Festival de Cannes

20 mai 2018 12:38; Act: 20.05.2018 12:46 Print

«J'ai été violée par Weinstein ici à Cannes»

L'actrice Asia Argento a livré un discours poignant et véhément contre le producteur déchu Harvey Weinstein

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Le nom du grand absent Harvey Weinstein a fini par surgir, par la voix d'une de ses accusatrices. Avec un discours incendiaire contre le producteur américain, Asia Argento a bousculé la clôture du 71e Festival de Cannes qui a offert sa Palme d'or au Japonais Kore-Eda.

«En 1997 j'ai été violée par Harvey Weinstein ici à Cannes. (...) Ce festival était son terrain de chasse», a déclaré l'Italienne, dont la présence samedi soir avait été gardée secrète. Toute de noire vêtue, Asia Argento a souhaité que le producteur ne soit «plus jamais le bienvenu» sur la Croisette.

Elle a aussi pris à partie au sein du public, «ceux que l'on devrait pointer du doigt à cause de leur comportement envers les femmes». Avant de conclure le poing levé, au moment même où l'on apprenait que Luc Besson était visé par une plainte pour viol, accusations que le réalisateur et producteur français a qualifié de «fantaisistes».

Deux réalisatrices distinguées

Pour sa première édition depuis le séisme Weinstein, le Festival de Cannes a déroulé le tapis rouge aux femmes et multiplié les symboles, avec la nomination notamment de l'engagée actrice australienne Cate Blanchett comme présidente du jury.

Mais c'est aussi sur le palmarès que le jury était attendu, alors qu'une seule femme a été couronné dans l'histoire de Cannes, la Néo-Zélandaise Jane Campion pour «La leçon de piano», il y a 25 ans. Au final, le jury a récompensé deux des trois réalisatrices en compétition: l'Italienne Alice Rohrwacher, prix du scénario pour «Heureux comme Lazzaro», ex aequo avec Jafar Panahi («Trois visages»), et la Libanaise Nadine Labaki (prix du jury pour «Capharnaüm»).

(L'essentiel/afp)