«La forme de l'eau»

21 février 2018 16:18; Act: 21.02.2018 16:53 Print

Guillermo del Toro déclare sa flamme au septième art

Favori des Oscars (13 nominations), «La forme de l'eau» restera surtout comme une sacrée déclaration d'amour.

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Simple nettoyeuse dans un laboratoire expérimental des années 1960, Elisa (Sally Hawkins, maman adoptive de l'ours «Paddington») s'éprend de la mystérieuse créature aquatique qu'on y étudie et à qui elle décide de rendre la liberté. L'histoire racontée dans «La forme de l'eau» est on ne peut plus simple.

Mais Guillermo del Toro en profite pour transcender le genre fantastico-horrifique qu'il exploite depuis le début de sa carrière («Mimic», «Hellboy», «Crimson Peak»). Il réalise ici un film où le véritable monstre n'est pas où on l'attend, ni la créature fantastique comme on l'entend (elle est sexuée!). Le conte romantique pour adultes se double d'un hymne à la différence (monstres, muets, mais aussi noirs, gays...).

Oscar du cœur

Del Toro signe surtout une déclaration d'amour poétique au septième art. «La forme de l'eau» est truffée de références, certaines inscrites en toutes lettres dans l'image, comme «Mardi gras» ou «L'histoire de Ruth», à l'affiche d'une salle de cinéma.

D'autres évidentes, comme «L'étrange créature du lac noir». Ou de simples influences: Chaplin ou Keaton sous le jeu de Sally Hawkins, les comédies musicales, les thrillers hitchcockiens, la poésie de Cocteau. N'allez pas y voir de la pâle copie! Comme tout ogre cinéphile, le réalisateur mexicain ingurgite, rumine et régurgite comme il respire. Et il y ajoute sa patte, ce qui lui vaut l'Oscar des Oscars: celui du cœur.

(L'essentiel)