«Lady Bird»

27 février 2018 16:14; Act: 27.02.2018 16:31 Print

Le portrait sensible d'une adolescente rebelle

Pour son premier film derrière la caméra, l'actrice Greta Gerwig suit une adolescente qui rêve de fuir la Californie et sa relation tumultueuse avec sa mère.

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En salles mercredi au Luxembourg, le long-métrage de 1h30 a remporté le Golden Globe de la meilleure comédie tandis que son interprète, Saoirse Ronan («The Grand Budapest Hotel») recevait le prix de meilleure actrice. Il vaut aussi à Greta Gerwig, figure du cinéma indépendant américain, d'être nommée à 34 ans pour l'Oscar de la meilleure réalisation et celui du meilleur film.

Jusqu'ici connue comme actrice et scénariste («Frances Ha») et muse du cinéaste new-yorkais Noah Baumbach, Greta Gerwig s'est d'abord distinguée comme une des figures du mouvement «mumblecore», un cinéma apparu dans les années 2000 et fait de bric et de broc par des jeunes réalisateurs. Pour «Lady Bird», la cinéaste, qui a grandi à Sacramento avant de partir à New York, s'est «inspirée en partie de (son) enfance. Mais ce n'est pas vraiment moi», expliquait-elle sur la chaîne CBS.

En conflit ouvert avec sa mère

Yeux clairs et cheveux teintés de rouge, Christine McPherson, 17 ans, étudie dans un lycée catholique pour filles de Sacramento. Issue d'une famille de classe moyenne au milieu d'élèves très aisés, elle passe ses journées avec sa meilleure amie, Julie (Beanie Feldstein). Sa mère Marion (Laurie Metcalf, nommée pour l'Oscar du meilleur second rôle féminin), une infirmière intransigeante qui travaille sans relâche, a peu d'ambition pour sa fille: étudier à l'université du coin, dans le meilleur des cas.

Elle a été échaudée par l'exemple de son fils aîné Miguel, diplômé de la prestigieuse université californienne de Berkeley, mais qui dort sur le canapé de ses parents avec sa petite amie et travaille dans un supermarché. La famille est complétée par Larry, le père au chômage et dépressif. «Lady Bird», elle, rêve de vivre dans «un endroit culturel, comme New York, le Connecticut, le New Hampshire, où vivent les écrivains», quitte à entrer en conflit ouvert avec sa mère.

Un souffle inédit

En attendant, elle rejoint l'atelier de théâtre et de comédie musicale de son lycée, où elle flirte avec le petit ami idéal, Danny (Lucas Hedges, également à l'affiche de «3 billboards»), tout en ne perdant pas des yeux Kyle, plus mauvais garçon (interprété par la nouvelle coqueluche d'Hollywood, le Franco-Américain Timothée Chalamet).

Pour sa première réalisation, Greta Gerwig dresse avec une extrême finesse le portrait de cette adolescente un peu rebelle, un peu paumée, les relations tendres mais compliquées avec sa mère, ses premières amours, ses trahisons en amitié. La cinéaste donne un souffle inédit à ce qui ne pourrait être qu'une comédie adolescente de plus et montre combien son héroïne tâtonne en essayant de se trouver et de réaliser ses envies.

(L'essentiel/afp)