Covid-19

21 novembre 2020 22:57; Act: 21.11.2020 22:59 Print

L'immunité devrait durer plusieurs années

La question est sur toutes les lèvres: combien de temps dure l’immunité après avoir été vacciné ou avoir contracté le virus? Pendant longtemps, montre une nouvelle étude.

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Selon des chercheurs de l'Institut d'immunologie de La Jolla, en Californie, la protection contre le Covid-19 pourrait durer plusieurs années (photo prétexte). (photo: NurPhoto via AFP)

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Ces derniers mois, il a souvent été dit que l’immunité après avoir contracté le nouveau coronavirus était de courte durée. Plusieurs études ont par exemple souligné une diminution rapide des anticorps. Certains malades n’en avaient d’ailleurs pratiquement pas développé. Tous ces éléments posent de sérieuses questions au moment où des vaccins en phase III obtiennent des résultats prometteurs. «D’ici l’été 2021, il y aura assez de doses pour vacciner toute la population en Europe et aux Etats-Unis», a d’ailleurs indiqué en début de semaine Dan Staner, responsable du marché suisse de Moderna.

Mais apparemment, ces craintes ne sont pas fondées: selon des chercheurs de l'Institut d'immunologie de La Jolla, en Californie, la protection contre le Covid-19 pourrait durer plusieurs années, voire des décennies. Ce ne sont pas uniquement les anticorps contre le Sars-CoV-2 fréquemment cités qui en sont responsables, mais également des lymphocytes B et T à mémoires.

Quatre composant du système immunitaire

Pour cette étude, disponible ici, l'équipe dirigée par le virologue Shane Crotty a recherché dans le sang des convalescents quatre composants du système immunitaire: des anticorps, des lymphocytes B à mémoires et deux types de lymphocytes T à mémoire. Shane Crotty, cité par le «New York Times», a justifié cette méthode ainsi: «Si vous ne considérez que l'un de ces éléments, vous perdez de vue le fonctionnement général».

Cette approche semble avoir porté ses fruits. Bien que l’étude n'ait pas encore été examinée par des experts indépendants, il s'agit à ce jour, selon le journal américain, de «l'étude la plus complète sur la mémoire immunitaire contre le coronavirus». De plus, les résultats sont conformes aux conclusions formulées par d’autres laboratoires.

«Pendant de nombreuses années»

Conclusion des chercheurs: huit mois après l'infection, la plupart des patients en convalescence ont suffisamment de cellules immunitaires pour repousser le virus et prévenir la maladie. Comme elles déclinent lentement à court terme, cela suppose que ces cellules pourraient rester dans l'organisme pendant très, très longtemps. «La quantité de lymphocytes à mémoires devrait probablement empêcher la grande majorité des gens de tomber gravement malade pendant de nombreuses années», a déclaré Shane Crotty.

La durée exacte de l'immunité est difficile à prédire car les scientifiques ne savent pas encore quelles quantités de différentes cellules immunitaires sont nécessaires pour se protéger contre le virus. Cependant, des études antérieures suggèrent que même de petites quantités d'anticorps ou de lymphocytes B et T à mémoires peuvent suffire à protéger ceux qui se sont rétablis.

Un petit nombre de personnes infectées dans cette recherche n’a pas développer d'immunité sur le long terme après leur rétablissement. Cela reste un mystère. Cependant, les chercheurs posent l’hypothèse que cela pourrait être dû à la faible charge virale à laquelle les personnes concernées ont été exposées. Les vaccins pourraient donc surmonter cette variabilité individuelle, écrit le «New York Times», citant Jennifer Gommerman, immunologue à l'université de Toronto.

(L'essentiel)