Coronavirus

04 avril 2020 09:22; Act: 04.04.2020 09:22 Print

«Ostracisés», les routiers polonais broient du noir

La limitation des déplacements en raison du Covid-19 frappe de plein fouet les camionneurs polonais qui desservent 30% du marché européen.

storybild

Environ 50% des camions des 4 000 membres du syndicat des routiers polonais sont à l'arrêt. (photo: AFP)

Sur ce sujet
Une faute?

Si la crise due au Covid-19 continue, l'un des secteurs les plus touchés en Pologne sera le transport routier: les camionneurs polonais, seigneurs des routes de l'Europe il y a quelques semaines, broient du noir maintenant. «Dans notre situation financière actuelle, nous serons en faillite dans deux mois si le gouvernement ne nous aide pas», constate sobrement Stanislaw Lecyk, 56 ans, propriétaire de la société de transport Frigodor (80 salariés, 55 camions frigorifiques).

Sur le parking de son entreprise à Siedlce, à 100 km à l'est de Varsovie, de gros camions restent immobiles, silencieux. La moitié du personnel est en vacances forcées. «Pour la semaine prochaine, il ne nous reste que 10% des commandes initiales», révèle M. Lecyk. Il a annulé l'immatriculation d'une partie de ses camions pour ne plus avoir à payer l'assurance.

Un bouclier «anticrise» peu efficace

Son cas n'a rien d'exceptionnel, confirme le président de l'Association polonaise des transporteurs internationaux, Jan Buczek. Les routiers polonais ont pris près de 30% du marché européen, et son syndicat compte 4 000 entreprises qui emploient quelque 400 000 conducteurs. «Environ 50% de nos camions sont à l'arrêt», dit-il, «c'est confirmé par les compteurs des péages électroniques sur les autoroutes».

Ils sont loin d'être seuls dans ce cas. En France, selon un rapport récent de la Fédération nationale du transport routier (FNTR), 86% des entreprises, hors celles transportant de l'alimentaire, ont leur activité en arrêt total ou partiel. M. Buczek affirme que le «bouclier anticrise» lancé par le gouvernement polonais pour soutenir l'activité économique «est passé à côté des routiers».

«Nous avons besoin d'argent»

Leurs entreprises, dit-il, peuvent toucher une aide ponctuelle de 5 000 zlotys (1 100 euros), «c'est assez pour faire un plein», dit-il en riant amèrement. Effectivement, certains colosses de la route ont des réservoirs de carburant de 900 litres ou plus. Certes, l'assouplissement des règles au niveau européen - sur le temps réglementaire de repos et sur la durée du temps de travail - a aidé, reconnaît-il, mais «certains pays n'appliquent pas ces dispositions».

«Ce dont nous avons besoin, c'est de l'argent: qu'on nous rende la TVA gardée par le fisc et qu'on nous accorde des crédits peu coûteux et garantis par la banque publique BGK», poursuit M. Buczek. Mais il se garde d'un optimisme excessif: «Les banques nous ont inscrits dans le groupe à grand risque».

Des chauffeurs parfois «ostracisés»

Les chauffeurs, eux, cherchent à garder leur calme, tout en se demandant de quoi leur avenir sera fait et en constatant qu'ils font un peu peur aux gens qu'ils croisent. «Quand je suis à l'étranger et que je demande une information à quelqu'un, les gens s'écartent, ils me demandent de rester à distance. Parfois j'ai le temps de poser ma question mais parfois ils s'enfuient», raconte Marek Gil, 41 ans, routier depuis 13 ans.

Là encore, c'est un peu mieux que ce qui ressort des récits de ses confrères français. Leurs organisations se sont plaintes que les chauffeurs, souvent dépourvus d'équipements de protection, étaient parfois «ostracisés» dans les entreprises où ils livraient, et étaient confrontés à des sanitaires et douches fermés sur les aires de repos.

(L'essentiel/afp)

Vous venez de publier un commentaire sur notre site et nous vous en remercions. Les messages sont vérifiés avant publication. Afin de s’assurer de la publication de votre message, vous devez cependant respecter certains points.

«Mon commentaire n’a pas été publié, pourquoi?»

Notre équipe doit traiter plusieurs milliers de commentaires chaque jour. Il peut y avoir un certain délai entre le moment où vous l’envoyez et le moment où notre équipe le valide. Si votre message n’a pas été publié après plus de 72h d’attente, il peut avoir été jugé inapproprié. L’essentiel se réserve le droit de ne pas publier un message sans préavis ni justification. A l’inverse, vous pouvez nous contacter pour supprimer un message que vous avez envoyé.

«Comment s’assurer de la validation de mon message?»

Votre message doit respecter la législation en vigueur et ne pas contenir d’incitation à la haine ou de discrimination, d’insultes, de messages racistes ou haineux, homophobes ou stigmatisants. Vous devez aussi respecter le droit d’auteur et le copyright. Les commentaires doivent être rédigés en français, luxembourgeois, allemand ou anglais, et d’une façon compréhensible par tous. Les messages avec des abus de ponctuation, majuscules ou langages SMS sont interdits. Les messages hors-sujet avec l’article seront également supprimés.

Je ne suis pas d’accord avec votre modération, que dois-je faire?

Dans votre commentaire, toute référence à une décision de modération ou question à l’équipe sera supprimée. De plus, les commentateurs doivent respecter les autres internautes tout comme les journalistes de la rédaction. Tout message agressif ou attaque personnelle envers un membre de la communauté sera donc supprimé. Si malgré tout, vous estimez que votre commentaire a été injustement supprimé, vous pouvez nous contacter sur Facebook ou par mail sur feedback@lessentiel.lu Enfin, si vous estimez qu’un message publié est contraire à cette charte, utilisez le bouton d’alerte associé au message litigieux.

«Ai-je le droit de faire de la promotion pour mes activités ou mes croyances?»

Les liens commerciaux et messages publicitaires seront supprimés des commentaires. L’équipe de modération ne tolérera aucun message de prosélytisme, que ce soit pour un parti politique, une religion ou une croyance. Enfin, ne communiquez pas d’informations personnelles dans vos pseudos ou messages (numéro de téléphone, nom de famille, email etc).

L'espace commentaires a été désactivé
L'espace commentaires des articles de plus de 48 heures a été désactivé en raison du très grand nombre de commentaires que nous devons valider sur des sujets plus récents. Merci de votre compréhension.

Les commentaires les plus populaires

  • Unicorn le 04.04.2020 11:14 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Ce virus chinois lâché dans la nature mar Pékin est en train de détruire notre économie. On leur faisait confiance pour contenir le virus dans leurs frontières mais la RPC nous as trompé !!! On va devoir envoyer la facture au parti communiste de la RPC a Pékin, croyez-moi !!!

  • Polka le 04.04.2020 17:56 Report dénoncer ce commentaire

    Les Polonais ont maintenant peur de tout ce qui arrive de l'Ouest car par ici on a beaucoup plus de cas de Covid-19 que chez eux. Peur pour leur vie !!! .... Et les routiers polonais voyagent souvent à l'étranger...

  • NialaV le 04.04.2020 14:57 Report dénoncer ce commentaire

    Ah, les emplois volés grâce à la complicité de l’UE ? Consommons local disons-nous ces derniers temps. J’espère que cette belle idée perdurera après la fin de l’épidémie.

Les derniers commentaires

  • tuyau le 05.04.2020 13:17 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    il n y a plus de livraisons depuis deux semaines chez moi.

  • Angelo51 le 04.04.2020 21:13 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Un peu de respect pour les chauffeurs PL polonais souvent absents de chez eux pour presque 2 mois. J’en ai souvent croisé sur la route de l’Italie sur les aires de repos en train de cuire leur nourriture sur des réchauds à gaz ou du charbon de bois stocké dans la soute pour épargner le prix d’un repas du restoroute. Et sur la route les chauffeurs de l’Est sont des gentlemen ce qui change du bahuteur lambda européen.

  • Polka le 04.04.2020 17:56 Report dénoncer ce commentaire

    Les Polonais ont maintenant peur de tout ce qui arrive de l'Ouest car par ici on a beaucoup plus de cas de Covid-19 que chez eux. Peur pour leur vie !!! .... Et les routiers polonais voyagent souvent à l'étranger...

  • NialaV le 04.04.2020 14:57 Report dénoncer ce commentaire

    Ah, les emplois volés grâce à la complicité de l’UE ? Consommons local disons-nous ces derniers temps. J’espère que cette belle idée perdurera après la fin de l’épidémie.

  • pou le 04.04.2020 14:39 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    C vrai !!!!