Dev Patel

07 septembre 2020 07:19; Act: 07.09.2020 10:02 Print

«À l’école à Londres, je cachais mes origines»

Quand il était plus jeune, l’acteur britannico-indien Dev Patel n’avait pas confiance en lui. Il a raconté ces moments dans une interview.

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Comme le héros dickensien qu’il incarne dans «The Personal History of David Copperfield», en salle le 9 septembre, l’acteur britannico-indien Dev Patel a mis du temps à s’accepter et à gagner en assurance. Interview.

David Copperfield s’inquiète de ne pas trouver sa place dans la société. Le comprenez-vous?

À fond. Sa gaucherie me parle parce que c’est tout moi. C’est l’histoire d’un gars qui apprend à avoir confiance en lui et à accepter ses origines. Une fois qu’il y arrive, il commence à avoir du succès. La notion d’identité est au cœur du récit. Cela me fait penser à l’époque où j’allais à l’école.

C’est-à-dire?

Quand tu es gosse, tu essaies plein de masques différents. Tu t’efforces de t’intégrer à divers groupes et tu ne sais pas qui tu es. Tu fuis une partie de toi parce que ce n’est pas cool. Tu dis à ton père qui te conduit à l’école des trucs horribles comme: «Laisse-moi descendre au bout de la rue parce que je ne veux pas qu’on me voie dans cette bagnole». À l’école, je cachais mes origines indiennes pour ne pas être harcelé ou me sentir différent des autres gosses.

Avez-vous lu le pavé de Charles Dickens dont est tiré le film?

Non, trop de mots! Je me souviens d’avoir étudié «Oliver Twist» à l’école et trouvé ça glauque. Je me disais: «Je sais que Dickens est bon, mais qu’est-ce que c’est ennuyeux!». Et puis Armando Lanucci, le réalisateur du film, pioche dans cet univers et arrive à en extraire tellement d’humour, d’ardeur et d’espoir.

Avez-vous été surpris par la diversité du casting dans ce film d’époque?

Oui, surpris et reconnaissant. J’ai d’ailleurs demandé à Armando: «Tu es sûr de vouloir engager un gars basané pour ce rôle?». Ce qui peut sembler une question bizarre. Il a vraiment fait preuve d’audace et de courage. J’espère qu’on n’aura bientôt plus besoin de dire ce genre de chose.

Vous avez débuté votre carrière dans la série «Skins», sans aucune expérience devant la caméra. Comment avez-vous appris à jouer la comédie?

Je crois ne l’avoir toujours pas appris! C’est choquant de penser que je fais ce métier depuis plus de dix ans, et je ne sais toujours pas ce que je fais. Ce qui est fou quand on joue la comédie, c’est qu’on ne se sent jamais totalement à l’aise parce qu’on a tellement de choses à apprendre et à piger. Je commence chaque job en me disant que je vais être renvoyé, comme tous les acteurs.

(L'essentiel/Miguel Cid)