Coronavirus

04 janvier 2021 11:36; Act: 04.01.2021 12:12 Print

Que sait-​​on des nouveaux variants du virus?

L'émergence au Royaume-Uni et en Afrique du Sud de deux nouveaux variants du Covid-19, plus contagieux selon les premières données, inquiète la communauté internationale.

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Les vaccins actuels seraient efficaces contres les mutations du coronavirus. (photo: AFP/Janek Skarzynski)

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Que sont ces variants?

Tous les virus mutent. Ces mutations sont des modifications qui interviennent lorsqu'ils se répliquent. Les scientifiques ont observé de multiples mutations du Sars-CoV-2 depuis son apparition, la grande majorité sans conséquence, mais certaines peuvent lui donner un avantage pour sa survie, dont une plus grande transmissibilité. Détecté en novembre au Royaume-Uni, le variant B.1.1.7, désormais appelé VOC 202012/01, trouve «probablement» son origine dans le sud-est de l'Angleterre en septembre, selon l'Imperial College de Londres.

Il s'est rapidement étendu dans tout le Royaume-Uni et a désormais été détecté dans des dizaines de pays du monde, des États-Unis à la Corée du Sud en passant par l'Inde, la France ou le Danemark, sans oublier le Luxembourg.

La plupart de ces cas sont liés au Royaume-Uni, mais pour quelques-uns, aucun lien avec ce pays n'a pu être retracé, ce qui prouve que ce variant s'est déjà implanté localement. C'est ce qui se passe au Danemark, un des pays qui séquence le plus d'échantillons, où 86 cas ont été identifiés (avec une fréquence en hausse).

Un rôle clé dans l'infection virale

Un autre variant, appelé 501.V2, est désormais majoritaire en Afrique du Sud. Il a été détecté dans des échantillons remontant au mois d'octobre, puis a été repéré dans quelques autres pays du monde, notamment le Royaume-Uni et la France. Pour les deux variants, les cas sont probablement sous-estimés, selon les experts.

Ces deux variants présentent plusieurs mutations dont l'une, nommée N501Y, est au centre de toutes les attentions. Elle se situe sur la protéine spike du coronavirus, une pointe à sa surface qui lui permet de s'attacher au récepteur ACE2 des cellules humaines pour les pénétrer et joue ainsi un rôle clé dans l'infection virale.

Cette mutation N501Y est connue pour augmenter les capacités d'attachement du virus au récepteur ACE2. «Il n'y a pas de relation clairement établie entre l'attachement à l'ACE2 et une transmissibilité accrue, mais il est plausible qu'une telle relation existe», estime le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC).

Plus transmissibles?

Plusieurs études scientifiques, pas encore évaluées par les pairs et se basant principalement sur des modélisations, concluent que le variant britannique est largement plus transmissible. Cela confirme les évaluations initiales du groupe de chercheurs NERVTAG qui conseille le gouvernement britannique, qui estimait que la transmission est accrue de 50 à 70%. Ainsi, selon les calculs de la London School of Hygiene and Tropical Medicine (LSHTM), le variant britannique serait 50 à 74% plus contagieux.

Pour leur dernier rapport, publié jeudi, les chercheurs de l'Imperial College de Londres ont analysé des milliers de génomes de virus du Sars-CoV-2 séquencés entre octobre et décembre. Selon deux méthodes différentes, ils en concluent que ce variant à un «avantage important» en termes de contagiosité: 50 à 75% plus contagieux, ou un taux de reproduction du virus (R) entre 0,4 et 0,7 supérieur au virus habituel.

Les résultats préliminaires concernant le variant sud-africain font également état d'une plus forte transmissibilité, mais moins de données sont disponibles. Certains experts estiment malgré tout qu'il n'y a pas assez de données pour évaluer avec certitude la contagiosité des deux variants.

«Il faut rester prudent. La résultante en termes d'incidence est une combinaison de facteurs qui associe les caractéristiques du virus mais aussi les mesures de prévention et de contrôle mises en place» (distanciation, port du masque, fermeture des établissements recevant du public...), a indiqué Bruno Coignard, directeur des maladies infectieuses à l'agence sanitaire française Santé Publique France.

Plus problématiques?

«Il n'y a aucune information sur le fait que les infections par ces souches soient plus graves», note l'ECDC. Mais le risque «en termes d'hospitalisations et de morts est élevé». «Qui dit plus forte transmissibilité dit éventuellement une beaucoup plus forte incidence, et donc même à létalité égale, une pression sur le système de santé plus importante», poursuit Bruno Coignard.

Un variant du Sars-CoV-2 «50% plus transmissible poserait un bien plus grand problème qu'un variant 50% plus mortel», insiste de son côté sur Twitter l'épidémiologiste britannique Adam Kucharski, démonstration statistique à l'appui.

Avec un taux de reproduction à 1,1, un taux de mortalité de 0,8%, et 10 000 personnes contaminées, on aboutirait à 129 morts au bout d'un mois, explique-t-il. Si le taux de mortalité est accru de 50%, le nombre de morts atteindrait 193. Mais si le taux de transmissibilité augmentait de 50%, c'est 978 décès qui seraient à déplorer.

Faut-il fermer les écoles?

L'impact serait notamment très sensible dans les pays où même une petite hausse de la transmissibilité ferait basculer le taux de reproduction au-dessus de 1, accélérant l'épidémie. Le variant britannique, c'est «vraiment l'inquiétude du moment» car «il peut nous précipiter dans une situation extrêmement complexe», a prévenu lundi sur la radio franceinfo l'épidémiologiste Arnaud Fontanet, membre du Conseil scientifique qui guide le gouvernement français.

Par ailleurs, les premières études sur le variant britannique font également état d'une plus grande contamination des jeunes de moins de 20 ans, ce qui repose la question de l'ouverture ou non des écoles. Ainsi, l'étude de la LSHTM estime que des mesures de restrictions telles que le confinement en place au Royaume-Uni en novembre ne seraient pas suffisamment efficaces pour contrôler l'épidémie, «à moins que les écoles, lycées et universités soient également fermés».

Quelle efficacité des vaccins?

Alors que les campagnes de vaccination qui viennent de commencer offrent un espoir de sortir de cette crise sanitaire mondiale, certains s'interrogent sur la capacité des vaccins à lutter contre les nouveaux variants. Pour les deux variants, «il n'y a à ce stade pas assez d'informations disponibles pour estimer (s'ils font peser) un risque sur l'efficacité des vaccins», estime l'ECDC.

Toutefois, «en l'état actuel de nos connaissances, les experts pensent que les vaccins actuels seront efficaces contre ces souches», a déclaré Henry Walke, des Centres américains de prévention et de lutte contre les maladies (CDC), lors d'une conférence de presse mercredi.

Le laboratoire allemand BioNTech, à l'origine avec Pfizer du premier vaccin contre le Covid-19 autorisé au monde, a lui assuré qu'il était capable, si besoin était, de fournir un nouveau vaccin «en six semaines» pour répondre à une mutation.

(L'essentiel/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Réaliste le 04.01.2021 20:05 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Le virus mute etc Parce que il est heureux avec tous ces confinements.La seule question qu,il se pose pourquoi on le protège ,il se dit si les humains n e connaissent pas l immunité collective. Si les confinements disparaissaient la pandémie disparaît automatiquement. Alors nous attendons quoi pour l immunité collective.

  • kenedy le 04.01.2021 12:38 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    sans aucun doute c'est la faute a Erdogan

  • FouOrNot le 04.01.2021 14:38 Report dénoncer ce commentaire

    Quand je penses que certain traitait le profeseur Raoult de fou il y a 6 mois quand il parlait de variant....il s'est trompé comme beaucoup suf certain point mais dans l'ensemble moins que les autres.?

Les derniers commentaires

  • realite le 05.01.2021 11:30 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Marre de cette mascarade quand est ce que la vérité va éclater !?

  • Oui au referendum le 05.01.2021 07:25 Report dénoncer ce commentaire

    Pour un referendum sut la continuation des mesures sanitaires! Et une.commission d'enquete citoyenne internationale pour verifier les informations (engorgement des hopitaux, nombre de deces reellement dus au COVID, contre analyses sur le vaccin par des organes indeoendants) qu'on nous a rabachees pendant un an!

  • packtiech le 05.01.2021 00:15 Report dénoncer ce commentaire

    laissez nous tranquille avec ce virus,on en a marre! je vais bientôt jeter le masque dans la poubelle!!

    • @packtiech le 05.01.2021 09:20 Report dénoncer ce commentaire

      Vas y avec le masque.

  • Tome le 04.01.2021 22:45 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Pas de tests, pas de virus, pas de confinement.

  • Déclaration de Great Barrington le 04.01.2021 22:29 Report dénoncer ce commentaire

    Un post dans un article précédent disait qu'ils allaient nous reconfiner durement quelque part entre mi-février et mi-mars, sous prétexte d'un nouveau virus qu'ils appelleront covid-21. Et bien ils sont en train de le fabriquer en affolant (malgré eux ?) pour rien et en préparant psychologiquement la population à cela. Leur objectif n'est visiblement pas notre santé, sinon on aurait déjà réglé le sujet du covid-19 et cela sans vaccin thérapie génique. Pour s'en sortir, au-delà des masques-gel-gestes barrière, il faudrait appliquer les recommendations de la Déclaration de Great Barrington.