Concert polémique

08 juin 2018 08:01; Act: 08.06.2018 09:18 Print

Très remonté, Cantat «emmerde» les médias

L'ancien chanteur de Noir Désir, qui a purgé une peine de prison pour meurtre, n'a pas été avare en critiques envers ses détracteurs, jeudi, lors d'un concert sous tension, à Paris.

Sur ce sujet

C'est un Bertrand Cantat en voix et remonté contre les «censures», les «intimidations», les «journalistes» et «Bolloré», propriétaire de l'Oympia, qui a donné jeudi soir son unique concert parisien, précédé d'une manifestation d'une poignée de féministes. Ce concert électrique et puissant a été donné dans un Zénith à moitié rempli (3 000 spectateurs environ), après l'annulation des deux concerts prévus en mai à l'Olympia.

L'ex-leader de Noir Désir, condamné pour la mort en 2003 de sa compagne Marie Trintignant, s'en est pris à la presse après seulement deux chansons. «Merci à vous d'être là malgré tout», lâche-t-il, avant de s'en prendre à «ceux qui ne sont pas là pour des bonnes raisons». Visant les journalistes, le chanteur de 54 ans ajoute: «Vous avez quelque chose contre moi. Si certains sont en train de jubiler, il y a aucune limite à quel point je vous emmerde...».

Quelques manifestations

Ses gentillesses, il les réserve pour le public: «Je vous aime, ça c'est sûr, dit-il. Merci d'être là, malgré toutes les intimidations, toutes les censures, toute la saloperie depuis octobre....». Bertrand Cantat, reparti sur les routes depuis mars, vide son sac. Face à un public acquis à la cause d'un rockeur toujours aussi impressionnant sur scène, soutenu avec efficacité par cinq musiciens. La seconde partie du show, aux airs de best of de Noir Désir («Tostaky», «Ici Paris», «L'homme pressé», «Comme elle vient»), met la salle en ébullition. Et rend visiblement heureux un chanteur qui s'éclipse au bout de deux heures sur un énigmatique «Merci pour tellement d'années...».

Ce concert parisien constituait l'un des temps forts de cette tournée, marquée par des manifestations et annulations. Devant le Zénith, comme devant d'autres salles auparavant, des organisations de défense des droits des femmes avaient appelé à un rassemblement, qui n'a finalement réuni qu'une quinzaine de manifestants. Certains brandissaient des banderoles comme «Pas d'honneur pour les tueurs» ou «Marie Trintignant ne sera plus jamais applaudie». Libéré en 2007 après avoir purgé plus de la moitié de sa peine de huit ans, le chanteur bordelais a progressivement repris son activité artistique à partir de 2010.

(L'essentiel/afp)