En Afghanistan

27 novembre 2021 20:07; Act: 28.11.2021 20:21 Print

Les talibans réclament la paix et... de l'aide

Alors qu'un hiver rude s'annonce et que la famine est redoutée, le Premier ministre du régime taliban a été clair lors de son premier discours à la nation, samedi.

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Mohammad Hassan Akhund (à droite) s'est exprimé dans un message audio de près d'une demi-heure diffusé dans la soirée sur la télévision publique RTA. (photo: AFP)

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Le régime taliban veut des relations pacifiées avec le reste du monde, a déclaré samedi son Premier ministre dans son premier discours à la nation, demandant aux ONG internationales d'aider l'Afghanistan à échapper à la catastrophe humanitaire cet hiver. Mohammad Hassan Akhund s'est exprimé dans un message audio de près d'une demi-heure diffusé dans la soirée sur la télévision publique RTA, quelques jours avant la reprise de négociations entre son gouvernement islamiste et des représentants américains à Doha (Qatar).

Il n'est toujours pas apparu en public depuis qu'il a été nommé Premier ministre le 7 septembre, tout comme le chef suprême du mouvement, le mollah Hibatullah Akhundzada, invisible depuis la reprise du pouvoir par les islamistes à la mi-août. «Nous ne voulons pas interférer dans les affaires internes des pays étrangers, leur créer des problèmes, de l'insécurité chez eux», «et personne ne peut prouver que nous l'avons fait ces vingt dernières années», a déclaré dans son message le mollah Akhund, dont le mouvement a effectivement toujours concentré son «jihad» sur l'Afghanistan.

Vers un hiver rude

«Nous voulons également de bonnes relations économiques avec eux», a ajouté le Premier ministre taliban, critiqué ces derniers temps sur les réseaux sociaux locaux pour son silence prolongé alors que le pays se débat avec une grave crise économique et que l'ONU craint une «crise humanitaire majeure» à l'abord du rude hiver. L'engagement des talibans de ne pas attaquer de pays étranger répond notamment à l'une des principales demandes des Américains: qu'ils luttent fermement contre le terrorisme, et n'hébergent plus de groupes susceptibles d'attaquer l'Amérique comme ce fut le cas avec Al-Qaïda en 2001.

Les talibans sont revenus au pouvoir à la mi-août dernier à la faveur du retrait militaire des Occidentaux, et de l'effondrement du gouvernement afghan soutenus par ces derniers, après vingt ans de guerre sanglante. Après le changement de régime, Washington a gelé les avoirs de la banque centrale afghane, et la Banque mondiale et le Fonds monétaire international ont suspendu leurs aides à Kaboul. L'économie afghane, déjà l'une des plus démunies du monde, minée par 40 ans de guerre, en plus de récentes sécheresses, et jusque-là portée à bout de bras par l'aide internationale, est en chute libre.

À Doha, les talibans réclameront à nouveau la levée de ces sanctions, et la reprise de l'aide internationale pour éviter que la majorité des quelque 40 millions d'Afghans ne tombe dans la misère et la famine. Faute d'aide bilatérale massive, aucun pays étranger n'ayant encore reconnu le régime taliban car jusqu'ici associé par les Occidentaux au terrorisme, le circuit des ONG est actuellement l'un des plus pratiques pour acheminer de l'aide en Afghanistan.