Avec Alain Chabat

16 février 2015 13:57; Act: 18.02.2015 14:28 Print

«Réalité», nouvelle fresque absurde de Dupieux

Alain Chabat incarne un producteur de série B dans le nouveau film de Quentin Dupieux, une comédie burlesque qui sortira mercredi.

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«C'est l'histoire de téléviseurs qui deviennent méchants et tuent tout le monde sur Terre». Dans «Réalité», de Quentin Dupieux, sur les écrans mercredi, Alain Chabat est Jason, un réalisateur qui tente de vendre un thriller de série B à un producteur nerveux et condescendant. Celui-ci accepte de financer son film à une condition: les victimes des téléviseurs doivent pousser le cri de douleur le plus réussi de l'histoire du cinéma. «Je veux un oscar pour ce cri», lance Bob le producteur. Jason a 48 heures pour trouver le gémissement ultime. «Je me suis retrouvé dans cette situation, l'artiste en train d'essayer de vendre une idée un peu stupide à un producteur», a raconté à l'AFP le cinéaste français.

Si le désopilant «Réalité» est déjanté, les précédents longs métrages de ce Parisien de naissance l'étaient plus encore: «Steak» (2006), avec Eric et Ramzy, mettait en scène des accros de la chirurgie esthétique extrême, «Rubber» (2010) un pneu tueur et «Wrong Cops» (2013) des flics pourris. «Réalité», sa satire de Hollywood et son univers absurde ont paradoxalement tout de suite plu aux producteurs et financiers, relate le scénariste-réalisateur-monteur de 40 ans. «La présence d'Alain Chabat a sans doute beaucoup aidé», estime-t-il. «Alain Chabat, c'est mon héros. J'ai grandi avec les Nuls», l'émission satirique culte de Canal+.

Autour de Jason/Chabat évolue toute une galerie de personnages tous plus azimutés les uns que les autres: sa femme, psychanalyste castratrice (Élodie Bouchez), une petite fille nommée Reality, qui a vu un sanglier avaler une cassette vidéo mais que personne ne croit, un présentateur télé qui vit une «crise d'eczéma intérieure», etc. Les cauchemars et la réalité se rejoignent, avec en toile de fond l'industrie du divertissement et Los Angeles, où Dupieux s'est installé il y a quelques années. «Quentin est quelqu'un qui filme l'Amérique de manière assez inédite, cette ville, son décor, le désert californien. J'aime beaucoup son univers, j'y adhère totalement», remarque pour sa part Élodie Bouchez, qui excelle dans ce rôle d'épouse-psy excédée.

(L'essentiel/AFP)