professeure tchèque de 35 ans, l'hôtel où elle loge affiche un taux de remplissage de 15%. «Le bar est ouvert et cela nous convient», affirme-t-elle, accompagnée de deux amis.

Vendeurs ambulants de bouées gonflables en forme de flamand rose, animateurs, moniteurs: les saisonniers, quand ils sont présents, restent désœuvrés. Les chaises longues Bleu Klein et les parasols en roseau, alignés par centaines, sont inutilisés.

«Effondrement tragique»

«Par rapport à l'an dernier, on a un chiffre d'affaire en baisse de 90%», se désole Nedelin Yankov, responsable d'un bar de plage de cette destination surnommée l'Ibiza slave, où d'ordinaire, la jeunesse vient faire la fête à des prix défiant toute concurrence. «Les touristes européens ont déserté les lieux et les Bulgares ne sont pas très nombreux», constate-t-il amèrement. «Personne n'aurait imaginé ici un effondrement aussi tragique, c'est sans précédent», affirme-t-il.

La Bulgarie est le pays le plus pauvre de l'Union européenne et le secteur du tourisme pèse pour 12% de son PIB. L'année dernière, 9,3 millions de visiteurs ont posé le pied sur cette terre aux confins orientaux du continent, comptant moins de 7 millions d'habitants. Pour tenter de sauver l'été, le gouvernement bulgare a subventionné les tours opérateurs affrétant des charters et ouvert grand les portes aux visiteurs originaires des pays limitrophes non membres de l'UE, ainsi qu'aux Israéliens et aux Koweïtiens, sur présentation d'un test négatif au coronavirus. Des efforts non suivis d'effets.

Les Bulgares sont donc incités à écouler leurs congés dans l'eau à 25°C qu'offre leur littoral. Pourtant, ils ont préféré, comme les années précédentes, se rendre en Grèce voisine, malgré les embouteillages à l'unique poste-frontière ouvert pour eux par Athènes et les contraintes sanitaires imposées sur place.

«Mer sans béton»

Cela prouve selon la militante écologiste Kremera Vateva, 38 ans, que beaucoup d'immeubles ont été construits dans la précipitation sans penser au long terme. «Toute notre côte est parsemée de villas et de bâtiments parfois abandonnés», regrette-t-elle, disant rêver d'une «mer sans béton».

Elle a organisé une série de manifestations pour stopper des travaux d'aménagement sur une petite plage bordant le marais encore sauvage d'Alepu, un sanctuaire pour la faune et la flore, situé au sud de Burgas (centre-est). En théorie, en dehors des zones urbaines, tout projet est interdit à moins de 100 mètres de la mer. Mais contourner la législation, même dans les zones classées, reste une pratique courante.

«Nous voyons déjà que la bétonisation repousse les touristes, alors que nous pourrions utiliser ce que la nature nous a donné pour développer un tourisme durable», affirme-t-elle. «Prenons l'exemple de l'Espagne, revenue à la raison à un moment donné. Ce pays a démoli une grande partie des squelettes de béton démesurés» défigurant son littoral.

(L'essentiel)

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Les commentaires les plus populaires

  • Dalia le 05.08.2020 09:56 Report dénoncer ce commentaire

    Eh bien, comprenez enfin que tout miser sur le tourisme de masse n'est pas la solution !

  • Jingsa le 05.08.2020 10:04 Report dénoncer ce commentaire

    Voilà le résultat du tourisme de masse. Soit nous changeons soit nous disparaissons. L’Égypte et Rome aussi se pensaient invulnérable

  • Joel. le 05.08.2020 10:06 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Cest une pandemie. Ils sont tous fatiguant avec leurs economie qui va mal. Ce qui compte çest la santée et elle doit toujours être en première place. Il ya encore le temps de rattraper par après.

Les derniers commentaires

  • madiou le 06.08.2020 09:25 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    La nature reprend ses droits

  • John Smith le 05.08.2020 23:50 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    @punz: sans confinement généralisé c’est 60 millions de morts qu’il y aurait eu. L’économie reprendra, ne vous inquiétez pas. C’est juste que les cartes seront redistribuées et que de nouveaux entrants prendront la place des entreprises en faillite. Rien de neuf, ça se passe comme ça à chaque crise ou guerre.

  • Vince le 05.08.2020 19:34 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Même si on me paie je n’y mettrai jamais les pieds hôtels minable à l’hygiène douteuse

  • Tome le 05.08.2020 19:34 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    En même temps on nous dit toute l année d arrêter de polluer. Moi c est résolu je ne prends plus l avion si possible et plus de voyages d affaires. Aussi je ne renouvelle pas ma voiture. Tans pis pour Luxair et les concessionnaires.

  • red taz on le 05.08.2020 18:18 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    alors pour avoir entendu des touristes de retour de c'est station balnéaire, hôtel clos pas rassurant le soir et trafic en tout genre.