Coronavirus

31 juillet 2020 19:18; Act: 31.07.2020 19:20 Print

La course à l’accès au vaccin s’intensifie

Afin de pouvoir bénéficier de suffisamment de doses de vaccin contre le Covid-19, de nombreux Etats signent des contrats avec des laboratoires.

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La Commission européenne a annoncé vendredi avoir réservé auprès de Sanofi 300 millions de doses pour ses 27 Etats membres. (photo: AFP)

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Signe de la compétition intense entre les Etats, les contrats se multiplient pour tenter de s'assurer un accès à un éventuel vaccin anti Covid-19. Dernier en date, l'accord annoncé vendredi entre Sanofi et GSK avec les Etats-Unis, pour un financement supérieur à deux milliards de dollars.

Le candidat-vaccin développé conjointement par le Français Sanofi et le Britannique GSK a été sélectionné pour le programme américain «Opération Warp Speed», a annoncé vendredi Sanofi dans un communiqué. Ce programme gouvernemental vise à assurer aux Américains l'accès à un vaccin anti-Covid le plus rapidement possible, via nombre d'accords signés avec des laboratoires.

Sanofi et GSK vont recevoir jusqu'à 2,1 milliards de dollars des Etats-Unis contre la fourniture initiale de 100 millions de doses aux Américains. Cette collaboration «permettra de financer les activités de développement et l'augmentation des capacités de fabrication de Sanofi et de GSK aux Etats-Unis pour la production du vaccin», fait valoir Sanofi.

Le laboratoire français, qui recevra la majorité du financement du gouvernement américain, précise que ce dernier dispose en outre d'une option pour la fourniture de 500 millions de doses supplémentaires à plus long terme.

Test clinique en septembre

Ce candidat-vaccin repose sur la technologie de protéine recombinante que Sanofi a employée pour produire un vaccin contre la grippe et sur l'adjuvant à usage pandémique développé par GSK.

Sanofi anticipe de lancer son essai clinique de phase I/II en septembre, avant l'étude de phase III (la toute dernière étape) d'ici à la fin de l'année, pour une approbation qui pourrait avoir lieu au premier semestre 2021.

Prise de risques partagée

Avant ce nouvel accord, les Etats-Unis ont déjà dépensé plus de six milliards de dollars depuis mars pour financer des projets concurrents chez des laboratoires établis comme Johnson & Johnson, Pfizer et AstraZeneca et chez deux petites sociétés de biotechnologie, Novavax et Moderna.

«Le portefeuille de vaccins constitué dans le cadre du programme ‹Operation Warp Speed› augmente les chances de disposer d'au moins un vaccin sûr et efficace d'ici à la fin de l'année», a affirmé le secrétaire américain à la Santé Alex Azar, cité dans le communiqué de Sanofi.

Et des opérations similaires se multiplient à travers le monde. Car dans la lutte contre la pandémie, les laboratoires sont amenés à accélérer les étapes de développement du vaccin, et à préparer leurs unités de productions sans même connaître les résultats des essais cliniques, donc sans savoir si le vaccin verra effectivement le jour. Passer des accords avec des Etats leur permet de partager les risques. En échange, les gouvernements s'assurent d'un approvisionnement en vaccins si les recherches aboutissent.

Ainsi la Commission européenne a annoncé vendredi avoir réservé au nom des 27 Etats membres 300 millions de doses du candidat vaccin de Sanofi. Elle poursuit en outre «des discussions intensives» avec d'autres fabricants de vaccins, est-il précisé dans un communiqué. Mercredi Sanofi et GSK avaient également annoncé un accord sur 60 millions de doses avec le Royaume-Uni.

Compétition polémique

Cette compétition est polémique, car elle pose la question de l'accès aux vaccins pour les pays en voie de développement, qui n'ont, eux, pas les moyens de financer des contrats si importants, nourrissant les craintes de les voir servis en dernier.

A la mi-juillet, le Conseil des droits de l'Homme avait d'ailleurs adopté une résolution soulignant que tout vaccin contre la pandémie de Covid-19 doit être considéré comme «un bien public mondial». Il avait insisté sur la nécessité d'un «accès rapide, équitable et sans entrave à des médicaments, vaccins, diagnostics et thérapies sûrs, abordables, efficaces et de qualité».

(L'essentiel/afp)