«The Disaster Artist»

06 mars 2018 20:05; Act: 07.03.2018 09:22 Print

Comment le pire des films a-​​t-​​il bien pu être réalisé?

Les coulisses de Hollywood, c'est rarement triste. Alors imaginez, les coulisses d'un navet...

Une faute?

«The Disaster Artist», de James Franco, raconte une histoire vraie hautement improbable et d'autant plus fascinante: celle de «The Room», écrit, réalisé, produit et interprété par Tommy Wiseau. Ce navet sorti en 2003, pseudo-­mélo sur fond de trahison amoureuse, aurait pu disparaître dans l'indifférence générale, noyé comme tant d'autres longs métrages insignifiants dans l'océan de la médiocrité.

Sauf que «The Room» était si mauvais qu'il en devint un véritable phénomène. Pas besoin d'être cinéphile averti pour savourer chaque détail de ce catalogue illustré de tout ce qu'il est déconseillé de faire pour réussir un bon film. Pour tout spectateur lambda, «The Room», c'est juste... énorme!

Habile, enlevé, malin

Ceux qui ont vu ce nanar magnifique se sont sans doute posé la question: comment Tommy Wiseau s'y est-il pris pour mettre en scène un tel film? «The Disaster Artist» répond en images. Il multiplie les détails croustillants d'un tournage épique, l'amateurisme doublé de prétention de Wiseau, personnage excentrique, mystérieux, à la fois pathétique et singulièrement touchant dans sa sincérité foncière et entêtée.

Bon, il faut bien le dire: ce qui fait la réussite de «The Disaster Artist», c'est avant tout l'histoire vraie sur laquelle il repose. Certes, le film est habile, enlevé, malin (même si Franco en rajoute un peu, surtout dans les regards en coin). Mais si «The Disaster Artist» avait remporté l'Oscar du Meilleur scénario, pour lequel il était nommé, Franco aurait pu dire haut et fort: «Merci Wiseau.»

(L'essentiel/Catherine Magnin)