«Dieselgate»

27 septembre 2020 09:56; Act: 27.09.2020 09:58 Print

L'ex-​​patron d'Audi va comparaître pour fraude

L’ancien président du constructeur Audi sera mercredi le premier patron automobile allemand à être jugé pour fraude, cinq ans après la révélation du «Dieselgate».

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L’ancien patron d’Audi Rupert Stadler risque jusqu’à dix ans de prison. (photo: Keystone)

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L’ancien président du constructeur Audi, filiale de Volkswagen, sera mercredi le premier patron automobile allemand à être jugé pour fraude, cinq ans après la révélation du vaste scandale des moteurs diesel truqués. Rupert Stadler, 57 ans, devra répondre de «fraude», «émission de faux certificats» et «publicité mensongère», selon le chef d’accusation du parquet de Munich. Il comparaîtra aux côtés d’un ancien directeur d’Audi et de Porsche Wolfgang Hatz, et deux ingénieurs de la marque aux quatre anneaux. Ils risquent jusqu’à 10 ans de prison.

Jusqu’à présent, aucun responsable n’a été condamné en Allemagne dans le cadre de cette affaire planétaire qui a éclaté en 2015, quand le géant de l’automobile Volkswagen a reconnu avoir installé dans 11 millions de véhicules dans le monde des dispositifs les faisant apparaître moins polluants lors des tests en laboratoire qu’ils ne le sont en réalité. Face à l’intérêt médiatique, le tribunal de Munich a décidé de tenir le procès dans l’une de ses annexes située en banlieue de la capitale bavaroise, mais le nombre de places n’en sera pas moins restreint, en raison de restrictions liées à la pandémie du Covid-19, selon un de ses porte-parole.

Influencer des témoins

Entré chez Audi en 1990 et PDG à partir de 2007, Rupert Stadler avait déjà été en juin 2018 le premier dirigeant de l’automobile placé en détention provisoire dans ce dossier, car soupçonné par la justice de chercher à influencer des témoins ou d’autres suspects, avant d’être remis en liberté. Il avait été remplacé par le Néerlandais Bram Schot, un transfuge du rival Daimler arrivé chez VW en 2011. Le parquet le soupçonne d’avoir été au courant des manipulations vers la fin du mois de septembre 2015 «au plus tard» sans avoir pour autant empêché la vente de centaines de milliers de véhicules dotés du logiciel tricheur.

Ses trois co-prévenus sont eux accusés d’avoir développé les moteurs diesel équipés de ce système, installé dans des véhicules depuis 2009. Les accusations portent sur un total de 434’420 véhicules des marques Volkswagen, Audi et Porsche commercialisés principalement en Europe et aux États-Unis. Rupert Stadler a toujours rejeté les accusations, de même que Wolfgang Hatz. Son avocat a indiqué que ce dernier s’exprimerait «en détail» sur les charges pesant contre lui au cours de ce procès complexe devant durer jusqu’à la fin décembre 2022. Le chef d’accusation, qui sera lu en intégralité lors de la première audience, compte plus de 90 pages.

(L'essentiel/afp)