Festival du film

24 mai 2019 08:36; Act: 24.05.2019 09:55 Print

Un cunilingus de 13 minutes sidère Cannes

Six ans après la Palme d'or puis la polémique autour de «La vie d'Adèle», le Français Abdellatif Kechiche a secoué les festivaliers avec «Mektoub My Love: Intermezzo».

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Abdellatif Kechiche et l'équipe du film sur le tapis rouge à Cannes. (photo: AFP/Valery Hache)

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Précédé d'une rumeur sulfureuse, ce film en compétition officielle contient comme attendu son lot de surprises et de provocations, dont une scène de cunilingus de 13 minutes. Pendant la projection officielle jeudi soir plusieurs personnes sont sorties de la salle. «Pas d'autre solution: c'est un film porno... Le cinéma c'est autre chose!», commentait une spectatrice en quittant les lieux. Le caractère très sexuel de l'œuvre n'est pas vraiment inattendu de la part d'un cinéaste qui avait déjà marqué les esprits avec une scène de sexe de huit minutes dans «La Vie d'Adèle» et une autre torride en ouverture de «Mektoub my Love: canto uno».

Suite de ce précédent opus, ode au désir de près de trois heures, présenté à la Mostra de Venise en 2017, «Intermezzo» en reprend les personnages principaux: une bande de jeunes à Sète. Mais là où le premier passait d'un lieu à l'autre, alternant scènes de jour et de nuit, avec déjà une longue scène de soirée, le second se déroule presque exclusivement dans un lieu unique: une boîte de nuit. Et alors que le premier volet avait déjà suscité pas mal de commentaires sur la façon de filmer les femmes en s'attardant sur leurs courbes, leurs fesses en particulier, il récidive à haute dose dans ce second volet.

Des conditions de tournage «horribles»

Il multiplie ainsi les plans sur les corps de jeunes femmes qui dansent en mini-shorts et brassières, avec d'innombrables images de pole dance. «Mektoub My Love: Intermezzo» se révèle être une expérience de cinéma éprouvante, répétant en boucle des images de danse accompagnées de musique de boîte de nuit jusqu'à devenir quasiment hypnotique et laisser le spectateur groggy. On y retrouve le timide Amin (Shaïn Boumedine), aspirant photographe et scénariste qui aime observer les filles, la séduisante Ophélie (Ophélie Bau), qui n'arrive pas à choisir entre celui qu'elle doit épouser et son amant Tony (Salim Kechiouche), alors que son mariage se rapproche à grands pas, l'amie de vacances Céline (Lou Luttiau) ou encore Camélia (Hafsia Herzi).

La présence du film en compétition marque le retour du cinéaste de 58 ans sur la Croisette après la Palme d'or en 2013 pour «La Vie d'Adèle» et ses actrices, Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos, et la polémique sur les conditions de tournage du film. Léa Seydoux avait notamment dénoncé des conditions de tournage «horribles», tandis qu'Adèle Exarchopoulos, alors âgée de 19 ans, avait parlé de «dix journées entières à tourner» la très longue scène de sexe du film.

Le cinéaste est par ailleurs l'objet d'une plainte déposée en octobre dernier par une femme de 29 ans pour agression sexuelle. Interrogée début mai, une source proche du dossier avait indiqué que l'enquête était toujours en cours et le cinéaste toujours pas auditionné.

(L'essentiel/afp)