Luc Frieden à Davos
27 janvier 2012 17:07; Act: 27.01.2012 18:15 Print
«Nous avons besoin des banques»
De passage ce vendredi au Forum économique mondial de Davos, le ministre des Finances s'est exprimé sur l'avenir des établissements bancaires et sur la crise.
Plusieurs représentants européens participent à un débat sur l'avenir de la zone euro, le 27 janvier 2012 à Davos. (photo: AFP)
Les grandes banques sont toujours indispensables mais l'encadrement des établissements dits systémiques, dont la faillite mettrait en danger l'ensemble de l'économie, doit se poursuivre, ont estimé vendredi à Davos banquiers et régulateurs. «Je ne pense pas que l'on puisse faire fonctionner une économie mondiale sans les grands établissements financiers», a estimé le directeur général de la banque britannique Standard Chartered, Peter Sands, lors du Forum économique mondial (WEF).
«Cela ne se fera pas sans de grandes institutions financières sophistiquées», a souligné M. Sands, ajoutant: «que vous le veuillez ou non, les banques vont grandir». Le ministre luxembourgeois des Finances, Luc Frieden, a partiellement soutenu ce point de vue. «Je pense toujours que nous avons besoin de grandes banques», a-t-il dit, rappelant cependant qu'avant la crise financière de 2007-2008 ces établissements donnaient l'impression d'être plus sûrs et inspiraient plus de confiance.
Fonds propres et liquidités
Pour éviter de répéter le scénario de la crise financière, où l'effondrement en 2008 de la banque américaine Lehman Brothers a mené l'économie mondiale au bord du gouffre, les régulateurs internationaux ont édicté des normes très strictes pour les établissements dits systémiques, car leur faillite pourrait avoir de graves conséquences pour les autres secteurs économiques.
Les normes de Bâle III, qui doivent progressivement entrer en vigueur d'ici 2019, imposent notamment des fonds propres et des liquidités plus élevées aux banques. Ces exigences sont encore plus importantes pour les établissements systémiques. Ces mesures sont jugées trop sévères par certains banquiers, avertissant qu'elles pourraient nuire à la capacité des banques à prêter de l'argent.
Encadrer les banques
«Tout ce qui est fait par les autorités publiques ou les régulateurs (...) peut être critiqué (et) remis en question. Mais le constat est que nous n'avons pas le droit de retourner vers une fragilité du système bancaire», a averti l'ex-président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, qui a largement participé à mettre en place ces mesures. «La fragilité était telle que l'ensemble des institutions financières (...) pouvaient s'effondrer comme un château de cartes», a-t-il souligné, ajoutant que «personne ne nous pardonnerait de laisser le système aussi fragile qu'il l'était il y a trois ans».
Le président de l'Autorité britannique des services financiers (FSA), Adair Turner, a cependant prévenu qu'il ne fallait pas uniquement se focaliser sur les grandes banques, mais aussi encadrer les banques de l'ombre (shadow banking), des établissements échappant pour l'heure à toute régulation.
(L'essentiel Online/AFP)



















