Aux États-Unis

13 janvier 2018 14:33; Act: 13.01.2018 14:50 Print

75 propriétés payées avec des bitcoin en 2017

L'embrasement du bitcoin a atteint le marché immobilier outre-Atlantique et permis aux investisseurs étrangers d'esquiver le contrôle des changes dans leur pays.

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De nombreux investisseurs étrangers choisissent de payer leur nouvelle propriété en bitcoin aux États-Unis. (photo: Twitter)

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Fin 2017, le bitcoin a été utilisé pour payer quelque 75 propriétés sur le sol américain - notamment dans le sud de la Floride et en Californie -, selon la société immobilière Redfin. «Bitcoin accepté»: cette précision se multiplie dans le descriptif des annonces de vente de logements à Miami et ses alentours. Un vendeur a même été plus loin en n'acceptant que cette crypto-devise pour son appartement proposé à 500 000 dollars. Cela malgré l'extrême volatilité de cette crypto-monnaie.

Elle a commencé l'année 2017 autour de 1 000 dollars et a frôlé les 20 000 dollars en fin d'année, après une flambée erratique à l'approche des fêtes. Elle cotait vendredi autour de 15 000 dollars. Son utilisation dans les transactions immobilières n'en est qu'à ses balbutiements et les acteurs du secteur se montrent sceptiques à cause de sa forte instabilité.

Contourner des restrictions

«Je serais épaté si, dans un an, nous constatons qu'il y a des centaines d'opérations immobilières en bitcoin», a commenté Jay Parker, patron pour la Floride du courtier en immobilier Douglas Elliman. Ces transactions peuvent toutefois être un dérivatif pour les étrangers incapables d'investir aux États-Unis de manière classique, a relevé Charles Evans, économiste spécialisé dans le bitcoin à l'université Barry en Floride.

L'évolution du secteur immobilier «semble être tirée par des investisseurs internationaux qui contournent des contrôles bancaires et monétaires inefficaces chez eux et par des amateurs de monnaies virtuelles aux États-Unis», a-t-il expliqué. Ainsi, lorsque des gouvernements limitent le montant des transferts, «le bitcoin permet aux personnes de contourner ces restrictions».

Les étrangers, avant même l'essor fulgurant du bitcoin, pesaient déjà lourd dans le marché immobilier du sud de la Floride. Près de la moitié de ces acheteurs sont originaires d'Amérique latine. Au cours des cinq dernières années, ils venaient en premier lieu du Venezuela, devant le Brésil et l'Argentine, selon l'Association nationale des biens immobiliers.

(L'essentiel/afp)