Covid

20 janvier 2021 17:44; Act: 20.01.2021 18:00 Print

Le variant sud-​​africain résiste-​​t-​​il aux vaccins?

Le variant sud-africain risque d'échapper au moins partiellement à la protection espérée des vaccins contre le Covid, contrairement au variant anglais, selon de nouvelles études.

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Des tests en laboratoire ont déjà montré que cette mutation semblait capable de diminuer la reconnaissance du virus par les anticorps, et donc sa neutralisation. (photo: AFP/Henning Bagger)

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Plusieurs nouvelles études semblent confirmer les premiers indices des scientifiques: le variant sud-africain risque d'échapper au moins partiellement à la protection espérée des vaccins contre le Covid-19, contrairement au variant anglais, contre lequel le vaccin de BioNTech/Pfizer semble efficace. Alors que les systèmes hospitaliers sont déjà surchargés dans de nombreux pays du monde, plusieurs variants plus transmissibles détectés au Royaume-Uni, en Afrique du Sud et au Brésil inquiètent depuis quelques semaines la communauté internationale.

Avec une question cruciale en tête: les vaccins existants, qui représentent le principal espoir de sortir de cette crise sanitaire, sont-ils efficaces contre ces variants? De premiers éléments semblaient montrer une efficacité au moins du vaccin de BioNTech/Pfizer, le premier arrivé sur le marché, contre une des mutations partagée par les trois variants, la N501Y. Cette mutation se situe au niveau de la protéine Spike (spicule) du coronavirus, la pointe qui se trouve à sa surface et lui permet de s'attacher aux cellules humaines pour les pénétrer, jouant donc un rôle-clé dans l'infection virale.

«Largement résistant aux anticorps»

Mais les craintes venaient surtout de la mutation E484K, également située sur la protéine Spike, et partagée uniquement par les variants sud-africain et brésilien. Des tests en laboratoire ont déjà montré que cette mutation semblait capable de diminuer la reconnaissance du virus par les anticorps, et donc sa neutralisation. Une étude de chercheurs sud-africains mise en ligne mercredi, et pas encore évaluée par d'autres scientifiques, va plus loin. Elle conclut que le variant sud-africain dans son ensemble «est largement résistant aux anticorps neutralisants provoqués en réponse à une infection par des souches en circulation précédemment».

Ainsi, le risque de réinfection par ce variant est «important», souligne l'étude. Et ces données ont des «implications sur l'efficacité des vaccins», en particulier parce que les vaccins actuels sont «principalement basés sur une réponse immunitaire à la protéine Spike». «C'est un problème qui inquiétait beaucoup d'entre nous: que des nouveaux variants du Sars-Cov-2 échappent à la réponse immunitaire en plus de leur plus grande transmissibilité», a commenté sur Twitter Kristian Andersen, immunologiste à l'institut de recherche Scripps. «Impossible d'édulcorer les choses: ce n'est pas une bonne nouvelle», a-t-il ajouté.

Adapter les vaccins

Pour tenter de contrer ces menaces, les auteurs de l'étude sur le variant sud-africain appellent à identifier pour ces vaccins de nouvelles «cibles» qui seraient moins sujettes aux mutations que la protéine Spike, et à développer de façon «urgente» des plateformes pour adapter les vaccins si besoin. Les vaccins à ARN messager de BioNTech/Pfizer et de Moderna, qui ont reçu des autorisations de mise sur le marché dans plusieurs pays du monde, permettent a priori une adaptation relativement rapide. Le laboratoire allemand BioNTech a d'ailleurs assuré avoir la technologie pour produire si besoin un vaccin contre de nouveaux variants en six semaines.

Si les résultats de l'étude sud-africaine sont confirmés, «nous devons déterminer un calendrier de production et les étapes règlementaires pour adapter la souche utilisée dans le vaccin», a commenté mercredi sur Twitter Trevor Bedford, du centre de recherche Fred Hutch. Même si le variant 501Y.V2 est «encore largement circonscrit à l'Afrique du Sud», il «pourrait se répandre plus largement dans les mois qui viennent», a-t-il ajouté, pariant sur la nécessité d'adapter la «souche» du vaccin à l'automne 2021. «Ça fait partie de la nature humaine d'aimer se faire peur, mais nous ne devons pas paniquer», a tempéré de son côté James Naismith, de l'université d'Oxford, cité par l'organisme Science Media Centre.

D'autant que de nouvelles données mises en ligne mercredi semblent confirmer que le variant anglais, qui a lui déjà largement franchi les frontières, serait bien réceptif au vaccin de BioNTech/Pfizer. Selon deux études séparées, une de chercheurs de BioNTech/Pfizer, l'autre de chercheurs d'universités britanniques et néerlandaises, les anticorps d'anciens malades du Covid-19 permettent largement de neutraliser le variant anglais, même si le pouvoir de neutralisation peut être légèrement réduit. Il est ainsi «improbable» que le variant anglais «échappe à la protection» de ce vaccin, conclut l'équipe de BioNTech/Pfizer. Contre le variant anglais, «les vaccins devraient être très efficaces et la couverture vaccinale est une priorité», a indiqué sur Twitter le Pr Ravi Gupta, de l'université de Cambridge, un des auteurs de l'autre étude.

(L'essentiel/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Action Réaction le 20.01.2021 20:29 Report dénoncer ce commentaire

    Pas paniquer, c'est vite dit...J'espère qu'ils vont étudier le problème très rapidement, sinon ce sera galère...

  • NoComent le 20.01.2021 21:15 Report dénoncer ce commentaire

    Donc ceux qui se font vacciner maintenant devront se faire revacciner à nouveau en automne pour ne pas choper le mutant sud africain ? Et après quoi ? On aura droit à des mutants tous les 3 mois qui nécessiteront d'autres vaccins ?

  • Big Bud le 21.01.2021 09:44 Report dénoncer ce commentaire

    Le variant arrive à point nommer, quel sens du "timing"... Décidemment ce virus est d'une intelligence supérieure.

Les derniers commentaires

  • Pas obligé d'être binaire le 21.01.2021 10:13 Report dénoncer ce commentaire

    Les vaccins ne feront pas disparaître le virus, ce n'est qu'un outil plus ou moins efficace. Il faut en parallèle miser sur les autres voies que sont la prévention et le traitement, c'est-à-dire faire de la médecine en fait.

    • bref le 21.01.2021 14:28 Report dénoncer ce commentaire

      A l'époque ou le vaccin n'était pas, la mortalité infantile était beaucoup plus élevé qu'aujourd'hui... de l'ordre des 3000% ... donc bon, on peut dire que la vaccination en général, ca fait le taff niveau prévention. C'est plus que "plus ou moins efficace".

  • Big Bud le 21.01.2021 09:44 Report dénoncer ce commentaire

    Le variant arrive à point nommer, quel sens du "timing"... Décidemment ce virus est d'une intelligence supérieure.

    • @Big Bud le 21.01.2021 12:01 Report dénoncer ce commentaire

      Ca s'appelle ca la selection naturelle. C est pareil avec les antibiotiques. Quand vous en sortez un nouveau, vous favorisez les souches de bacteries resistantes, qui finiront par etre majoritaires vu que les autres seront detruites. C'est pareil avec les virus, si vous avez des anticorps, les souches qui resteront seront celles resistant à ces anticorps. La meme chose avec les plantes resistantes à certaines maladies, ou les animaux. La course ne finira jamais.

  • mich 39 le 20.01.2021 22:16 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    covid restera pour toujours comme la grippe

    • packtiech le 21.01.2021 07:42 Report dénoncer ce commentaire

      exactement! Qu'on arrête avec ce cirque

    • @packtiech le 21.01.2021 09:22 Report dénoncer ce commentaire

      Oh oui. Arrêtez avec votre cirque Packtiech.

  • Pas de censure SVP! le 20.01.2021 21:15 Report dénoncer ce commentaire

    Tant mieux! Comme ca on va sortir de cette m. Une fois pour toutes... les petochards seront dos au mur et la pression de la majorité qui veut vivre va s'accentuer dans les semaines a venir....

    • Klibbertmech le 21.01.2021 07:42 Report dénoncer ce commentaire

      du même avis que vous! Je me fous de ce virus, laissez nous tranquille!

    • @Pas de censure SVP! le 21.01.2021 09:24 Report dénoncer ce commentaire

      L'avantage, si ca reste pour toujours et que ca mute, c est que quand vous seriez un peu vieux vous pourrez entendre les jeunes vous expliquer que c'est pas grave si vous y passez.

  • NoComent le 20.01.2021 21:15 Report dénoncer ce commentaire

    Donc ceux qui se font vacciner maintenant devront se faire revacciner à nouveau en automne pour ne pas choper le mutant sud africain ? Et après quoi ? On aura droit à des mutants tous les 3 mois qui nécessiteront d'autres vaccins ?

    • @NoComent le 21.01.2021 07:43 Report dénoncer ce commentaire

      ben oui ils veulent faire du poignon!

    • @NoComent le 21.01.2021 09:30 Report dénoncer ce commentaire

      Je ne sais pas si vous avez compris, mais ca veut dire que les vaccins ne marcheront plus, mais que ceux qui ont eu le covid ces derniers mois n'auront pas d'immunité non plus et pourront retomber malade (donc le pari sur l'immunité collective est perdu). Peut etre avec moins de gravité si c'est comme la grippe, mais peut-etre avec plus de gravité si c'est comme pour la dengue. Ce que je peux en dire, c'est que pour la personne que je connais qui l'a eu 2 fois, la 2e était pire. Après c'est un cas particulier, je sais.

    • NoComent le 21.01.2021 11:34 Report dénoncer ce commentaire

      C'est bien ce que je dis, le vaccin actuel ne fonctionnera pas sur les futures mutations du virus. Mon commentaire interpellait surtout sur l'utilité de cette vaccination éphémère