Interview de Brad Pitt

20 septembre 2019 07:19; Act: 20.09.2019 09:48 Print

«J'ai rencontré des prédateurs à Hollywood»

L'acteur, actuellement à l'affiche du film «Ad Astra», a évoqué sa carrière, ses regrets et le showbiz.

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Le comédien estime avoir trop couru les rôles dans sa jeunesse. (photo: Matt Winkelmeyer)

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La star de 55 ans refuse de parler de ses six enfants ou de son ex, Angelina Jolie. En revanche, Brad Pitt accepte de parler de lui, de ses erreurs et sa nouvelle conception de la vie, loin des attentes de Hollywood, alors même qu'il est à l'affiche d'«Ad Astra», un film de science-fiction qui pourrait bien faire date.

On parle déjà d'Oscars et de Golden Globes pour votre interprétation dans «Ad Astra», mais aussi dans «Once Upon a Time in Hollywood». Heureux?

Je ne cours pas après les récompenses. Si l'un de mes films est apprécié par le plus grand nombre, c'est fantastique. Mon job s'arrête là. Je n'accepte pas un rôle pour les récompenses que cela pourrait m'apporter. J'ai suffisamment d'expérience dans ce métier pour savoir qu'un film peut être aimé, boudé ou découvert dix ans après sa sortie sur grand écran.

Êtes-vous plus à l'aise avec l'homme que vous êtes à 55 ans que celui de vos 25 ans?

Certainement! J'ai appris à assumer mes défauts pour être un meilleur être humain. Sans parler de religion, je crois que nous sommes tous connectés. J'ai fréquenté des réunions des alcooliques anonymes où j'ai compris qu'il n'y a rien de plus fort que de partager ses expériences avec un groupe d'autres personnes. J'ai la chance d'avoir un petit cercle d'amis que je connais depuis plusieurs décennies.

Quel est votre plus grand regret?

Professionnellement, je dirais que j'ai perdu énormément de temps dans les années 1990 à courir après des projets alors que j'aurais dû consacrer davantage d'énergie à vivre ma vie d'homme sans me soucier de ma carrière. Mais cela fait partie des erreurs de jeunesse.

Justement, vous êtes arrivé il y a plus de 30 ans à Hollywood, sans aucun contact et un seul rêve d'être comédien. À l'heure du mouvement #MeToo comment avez-vous survécu dans les années 1980 à la promotion canapé?

J'ai rencontré quelques prédateurs à mes débuts à Hollywood, c'est certain. Mais je n'ai jamais rien connu de bien méchant en comparaison aux histoires terribles que l'on entend depuis deux ans dans le showbiz. Ma chance a été de graviter autour de gens plus intelligents que moi et qui m'ont appris les règles du métier. Je ne veux pas trop m'étendre sur le sujet mais je pense que, ce qui se passe actuellement, est juste une manière de recalibrer les choses. Un peu de bon sens et une bonne tête sur les épaules, c'est nécessaire dans tous les jobs. Pas que le showbiz.

Bande-annonce d'«Ad Astra»

(L'essentiel)