«Eternité»

06 septembre 2016 19:16; Act: 06.09.2016 19:18 Print

Le bonheur des pondeuses ne fait pas le nôtre

Avec «Eternité», le réalisateur de «L'odeur de la papaye verte» signe une ode stérile à la femme et à l'instinct maternel.

Une faute?

Quel point commun y a-t-il entre Valentine (Audrey Tautou) et ses innombrables filles, petites et arrière-petites-filles, belles-filles? La joie du mariage, l'épanouissement dans la maternité, la douleur dans le deuil, la renaissance dans l'amour de la progéniture... Voilà ce que met en scène Tran Anh Hung dans «Eternité».

«Eternité»... Un film en costumes d'époque (l'histoire s'étale sur un siècle à partir de la fin du XIXe), où le temps semble pourtant arrêté, les scènes étant baignées d'une même lumière généreuse, décorées de bouquets de fleurs jamais fanées. Malgré une caméra qui s'attarde sur les visages, tout est désincarné dans le film du Franco-Vietnamien Tran Anh Hung. D'autant plus que les héroïnes évoluent dans un milieu bourgeois sans souci matériel, où l'on passe son temps à se prélasser au soleil, à pique-niquer, à jouer...

Faute d'identification, l'émotion ne passe pas, le film reste au niveau de l'illustration. Et la voix off ressemble à une béquille explicitant ce que l'image seule ne transmet pas. Résultat: un bel album photo au charme éphémère.

(L'essentiel avec Catherine Magnin)