Nouvelle image

11 septembre 2012 15:39; Act: 11.09.2012 15:49 Print

Deutsche Bank veut redorer son blason

Deutsche Bank a renoncé mardi à son ancien objectif contesté d'un rendement des fonds propres de 25%, marque de fabrique de son ancien patron Josef Ackermann, et va revoir son modèle pour restaurer son image.

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Jürgen Fitschen et Anshu Jain, coprésidents du directoire de Deutsche Bank, veulent se démarquer de leur prédécesseur Josef Ackermann. (AFP)

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La rentabilité des capitaux propres, ou rentabilité financière, se mesure par le rapport entre le résultat net et les fonds propres de l'entreprise. La barre de 25% était l'un des objectifs de long terme de M. Ackermann, qui l'avait même atteint au premier trimestre 2009, à un moment où les banques avaient particulièrement mauvaise presse, nombre d'entre elles ayant dû être sauvées à coup de milliards d'euros d'argent public. Or, les nouvelles exigences réglementaires, dites de Bâle III, obligent les banques à augmenter leurs niveaux de fonds propres, ce qui les contraint à mettre un frein à des activités financières potentiellement très lucratives mais aussi très risquées. Avec Bâle III, mais aussi la crise de la dette en zone euro et le nouveau ralentissement de la conjoncture mondiale, M. Ackermann avait toutefois déjà pris ses distances avec cet objectif à la fin de son mandat.

En tirant un trait sur cet objectif, ses deux successeurs, Jürgen Fitschen et Anshu Jain, aux manettes depuis juin, tentent aussi d'en finir avec l'image d'un institut sans foi ni loi, qui colle à la peau de Deutsche Bank en Allemagne. «Nous nous engageons à mettre en œuvre une culture qui va équilibrer les risques et les revenus (...), favoriser le travail d'équipe et la collégialité, et répondre aux intérêts de la société», ont-ils promis lors d'une conférence de presse à Francfort (ouest). Les règles de bonus pour les cadres seront par exemple davantage orientées sur le long terme, et pas seulement sur les performances économiques de la banque, ont-ils mis en avant.

1 900 postes supprimés

Deutsche Bank veut réaliser des économies de 4,5 milliards d'euros par an d'ici 2015, en limitant ses coûts de personnel mais aussi en rationalisant ses activités post-marché régionales, en centralisant ses achats et en intégrant ses services informatiques. Ses deux sous-divisions de banque d'investissement sont les principales concernées par un plan de suppression de 1 900 postes, déjà annoncé fin juillet. La première, «Corporate Banking & Securities», doit réduire ses coûts de 1,9 milliard d'euros d'ici 2015. La seconde, «Global Transaction Banking», vise un bénéfice imposable de 2,4 milliards d'euros d'ici 2015 contre 1 milliard d'euros l'an passé.

Une nouvelle division de gestion d'actifs et de fortune va aussi voir le jour, qui prévoit d'ici 2015 un bénéfice imposable de 1,7 milliard d'euros contre 800 millions d'euros l'an dernier. Plusieurs activités de gestion d'actifs que Deutsche Bank comptait initialement vendre, comme les activités aux États-Unis de son fonds DWS, vont finalement être intégrées à cette division.

Priorité à l’Asie

Quant à la banque de détail du groupe, renforcée depuis l'acquisition de Postbank en 2010, son bénéfice imposable annuel doit passer à 3 milliards d'euros d'ici 2015, contre 2 milliards d'euros en 2011. La banque entend «profiter à plein des avantages de sa forte position de marché en Allemagne» notamment dans la banque de détail, mais veut aussi mettre l'accent dans ses autres activités sur le marché américain et surtout donner la «priorité stratégique» à la région Asie-Pacifique.

Pour «accélérer» la réduction d'actifs à risques considérés comme non stratégiques, la banque a fondé une structure de défaisance interne («bad bank») où elle a parqué 135 milliards d'euros d'actifs, provenant notamment de la banque d'investissement. Elle prévoit de se séparer d'un tiers de ses actifs d'ici mars 2013. Au final le niveau de fonds propres durs (Core Tier One) de la banque doit passer de 7,2% début 2013 à 10% début 2015, sans augmentation de capital. Toutes ces annonces plaisaient à la Bourse de Francfort, où Deutsche Bank prenait 2,28% à 32,57 euros vers 15h, en tête de l'indice Dax (+0,13% à la même heure).

(L'essentiel Online/AFP)