Industrie automobile en France

16 septembre 2020 10:21; Act: 16.09.2020 11:30 Print

Bridgestone va fermer son usine de Béthune

Le manufacturier japonais a pris la décision de fermer définitivement son usine de Béthune (Pas-de-Calais) qui emploie 863 personnes, à partir du «deuxième trimestre 2021».

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Le site de Béthune, ici en 2014. (photo: AFP/Denis Charlet)

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Le manufacturier japonais Bridgestone a décidé de fermer définitivement son usine de Béthune (Pas-de-Calais) qui emploie 863 personnes dans la fabrication de pneumatiques pour voitures, a appris l'AFP mercredi, auprès de la direction. Invoquant une surcapacité de production en Europe et la concurrence des marques asiatiques à bas coûts, le groupe assure vouloir limiter au maximum le nombre de licenciements grâce à des mesures de préretraite, de reclassement interne ou externe des salariés, et la recherche d'un repreneur pour le site.

«Ce n'est pas une décision que nous avons prise à la légère», a déclaré à l'AFP Laurent Dartoux, président et directeur général de Bridgestone Europe Afrique et Moyen-Orient. «Des problèmes de marché structurels nous amènent à prendre des mesures structurelles pour préserver la viabilité des opérations de l'entreprise», a-t-il expliqué. Cette annonce intervient près d'un an après la décision du concurrent français Michelin de fermer son usine de pneus de La Roche-sur-Yon (Vendée) qui employait 619 salariés et son site de Bamberg (858 salariés), dans le sud de l'Allemagne.

Fermeture prévue à partir du deuxième trimestre 2021

Le groupe Continental a par ailleurs annoncé mardi la fermeture de son usine de pneus à Aix-la-Chapelle (ouest de l'Allemagne) où 1 800 personnes sont employées. Dans un communiqué, Bridgestone a précisé avoir informé les salariés mercredi matin qu'il envisageait «la cessation totale et définitive de l'activité de l'usine de Béthune», lors d'une réunion extraordinaire du comité social et économique. La fermeture pourrait intervenir à partir du «deuxième trimestre 2021».

Bridgestone se dit «pleinement conscient des conséquences sociales d'un tel projet et s'engage à mettre en œuvre tous les moyens nécessaires pour définir un plan d'accompagnement adapté à chaque employé». Des reclassements pourraient notamment être envisagés dans les activités commerciales et de distribution du groupe qui emploient 3 500 personnes en France. Le manufacturier japonais, qui revendique le premier rang mondial sur le marché des pneumatiques, promet «un dialogue soutenu avec les représentants du personnel» et «un plan de revitalisation ambitieux pour l'emploi» dans la région.

Difficultés de longue date

L'usine de Béthune, qui produit des pneumatiques pour l'automobile sous les marques Bridgestone et Firestone, connaît des difficultés de longue date. Elle est «la moins performante» parmi la dizaine d'usines du groupe en Europe, affirme la direction. En une décennie, ses effectifs ont chuté de 40%, au même rythme que ses volumes de production (passés de 8,5 millions d'unités à 5,1 millions) dans un marché stable. Comme Michelin l'an dernier, Bridgestone invoque la concurrence de plus en plus forte des marques asiatiques à bas coûts, notamment chinoises. Il estime que leur part de marché est passée de 6% à 25% entre 2000 et 2018.

Cette situation contribue à comprimer les prix et les marges, mais aussi à créer des surcapacités. Le groupe japonais estime actuellement souffrir d'une «surcapacité structurelle» de production d'environ 5 à 6 millions de pneumatiques en Europe. La crise sanitaire n'a rien arrangé. Le marché automobile européen a chuté de près de 40% au premier semestre et devrait rester en baisse de 25% sur l'année 2020, frappé par les conséquences de la pandémie de Covid-19.

(L'essentiel/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Ce que Jean dit le 16.09.2020 12:34 Report dénoncer ce commentaire

    Si finalement ils ferment tous à tour de rôle, il n'y aura donc plus de "surcapacité de production en Europe" et celui qui sera resté ouvert se frottera les mains...

  • Merci la CGT le 16.09.2020 18:47 Report dénoncer ce commentaire

    Ce que les médias ne disent pas c'est que l'an dernier les syndicats ont multiplié les grèves, et qu'ensuite il y a eu un référendum sur un plan de performance de l'entreprise où il fallait accepter de travailler 2h30 de plus par jour tout en étant payé plus, pour augmenter la performance à effectif constant. Le résultat est 90% de participation et 62% de refus du plan. La député LREM de la circonscription a fait une communication qui expliqué clairement que cela allait conduire à la fermeture définitive de l'usine. Ce qui est arrivé. C'est exactement la meme chose qui s'est passé à Amiens.

  • Karl le 16.09.2020 20:37 Report dénoncer ce commentaire

    la france va encore pleurer nationamisé battez vous vraiment

Les derniers commentaires

  • Karl le 16.09.2020 20:37 Report dénoncer ce commentaire

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  • Merci la CGT le 16.09.2020 18:47 Report dénoncer ce commentaire

    Ce que les médias ne disent pas c'est que l'an dernier les syndicats ont multiplié les grèves, et qu'ensuite il y a eu un référendum sur un plan de performance de l'entreprise où il fallait accepter de travailler 2h30 de plus par jour tout en étant payé plus, pour augmenter la performance à effectif constant. Le résultat est 90% de participation et 62% de refus du plan. La député LREM de la circonscription a fait une communication qui expliqué clairement que cela allait conduire à la fermeture définitive de l'usine. Ce qui est arrivé. C'est exactement la meme chose qui s'est passé à Amiens.

    • @Merci la CGT le 18.09.2020 08:28 Report dénoncer ce commentaire

      2h30 par jour ? Après vérification c'est par semaine.

  • Ce que Jean dit le 16.09.2020 12:34 Report dénoncer ce commentaire

    Si finalement ils ferment tous à tour de rôle, il n'y aura donc plus de "surcapacité de production en Europe" et celui qui sera resté ouvert se frottera les mains...

    • Jingsa le 16.09.2020 13:47 Report dénoncer ce commentaire

      Parfait pour la planète , pas besoin de produire de l’inutile.