«A beautiful day»

23 novembre 2017 15:01; Act: 23.11.2017 15:14 Print

Un tueur à gages complètement marteau

Prix d'interprétation au dernier Festival de Cannes, Joaquin Phoenix porte le film de la réalisatrice britannique Lynne Ramsay sur ses épaules.

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La traduction «française» du titre original du film de Lynne Ramsay («You Were Never Really Here») a le mérite de l'ironie. Dès les premières séquences, en voyant Joe (Joaquin Phoenix) sortir d'un hôtel minable avec en main un marteau dont on devine bien qu'il n'a pas servi qu'à planter des clous, on comprend que «A Beautiful Day» ne sera pas une comédie romantique.

Visage mangé par une barbe grisonnante, carrure épaisse et dégaine négligée limite clodo, il ne fait pas de doute que Joe le taiseux n'est pas un ange. Ou alors un ange hanté par des images traumatiques d'enfance maltraitée et de guerre, qui le font flirter avec les limites de la folie. Un ange qui, engagé pour récupérer la fille d'un sénateur entraînée dans un réseau mal famé, va frapper sans état d'âme. Mais sa mission réserve des surprises...

Aussi oppressant que son personnage principal est oppressé, étouffant autant qu'il se sent étouffé, «A Beautiful Day» ne fera certainement pas l'unanimité. Certains apprécieront son atmosphère délétère et son personnage qui part en vrille, jusqu'à oser la comparaison avec «Taxi Driver» (Martin Scorsese, 1976). D'autres lui reprocheront une mise en scène parfois très esthétisante. Tous s'accorderont à trouver Joaquin Phoenix impressionnant. Et aucun n'en sortira indifférent.

(L'essentiel)