Au Nigeria

07 novembre 2019 09:16; Act: 07.11.2019 12:40 Print

Yahaya Makaho, mendiant aveugle devenu chanteur

Yahaya Makaho a passé de longues années à mendier dans les rues. Mais à 37 ans, il est devenu une star. Ses chansons et ses clips vidéo connaissent un large succès.

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Makaho - un surnom qui signifie l'«homme aveugle» en haoussa - a dû parcourir un long chemin pour enregistrer ses 370 singles et trois albums. (photo: AFP)

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Lunettes de soleil vissées sur la tête, Yahaya Makaho entonne au micro une chanson de son nouvel album dans un studio d'enregistrement de la ville de Kaduna, dans le nord du Nigeria. Aveugle depuis la petite enfance, le chanteur qui a passé de longues années à mendier dans les rues n'a pas laissé son handicap détruire ses rêves: à 37 ans, il est devenu une star. Depuis quatre ans, ses chansons et ses clips vidéo connaissent un large succès auprès des quelque 80 millions de personnes qui parlent haoussa au Nigeria et au-delà, en Afrique de l'Ouest.

«Je me vois comme une superstar qui a brisé le sortilège associé aux handicaps physiques», explique à l'AFP Yahaya Makaho. «J'ai tordu le cou aux clichés qui veulent que, lorsque vous êtes aveugle, votre seule perspective, c'est de prendre un bol et d'aller quémander l'aumône dans la rue». La vie peut être difficile dans le nord du Nigeria, où les taux de pauvreté et de chômage sont extrêmement élevés - et les opportunités pour les personnes aveugles généralement très limitées.

Il a failli se décourager

Makaho - un surnom qui signifie l'«homme aveugle» en haoussa - a dû parcourir un long chemin pour enregistrer ses 370 singles et trois albums. Il a perdu la vue à cause de la rougeole à l'âge de trois ans. Chassé de son village rural, le garçon est envoyé dans une école islamique loin de sa famille. Là, on lui fait comprendre que mendier est sa meilleure chance de s'en sortir. Les petits boulots dans lesquels il s'est lancé n'ont pas donné grand-chose.

«Ça me faisait mal de passer mon temps à demander de l'argent aux gens. La mendicité tue l'esprit, j'ai donc décidé de devenir chanteur», affirme-t-il. «Je ne savais pas que j'avais un talent pour la chanson, je voulais juste donner un sens à ma vie et l'idée de devenir chanteur m'est apparue». Son ascension n'a pas vraiment été fulgurante après ça. Discriminé et moqué, Makaho a failli se décourager, jusqu'au jour où un admirateur fortuné le remarque et décide de prendre en charge les frais d'enregistrement d'une chanson.

2016 marque le début de son succès. Le chanteur se taille une notoriété en évoquant les problèmes de la vie quotidienne. De sa voix douce, il parle à son public à travers des paroles qui dénoncent des maux comme la mendicité, la toxicomanie et la corruption. Grâce à sa réussite, Makaho a créé une fondation qui propose des cours, fournit des uniformes et des livres en braille pour permettre aux jeunes handicapés de s'instruire.

(L'essentiel/afp)

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