Crise au Venezuela

13 novembre 2017 07:47; Act: 13.11.2017 10:35 Print

Nicolas Maduro exclut le défaut de paiement

Le président vénézuélien assure que son pays ne se déclarera jamais en défaut de paiement. Encore lui faut-il réussir à renégocier sa dette.

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Nicolas Maduro se montre très optimiste par rapport aux finances du Venezuela. (photo: AFP/ho)

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Nicolas Maduro a affirmé dimanche que le Venezuela ne se déclarerait «jamais» en défaut de paiement. Il s'exprimait avant des rendez-vous cruciaux impliquant les créanciers internationaux à propos de la dette publique que Caracas ne parvient plus à rembourser. «Ils ont spéculé sur le fait que le Venezuela se déclarerait en défaut de paiement. Jamais! Le défaut ne se produira jamais au Venezuela», a asséné M. Maduro, dans son intervention télévisée dominicale. «Le Venezuela aura toujours une stratégie claire, et maintenant notre stratégie est de renégocier et de refinancer toute la dette», a-t-il assuré, martelant: «Que ce soit clair pour tous les créanciers et tous les agents financiers!».

À Caracas, le président Maduro, fragilisé depuis plusieurs mois par une crise économique, politique et humanitaire, a convoqué pour lundi une réunion de créanciers internationaux pour tenter de renégocier la dette. Les observateurs demeurent réservés sur le succès à attendre de cette rencontre, puisque Washington interdit à ses banques et à ses citoyens d'acheter de nouvelles obligations ou de négocier des accords proposés par le gouvernement vénézuélien. Difficile dès lors d'imaginer que des créanciers américains (selon Caracas, 70% des détenteurs de bons vénézuéliens sont issus des États-Unis ou du Canada) se rendent à l'invitation de Nicolas Maduro, qui accuse Washington de «persécution financière» visant à asphyxier le Venezuela en raison de son gouvernement socialiste.

De surcroît, les deux personnes désignées par le pouvoir pour renégocier cette dette, le ministre des Finances Simon Zerpa et le vice-président Tarek El Aissami, sont directement frappées par des sanctions empêchant tout Américain de traiter avec eux. En parallèle, à New York, un comité spécialisé de l'Association internationale des produits dérivés (ISDA) se penchera aussi sur la question vénézuélienne. Ce comité composé de 15 sociétés financières doit décider des suites à donner au retard accumulé par Caracas dans le remboursement d'une somme de 1,16 milliard de dollars, qui n'est toujours pas reçue par les créanciers. La dette extérieure du Venezuela est évaluée à 150 milliards de dollars, mais ses réserves en devises ont fondu à 9,7 milliards. D'ici à la fin de l'année, il doit rembourser 1,47 à 1,7 milliard, puis huit milliards en 2018.

(L'essentiel/AFP)