Recherche européenne

25 mars 2020 21:16; Act: 26.03.2020 12:02 Print

Traitements prometteurs contre le coronavirus

La recherche d'un vaccin et de traitements contre le coronavirus n'a pas encore donné de résultats probants. Cependant, de nombreuses équipes à travers le monde expérimentent des voies nouvelles pour contrer la pandémie.

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Comme il n'existe pas de médicament spécifique contre le nouveau coronavirus, les médecins sont en première ligne mais souvent démunis. Ils ne peuvent que soulager les symptômes et «soutenir le patient dans son processus d'autoguérison avec des médicaments ou des machines», comme l'explique Peter Steiger, directeur adjoint de l'Institut de médecine des soins intensifs de l'Hôpital universitaire de Zurich. Un constat qui s'applique aussi bien aux patients hospitalisés dans les unités de soins normaux qu'à ceux aux soins intensifs.

La quasi-totalité des patients touchés par le Covid-19 souffrent de difficultés respiratoires. «Beaucoup peuvent être traités grâce à l'oxygène, mais d'autres doivent être transférés aux soins intensifs pour être placés sous respiration artificielle. Ils reçoivent alors des somnifères et des analgésiques», explique le Dr Steiger.

Comme d'autres grands centres médicaux européens (voir encadré), l'Hôpital universitaire de Zurich utilise non seulement des médicaments dont les effets sont prouvés pour combattre les symptômes du nouveau coronavirus, mais des thérapies dites expérimentales sont également mises en place, précise le Dr Steiger. Il s'agit notamment de traitements développés et approuvés pour des maladies complètement différentes.

Les candidats porteurs d'espoir

- Le remdesivir:

C'est un antiviral conçu initialement pour le virus Ebola mais «qui a un spectre d'action plus large», car il «interagit avec d'autres virus, et il est notamment capable de bloquer la réplication de ce nouveau coronavirus», détaille Bruno Lina, professeur de virologie au CHU de Lyon. «On espère beaucoup dans cette molécule» car «les premiers résultats in vitro ont été très bons», commente le virologue. À Zurich, un test s'est également révélé positif avec ce médicament. «Jusqu'à présent, nous ne l'avons donné qu'à une patiente dont nous pensions réellement que les chances de survie étaient minces et dont la situation s'est finalement améliorée», relève le Dr Steiger. Elle a depuis quitté les soins intensifs. Il nuance cependant en précisant qu'il est «extrêmement difficile de dire si cette amélioration de l'état du patient est dû au remdesivir».

Le coronavirus vs les autres épidémies

- Le lopinavir en combinaison avec le ritonavir:

Il s'agit du «recyclage» d'un médicament contre le VIH, qui «consiste à bloquer la réplication du virus», selon le virologue français Bruno Lina: «On s'est rendu compte que ça marche dans le tube à essai». Cette combinaison a déjà été testée en Chine, mais avec des résultats mitigés, notamment parce que beaucoup de malades «ont été inclus très tardivement, parfois au-delà du 10e jour de la maladie», souligne le Pr Lina. L'essai Discovery (voir encadré), lancé beaucoup plus tôt dans l'évolution du Covid-19, sera donc «complémentaire» de l'essai chinois.

- La même combinaison lopinavir/ritonavir, associée à l'interféron bêta:

Cette association est jugée intéressante étant donné que la maladie Covid-19 comprend deux phases: une phase virologique, «pour laquelle on pense que les antiviraux peuvent avoir un effet important», et une phase avec «un syndrome inflammatoire pouvant entraîner des dégradations au niveau pulmonaire, et on espère que l'interféron pourra bloquer ce processus inflammatoire», explique le virologue.

- L'hydroxychloroquine:

Ce quatrième traitement, cousin de la chloroquinechloroquine, un antipaludéen qui suscite bien des débats, n'était pas prévu au départ. Il a été rajouté à la demande de l'OMS et de l'État français. «Il nous a paru logique» de l'ajouter, car «des données récentes nous ont été fournies, notamment un papier chinois paru le 9 mars, dans le plus gros journal d'infectiologie américain, qui a apporté un certain nombre d'arguments intéressants», souligne le Pr Florence Ader, infectiologue à l'Hôpital de la Croix-Rousse au CHU de Lyon, qui pilote le projet. Pourquoi l'hydroxychloroquine plutôt que la chloroquine? Les deux molécules agissent de la même manière, mais l'hydroxychloroquine présente moins de risque de toxicité.

SOS de médecins en détresse

Les délais

La première évaluation clinique se passera au 15e jour du traitement, «donc dans les semaines qui viennent, on commencera à avoir de premiers résultats», prédit le Pr Ader.

En cas de succès

Dès qu'un essai «aura montré la supériorité d'un des quatre schémas thérapeutiques, on pourra proposer aux régulateurs, en France et dans le monde, de l'utiliser», disent les experts. Le traitement pourra alors être libéré «très rapidement», étant donné que «nous sommes dans une situation de carence thérapeutique», soulignent-ils, appelant toutefois à la «prudence», car «on ne connaît pas encore leurs effets».

(L'essentiel/cga/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Jean II le 26.03.2020 07:51 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Ils sont tous en train de nous enfumer avec leurs histoires . Un dit ça , l'autre dit autrement ! Comment avancer ?

  • Ragnar Kok le 25.03.2020 22:49 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Comment ça on ne connaît pas encore leurs effets ? La chloroquine on s’en sert depuis plusieurs dizaines d’années, elle est inscrite dans la liste des médicaments essentiels de l’OMS et était en vente libre en France jusqu’au 12 janvier 2020 , on s’en sert pour la polyarthrite rhumatoïde, pas seulement contre le paludisme, et soudainement, quand on en a le plus besoin ça devient un poison ? Au Luxembourg , les autorités semblent avoir plus de bon sens, on va voir...

Les derniers commentaires

  • Jean II le 26.03.2020 07:51 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Ils sont tous en train de nous enfumer avec leurs histoires . Un dit ça , l'autre dit autrement ! Comment avancer ?

  • Ragnar Kok le 25.03.2020 22:49 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Comment ça on ne connaît pas encore leurs effets ? La chloroquine on s’en sert depuis plusieurs dizaines d’années, elle est inscrite dans la liste des médicaments essentiels de l’OMS et était en vente libre en France jusqu’au 12 janvier 2020 , on s’en sert pour la polyarthrite rhumatoïde, pas seulement contre le paludisme, et soudainement, quand on en a le plus besoin ça devient un poison ? Au Luxembourg , les autorités semblent avoir plus de bon sens, on va voir...

    • Ragnarök le 26.03.2020 10:49 Report dénoncer ce commentaire

      Qu'est ce que vous parlez de bon sens au Luxembourg?Ou avez vu une mention du Luxembourg dans l'article?Lyon, Zurich et de la Chine oui.Personne n'a dit que c'était un poison. Il faut juste faire des tests plutôt que de partir la tête baissée et si ça ne marche pas on aura bien enfoncé une porte inutilement et on repart à zéro.Il n'y a pas que ce médicament en test.Est-ce du bon sens de dire on fait des drive de tests et le jour suivant on ne saura pas tester tout le monde?Ne porter pas de masque mais on en attend chaque semaine?Le bon sens on l'oublie un peu partout.

    • Coralie le 26.03.2020 10:51 Report dénoncer ce commentaire

      On ne connait pas les effets de l'hydroxychloroquine sur le Covid-19. Un médicament reçoit une autorisation pour le traitement d'une maladie bien précise APRES que des tests soient effectués. Cette maladie est nouvelle, donc il faut tout d'abord prouver l'efficacité du médicaments pour cette maladie.

    • l'amoroso le 26.03.2020 11:56 Report dénoncer ce commentaire

      Les effets secondaires sont nombreux: nausées, vomissements, éruptions cutanées mais aussi atteintes ophtalmologiques, troubles cardiaques, neurologiques... Lok , Bascharage , Coronavirus , Drive In Test Coronavirus , Sars-CoV-2 , Covid-19 , Foto:Guy Jallay/Luxemburger Wort Le Luxembourg combat le coronavirus Un surdosage peut être particulièrement dangereux et les médecins déconseillent formellement d'en consommer sans avis médical. «Ces deux médicaments sont dits "à marge thérapeutique étroite", ce qui signifie que la dose efficace et la dose toxique sont relativement proches»