En Europe

06 septembre 2018 10:20; Act: 06.09.2018 10:19 Print

10 ans après la crise, les banques vont mieux

Dix ans après la chute de Lehman Brothers, les établissements européens semblent avoir achevé leur redressement, épaulés par d'importantes aides publiques.

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Ces dix dernières années, les établissements du Vieux Continent se sont pliés à une lourde purge, menée le plus souvent dans la douleur et les licenciements massifs. (photo: AFP)

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«On a une industrie bancaire européenne dont les fondamentaux n'ont jamais été aussi bons ces dix dernières années, voire même avant la crise», juge David Benamou, directeur des investissements chez Axiom AM, interrogé par l'AFP. De lourds efforts ont toutefois été consentis, notamment publics. Craignant un effet domino après la chute de Lehman Brothers, les États européens volent au secours de la finance, sous forme de garanties, d'achats d'actifs ou de prises de participations allant parfois jusqu'à la nationalisation. Entre 2008 et 2010, 950 milliards d'euros d'argent public sont injectés directement dans le secteur financier européen et 3 500 milliards sont apportés en garanties, selon un rapport du Parlement européen.

Car lorsque s'effondre le marché hypothécaire américain en 2007, la méfiance s'immisce entre les banques et la crise se propage rapidement en Europe. La crise est profonde et pousse les sociétés financières à s'interroger sur leur modèle. Dans l'euphorie financière du début des années 2000, beaucoup d'entre elles ont grossi rapidement - souvent trop - et se sont engagées - parfois aveuglément - dans des activités risquées de marché, dont le danger était alors sous-estimé.

Dexia au tapis

En France, Natixis, la filiale d'investissement et de financement des réseaux Banque Populaire et Caisse d'Épargne, essuie ainsi une perte de 3 milliards d'euros en 2008. Aux Pays-Bas, le géant ING enregistre une perte de presque 4 milliards sur le seul quatrième trimestre. L'écossaise RBS, plus grande banque du monde avant la crise, frôle la faillite et la franco-belge Dexia va progressivement au tapis.

Les établissements du Vieux Continent se plient alors à une lourde purge, menée le plus souvent dans la douleur et les licenciements massifs. Les efforts semblent toutefois payer: recentrées sur les activités de cœur de métier et sur l'Europe, moins volumineuses, débarrassées de beaucoup d'actifs dégradés et forcés par les superviseurs de renforcer leur assise financière, les banques européennes ont pour la plupart présenté des résultats solides au deuxième trimestre 2018 et investissent à nouveau massivement pour s'adapter aux défis du numérique.

«Une difficulté de rebondir»

«Le pays où les banques sont vraiment sorties de terre et fonctionnent vraiment très bien, c'est la Grande-Bretagne. La France s'en est aussi très bien sortie et les banques sont très bien gérées», estime M. Benamou. En Espagne, «il y a eu un énorme effort de restructuration qui a été fait à partir de 2013. Des banques comme CaixaBank ont fait une formidable transformation et ont ramené leurs prêts non performants proches de la moyenne européenne», salue cet analyste.

Reste que le redémarrage semble avoir été plus lent qu'ailleurs, car à la crise financière, se sont ajoutées à partir de 2010 une crise économique puis une crise des dettes souveraines en zone euro. «Quand les banques américaines ou asiatiques ont pu rebondir assez vite après le choc, les banques européennes se sont un peu laissées empêtrer dans une crise des subprimes, qui est devenue une crise de l'immobilier puis une crise économique et de la zone euro», explique Pierre Gautier, directeur chez S&P Global Ratings. «D'où une difficulté de rebondir parce que la croissance est restée faible et parce que la régulation leur demandait beaucoup d'efforts», en conséquence de quoi, «ce n'est presque que maintenant que les banques européennes se demandent comment croître à nouveau», ajoute cet analyste.

Aides non recouvrées

Les difficultés perdurent d'ailleurs ici ou là. La banque italienne Monte dei Paschi di Siena, plus vieille banque du monde, a vécu de 2008 à 2017 une vraie descente aux enfers. Le groupe a multiplié les pertes ces dernières années et est considéré comme le maillon faible du système bancaire italien. De façon générale, le volume de créances dégradées en Italie reste une source de préoccupation majeure pour investisseurs et autorités.

En Allemagne, le géant Deutsche Bank et Commerzbank peinent aussi à tourner la page de la crise. Quant aux aides reçues, une part importante risque de passer par pertes et profits. Dans une étude publiée fin 2015, la Banque centrale européenne notait que «huit ans après le début de la crise, seule une petite partie des engagements publics de la zone euro avait été recouvrée».

(L'essentiel/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Unicorn le 06.09.2018 12:34 Report dénoncer ce commentaire

    Cela veut dire quoi au juste, cette dernière phrase "huit ans après le début de la crise, seule une petite partie des engagements publics de la zone euro avait été recouvré". Les banques vont mieux, mais ils ne sont pas tenus de rembourser les aides publiques, et les Etats restent avec les dettes qu'ils ont fait auprès des banques pour sauver des banques, et que le contribuable continue de payer le remboursement de ces dettes, et des intérêts.

  • Est-on en plein Orwell 1984 ? le 06.09.2018 20:09 Report dénoncer ce commentaire

    Je suis attéré de voir que mon quotidien préféré relaie la propagande de l'Agence Française de Propagande, sans aucun filtre ni vérification. On vient de passer à coté d'une catastrophe avec nos banques en zone euro avec la livre turque. Meme la BCE (Mme Danièle Nouy) annonce que l'on est dans une situation à risque. Les taux US remontent et les dollars quittent les pays émergents pour aller aux US, ce qui provoquent des crises en Turquie, Argentine, Brésil ... Nos banques ont prétés 1500 milliards d'euros à ces pays. Qui va les rembourser avec des devises qui dévissent ??? Réveillez-vous !

  • MetalOS le 07.09.2018 08:23 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Les banques vont mieux mais pas le peuple...

Les derniers commentaires

  • rico le 29.09.2018 09:19 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Bonjour. Quand vous parlez à une banque... elle vous répond toujours avec peu d’intérêt.

  • Bopa le 07.09.2018 15:01 Report dénoncer ce commentaire

    Une banque, c'est une personne morale. Elle n'a ni ego ni désir ni besoin. C'est un intermédiaire. Vous pouvez tapez sur les actionnaires, les directeurs, les employés, le Luxembourg (dont l'économie est quasi exclusivement basée sur les banques) : c'est correct ou pas, sain ou malsain, factuel ou pas. Mais tapez sur les banques (comme les médias le font depuis plus de 10 ans) cela n'a pas beaucoup de sens. C'est quoi le délire : les actionnaires de Fortis, Dexia et les autres ont comploté pour faire faillite et perdre leur investissement ?

  • dieux le 07.09.2018 12:24 Report dénoncer ce commentaire

    Bilberger: a enfin compris que les banques étaient important sur ce sujet important et énormissime:)

  • Marcello le 07.09.2018 11:03 Report dénoncer ce commentaire

    @Unicorn Essayez de voir les faits plutôt que de nous innonder de vos idées préconçues. Un exemple au Luxbg : l'Etat a participé au sauvetage de Fortis en empruntant 2 mia à 2% et reçoit (de BGL) depuis 2008 un dividende correspondant à plus de 6% de ces 2 mia. Donc pour le moment, le sauvetage, indispensable pour tout le pays, n'a RIEN couté au contribuable, au contraire !

    • Unicorn le 07.09.2018 13:25 Report dénoncer ce commentaire

      l'Etat en profite, accessoirement, et les banques préparent leur prochain coup, sauf que vu l'ampleur de la dette, on a été prié de payer des impôts supplémentaires, de renoncer aux hausses de salaires, malgré une croissance économique, et de renoncer à l'adaptation de l'échelle imposable, sans oublier la hausse de la TVA, la réduction des allocations pour enfants. Je vous dis quand l'endoctrinement est tellement profond, on ne s'en rend même plus compte. Il reste que seul le contribuable sage et soumis reste le seul garant du fonctionnement du système.

    • Marcello le 07.09.2018 14:55 Report dénoncer ce commentaire

      La hausse de la TVA, la non augmentation des alloc etc. n'a rien à voir avec le sauvetage des banques (Fortis et Dexia au Luxembourg). C'est lié à des pertes de revenus, surtout TVA du commerce électronique et dénonciation des non résidents (merci Junker). Et dans une certaine mesures aux hausses des dépenses. L'investissement dans Fortis/BGL rapporte (depuis 10 ans), ne coûte strictement rien. Pour Dexia, l'Etat a donné une garantie (jamais utilisée) : aucun coût non plus. SVP, arrêtez votre propagande ridicule.

    • choquant le 07.09.2018 15:20 Report dénoncer ce commentaire

      ce qui me choque le plus c est que qqn qui gagne 10000 ou 10000000 EUR par mois paie le meme montant d impot environ 4000 EUR et puis plus rien

    • Bopa le 07.09.2018 18:10 Report dénoncer ce commentaire

      Primo quel rapport avec les banques ? Secundo, totalement faux ! Une personne qui gagne 120 mio de plus qu'une personne qui en gagne 120.000 va payer 40% de taxes sur la différence soit 48 mio de plus! Le taux s'applique sur l'ensemble du revenu ! Tertio, à mon avis, aucun employé (même directeur) ne gagne 120 mio par an. Peut-être qq1 de la famille Mittal ? Non, il serait en Suisse, à Monaco ou encore à Londres, pas au Luxembourg.

  • Bopa le 07.09.2018 10:57 Report dénoncer ce commentaire

    Si les politiques n'avaient pas sauvé les banques (suite à l'arnaque US des subprimes), l'économie serait totalement au tapis. Les dépôts de tous les particuliers et de toutes les entreprises auraient disparus. Essayez d'imaginer! Toutes les entreprises (banque et autres) seraient en faillite. Une entreprise sans aucune liquidité est en faillite. Et les fonds des entreprises sont dans des banques. Vous croyez qu'elles sont en billets dans un tiroir ? Donc tous les employés auraient perdu leur boulot. Les fonctionnaires auraient suivi : ils sont payés avec les prélèvements sur le Privé.