En Allemagne

04 juin 2020 07:54; Act: 04.06.2020 11:05 Print

«Le confinement m'a sauvé la vie, je pense»

La pandémie et les mesures prises ont confronté les buveurs d'alcool à leurs excès. Surtout en Allemagne où la consommation est importante.

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«À cause du confinement, vous êtes obligés de vous regarder en face et vous réalisez que ce que vous faites ne va pas. C'est un problème, une dépendance». (photo: Pixabay)

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Lorsque le confinement a débuté en Allemagne, Marco n'avait qu'une obsession: se saouler. Mais comme beaucoup, à force de boire chez lui, il a fini par chercher de l'aide pour guérir son addiction à l'alcool. En mars, ce musicien berlinois de 38 ans a attaqué au rythme d'une bouteille de gin chaque soir. «Je me disais "allez, pourquoi pas? On est confinés, faisons la fête!"», explique-t-il, sous couvert de l'anonymat.

Mais au fil des jours, il a commencé à voir les choses différemment. «À cause du confinement, vous êtes obligés de vous regarder en face et vous réalisez que ce que vous faites ne va pas. C'est un problème, une dépendance», admet-il. Il a donc contacté une section locale des Alcooliques anonymes, en quête de soutien dans sa décision de tourner le dos à 20 ans de consommation excessive d'alcool.

Un taux de consommation d'alcool des plus élevés en Europe

Et il est loin d'être le seul en Allemagne à avoir entrepris cette démarche. Selon un porte-parole des Alcooliques anonymes, le nombre de requêtes adressées à la ligne d'assistance nationale du groupe a environ doublé, passant d'une dizaine d'appels par jour à une vingtaine, depuis début mars.

L'Allemagne a l'un des taux de consommation d'alcool les plus élevés en Europe. Selon une étude récente du Centre allemand pour les questions de dépendance (DHS), 3 millions d'Allemands âgés de 18 à 64 ans avaient un problème avec l'alcool en 2018. Les ventes de boissons alcoolisées ont d'ailleurs fortement crû pendant la phase initiale du confinement.

Confrontés à leurs excès

Mais la pandémie a du même coup confronté nombre de buveurs à leurs excès. Sans la pandémie, «j'aurais pu continuer pendant dix ans, jusqu'à ce qu'il se passe quelque chose de vraiment grave», estime Marco, dont la vie de musicien en tournée a toujours rendu alcool et drogues aisément disponibles et acceptés.

Et de lâcher: «C'est délicat à dire mais j'ai l'impression que le confinement, d'une certaine manière, m'a sauvé la vie».

(L'essentiel/afp)