Cinéma

28 juillet 2020 22:51; Act: 29.07.2020 12:38 Print

Cet ado attardé cherche sa porte de secours

Dans «The King of Staten Island», Jude Apatow met en scène la vie chaotique d’un jeune adulte traumatisé par le décès de son père.

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C’est un drôle de phénomène, Scott (Pete Davidson)! Alors que sa brillante sœur cadette part étudier à l’université, le jeune homme de 24 ans, loser craquant, se complaît dans la paresse. Il habite toujours chez sa mère (Marisa Tomei) et passe la majeure partie de son temps à glander, à fumer de l’herbe avec ses potes, ou à dessiner des tatouages. Il peine à évoluer depuis que son père, pompier, est mort dans un incendie.

Ses plans de carrière? Ouvrir un restaurant-salon de tatouage. Mais même si l’idée le botte, il ne se donne pas franchement les moyens pour y arriver. En décalage avec la société qui l’entoure, cynique, Scott se comporte souvent en ado attardé. Comme quand il déclare la guerre au nouveau copain de sa mère, qu’il fuit tout ce qui pourrait ressembler à du sérieux avec la fille avec qui il couche ou qu’il propose à un gosse de 9 ans de lui tatouer le bras gratuitement…

Lorsqu’il avait 7 ans, Pete Davidson (révélé dans «Saturday Night Live») a perdu son père, pompier, mort en intervention au World Trade Center lors des attentats du 11 septembre 2001. «The King of Staten Island», qu’il a coscénarisé, est donc directement inspiré de sa vie. Jude Apatow («40 ans, toujours puceau», «En cloque, mode d’emploi») fait de cette histoire un récit honnête et humain, sans clichés lourdingues. Sur le ton de la «dramédie» douce-amère, il aborde avec tendresse le passage à l’âge adulte d’un homme qui va enfin affronter ses angoisses.

(L'essentiel/Marine Guillain)