États-Unis

23 septembre 2017 16:10; Act: 23.09.2017 16:17 Print

La patronne de la Fed marque des points

La banque centrale américaine a relevé ses taux plus rapidement que ce que les marchés anticipaient.

storybild

Janet Yellen est à quatre mois de la fin de son mandat.

  • par e-mail
Sur ce sujet

Dès ses premiers jours à la tête de la Réserve fédérale (Fed) américaine, Janet Yellen a essuyé des critiques du Parti républicain pour qui la politique monétaire ultra-accommodante mise en œuvre par son prédécesseur menaçait de conduire le pays à la ruine.

À un peu moins de quatre mois de la fin de son mandat, l'incertitude demeure sur sa reconduction ou non - la décision en revient au président Donald Trump - mais elle a indéniablement marqué des points.

Taux relevés

La banque centrale américaine a relevé ses taux plus rapidement que ce que les marchés anticipaient et, mercredi, elle a annoncé qu'elle commencerait en octobre à réduire son imposant bilan. Dans l'intervalle, les États-Unis ont retrouvé le plein-emploi et l'inflation reste sage. Ses détracteurs comme les intervenants des marchés financiers voient monter la cote de sa présidente.

«Je suis content de voir qu'on y est enfin arrivé, cela faisait longtemps que je demandais cela à la Fed, en public et en privé. On verra si c'est vraiment la fin d'une époque», a déclaré Bill Huizenga, un ténor républicain de la commission des services financiers de la Chambre des Représentants qui prône un plus grand encadrement de la politique monétaire.

Janet Yellen s'y oppose, estimant que les options de politique monétaire de la Fed s'en trouveraient réduites.

Mandat fin février

Bill Huizenga a dit «bien aimer» la patronne de la Fed mais a ajouté espérer que la Maison blanche «examine en détail son bilan», une façon de marquer son désaccord avec sa reconduction pour un deuxième mandat. Le mandat de quatre ans de Janet Yellen, première femme à diriger la banque centrale américaine, expire début février.

Après avoir vertement critiqué Yellen pendant sa campagne électorale, Trump a modéré son propos et laissé filtré peu d'indices sur la décision qu'il aura à prendre. «Je respecte beaucoup la présidente Yellen. Je l'aime bien et je la respecte mais je n'ai pas encore pris ma décision. Je crois que le pays va bien», s'est borné à dire le président la semaine dernière.

Pronostics

Sur Predictit.org, un site de pronostics financiers, la cote de l'ancien gouverneur de la Fed Kevin Warsh a aussi monté. L'ancien banquier de Wall Street, gouverneur à la Fed entre 2006 et 2011, a pour lui d'avoir critiqué le programme de rachats d'actifs lancé par Ben Bernanke, le prédécesseur de Yellen, en mettant en avant le risque d'un dérapage inflationniste.

Ce reproche a été maintes fois repris par le camp conservateur mais la menace ne s'est jamais matérialisée, et Yellen a réussi à stopper sans heurts la politique dite d'assouplissement quantitatif.

Un temps pressenti, Gary Cohn, l'ancien président de Goldman Sachs devenu le principal conseiller économique de Donald Trump, a vu son étoile pâlir depuis qu'il a critiqué la réponse de son mentor aux récentes violences de Charlottesville, en Virginie.

Favorable à la régulation

Le point faible de Yellen pourrait être son soutien affiché à la régulation bancaire mise en place après la crise financière et que les républicains entendent assouplir, voire abroger.

Avec le vice-président de la Fed Stanley Fischer qui a annoncé sa démission pour la mi-octobre, «ce n'est pas une mais deux nominations auxquelles la Maison blanche devra procéder», souligne Michael Gapen, chef économiste de Barclays pour les États-Unis qui ne croit pas à un deuxième mandat pour Yellen.

«Peut-être qu'un ticket avec Warsh comme président et Hubbard comme vice-président aurait une bonne chance», spécule-t-il. «Mais si on veut quelqu'un qui continue de normaliser en douceur la politique monétaire, elle (Yellen) sera à considérer».

(L'essentiel/nxp/ats)