Louise Bourgoin

08 novembre 2018 16:26; Act: 08.11.2018 16:47 Print

«J'aurais bien aimé être médecin»

La comédienne française incarne une jeune interne dans la série «Hippocrate». Travailler dans un hôpital l'a passionnée.

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À 36 ans, Louise Bourgoin peut se vanter d'avoir déjà une belle carrière. Après 18 films à son actif, l'ex-Miss météo de Canal+ incarne une femme médecin interne dans la série «Hippocrate», dès le 26 novembre, sur la chaîne cryptée.

Qu'est-ce qui vous a motivée à jouer ce rôle dans «Hippocrate»?

Tout était réuni pour me séduire parce que le metteur en scène, Thomas Lilti, est très bon. J'avais aussi aimé le film «Hippocrate», dont la série est tirée. Mon personnage de Chloé est très bien développé et très différent de ce que j'ai pu jouer jusqu'ici. J'ai tout de suite eu beaucoup d'empathie pour cette femme.

Vous êtes très crédible en tant que médecin interne. Avez-vous fait des stages dans des hôpitaux avant de tourner dans cette série?

Non, mais avec les autres acteurs nous avons été très bien dirigés par Thomas Lilti, étant donné qu'il a lui-même été médecin interne, avant d'être réalisateur. Il était donc très à cheval sur la précision des gestes. Il nous a beaucoup montré les mouvements exacts à faire, avant de tourner les scènes. En six mois, on a appris des choses. On travaillait avec des gens qui faisaient vraiment partie de l'hôpital dans lequel on tournait. On était souvent avec des aides-soignants, des infirmiers. Ce qui est très beau dans le cinéma de Thomas, c'est qu'il montre le doute des médecins internes, sur leurs prescriptions, leurs analyses. On avait presque le droit à l'erreur et d'exposer une certaine fragilité. Ce sont des choses qu'on ne voit pas dans les séries hospitalières américaines où les médecins sont perçus comme des superhéros qui ne flanchent jamais.

Avez-vous eu des scènes difficiles à tourner?

J'ai dû tourner une séquence de réanimation avec une jeune patiente. Cette scène, qui m'a pris une journée entière à tourner, a été assez marquante pour moi. Physiquement, on s'implique beaucoup, mais c'est passionnant. J'ai aussi trouvé très intéressant de tourner avec des hommes transgenres, qui passent du féminin au masculin. C'était vraiment le cas pour eux dans la vraie vie. Je leur ai donc posé beaucoup de questions. Il y a beaucoup de situations dans cette série qui s'inspirent de faits réels.

Auriez-vous pu exercer cette profession?

Ma demi-sœur est pédiatre et j'ai toujours eu le sentiment qu'elle avait un vrai métier, contrairement à moi. D'ailleurs, son regard sur la série va être important pour moi. J'aurais beaucoup aimé être médecin. Me sentir plus utile au quotidien qu'à travers le métier d'actrice. C'est drôle parce que j'ai rencontré une réanimatrice dans une scène d'un épisode. Elle m'a dit en secret qu'elle rêvait d'être actrice, parce qu'elle pensait qu'on vivait des émotions incroyables. Moi je lui ai dit que je pensais aussi qu'une réanimatrice devait vivre des émotions extraordinaires (rires).

Quelle image avez-vous des médecins?

Ce sont des héros du quotidien. J'ai moi-même accouché dans un hôpital public et j'en ai été absolument ravie. En France, nous sommes très chanceux par rapport aux États-Unis ou au Canada. On a le remboursement des soins et l'excellence des hôpitaux français. La série est positive, car elle montre ces gens qui consacrent leur vie aux autres, alors qu'on est dans une société très individualiste.

Quelle différence y a-t-il à tourner dans une série plutôt que dans un film?

Jouer dans une série prend bien plus de temps que de tourner dans un film. On a donc vraiment l'impression de devenir le personnage qu'on incarne. J'étais imprégnée de Chloé durant tout le tournage, qui a duré six mois. J'ai bien apprécié cela car j'avais l'impression de pouvoir approfondir davantage mon rôle que dans un film. Il y aura une deuxième saison qui sortira en 2019.

(L'essentiel/Ludovic Jaccard)