Aux États-Unis

28 février 2021 11:08; Act: 28.02.2021 17:27 Print

Être une femme dans la finance, témoignages

Entre une carrière ralentie par la maternité et des opportunités inédites: les expériences des femmes dans la finance américaine sont uniques.

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Anna Zhou, Robin Prunty et Hermina Batson racontent leurs parcours. (photo: AFP)

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«J'ai eu de la chance, j'ai été promue et soutenue par mes pairs et supérieurs tout au long de ma carrière», reconnait d'emblée Hermina Batson, aussi appelée Nina. Mais être une femme afro-américaine dans la finance n'a «jamais été facile». Elle ne s'est pas sentie rejetée, mais s'est parfois trouvée dans des situations gênantes. «Il m'est arrivé plusieurs fois d'arriver dans des salles de réunion que je devais animer et avoir des clients ou des supérieurs me tendre leur manteau ou s'asseoir à mon siège.» Avec l'âge, elle a appris à leur tendre en retour son propre manteau.

Sa fascination dès le plus jeune âge pour les billets et le système bancaire avait poussé sa mère à l'emmener visiter l'antenne de la banque centrale américaine à New York, à six ans. Tout en poursuivant ses études, Mme Batson a commencé dès la sortie du lycée à travailler dans des banques, gravissant peu à peu les échelons jusqu'à passer 25 ans avec la banque japonaise MUFG et y devenir responsable au sein du département en charge des produits titrisés.

Disparités salariales

«Je suis actuellement en transition, mais j'ai très envie de rester dans le secteur de la finance», explique-t-elle. Elle prendra en juillet la tête de l'Association des femmes de la finance, une organisation créée en 1956 par huit femmes qui s'étaient vu refuser l'entrée dans un club masculin. La nomination de Jane Fraser à la tête de Citigroup est à ses yeux une bonne nouvelle. Elle loue aussi les nouvelles règles ayant poussé les établissements financiers à se pencher sur la question de la diversité et à être plus transparents sur le sujet. Mais «on n'y est pas encore», dit-elle en regrettant notamment les disparités salariales.

Sélectionnée dans l'équipe d'escrime de la prestigieuse université Yale en 2016, Anna Zhou, 22 ans, n'avait pas vraiment d'idée précise sur son avenir à la sortie du lycée. Jusqu'à ce qu'elle rencontre l'organisation Girls Who Invest (GWI), qui cherche à promouvoir les femmes dans les métiers de la gestion de portefeuilles. Entre deux années universitaires, elle a pu suivre une formation intensive à la finance puis des stages d'été dans la société d'investissements Wellington Management, basée à Boston.

Le secteur peut encore s'améliorer

Plusieurs femmes, à divers échelons de l'entreprise, l'ont épaulée. Ce soutien et la diversité des employés l'ont incitée à y accepter un emploi à la fin de ses études. Il y a certainement «une marge de progression» pour améliorer la diversité dans la finance mais la situation évolue, estime Mme Zhou. Depuis sa première année universitaire, elle a «vu s'ouvrir plus de portes vers la finance grâce en partie à des organisations comme GWI», assure-t-elle. «J'ai pu constater l'importance pour les femmes du secteur d'avoir un solide réseau et je promeus désormais cette idée autour de moi.»

Chez Wellington, elle profite d'un programme mettant formellement en relation des responsables, hommes ou femmes, avec des employés plus jeunes. «Avant même que ce soit populaire, S&P m'a donné l'opportunité de travailler à temps partiel quand j'ai commencé à avoir des enfants», explique Robin Prunty, 57 ans et depuis 1987 à l'agence de notation S&P Global Ratings. À l'époque, en 1993, «beaucoup de femmes devenant mères quittaient l'entreprise.»

«Si on regarde les conseils d'administration, les directions, le secteur de la finance peut encore s'améliorer». Mais le fait d'avoir de plus en plus d'études démontrant l'avantage d'avoir une réelle diversité à tous les niveaux de l'entreprise, aide, selon elle, à faire avancer la situation.

(L'essentiel/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Discriminations Positives. le 28.02.2021 11:14 Report dénoncer ce commentaire

    Les Néo-Féministes sont de sorties, prête pour le 8 mars date de leur grand-messe.

  • lol le 01.03.2021 07:54 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    @juste j’en ai vu aussi je ne suis pas féministe extrême . Ce poste je l’ai parce que compétente j’en ai abandonné d’autres car c’était la mode de prendre des femmes, peut importe les compétences ...

  • johnny le 01.03.2021 09:25 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Votre commentaire apparaît. Ouvrez les yeux.

Les derniers commentaires

  • johnny le 01.03.2021 09:25 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Votre commentaire apparaît. Ouvrez les yeux.

    • Jeanne le 01.03.2021 11:48 Report dénoncer ce commentaire

      A qui vous parlez ?

  • lol le 01.03.2021 07:54 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    @juste j’en ai vu aussi je ne suis pas féministe extrême . Ce poste je l’ai parce que compétente j’en ai abandonné d’autres car c’était la mode de prendre des femmes, peut importe les compétences ...

    • Lollipop le 01.03.2021 11:49 Report dénoncer ce commentaire

      Hein ?

  • serieux le 28.02.2021 21:48 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    pourquoi pas vous ? pourquoi est-ce toujours à la femme de renoncer à sa carrière ?

    • @serieux le 01.03.2021 10:39 Report dénoncer ce commentaire

      Parce que ce sont elles qui choisissent. Généralement, les hommes, on ne leur demande pas leut avis, ils doivent respecter les choix de leur dame. A votre avis, si le mari et la femme ont tous les deux envie de s'ccuper des gosses plutot que de travailler, qui aura le dernier mot?

  • Juste le 28.02.2021 19:46 Report dénoncer ce commentaire

    C est rigolo l essentiel mais vous écartez les commentaires type promotion canapé ? Pourquoi donc ? Ce n est pas beau pour un journal qui devrait être impartial d orienter les débats

  • lol le 28.02.2021 13:17 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Ayant été écartée de mon emploie de directeur au retour de mon congé maternité oui je confirme être une femme dans le merveilleux monde de la finance est assez compliqué

    • @lol le 28.02.2021 16:19 Report dénoncer ce commentaire

      C'est sur ce genre de chose que l'on doit agir, avec une obligation de retrouver son poste à son retour. Je ne suis pas pour la discrimination positive au détriment du mérite, comme certaines le souhaite alors qu'elles sont en général pas les premières à mériter une promotion, mais pour qu'il y ait un juste équilibre, et qu'une maternité ne peut être la raison d'un rétrogradage professionnel. Je suis vraiment désolé pour ce qu'il vous est arrivé.

    • Juste le 28.02.2021 17:49 Report dénoncer ce commentaire

      @lol. Clair que ce n est pas juste ce qu il vous est arrivé et c est une forme de discrimination. Mais moi je suis un homme et ma « concurrente «  a eu le poste via promotion canapé. Ça aussi c est une discrimination non ? Mais contre les hommes cette fois.

    • Amandine le 01.03.2021 10:35 Report dénoncer ce commentaire

      @Juste Si vous étiez une femme, cela n'aurait rien changé dans cette situation (qu'une autre femme obtienne le poste via la promotion canapé). Je compatis, mais votre exemple n'illustre en rien la discrimination envers les hommes.

    • Pierre le 01.03.2021 13:00 Report dénoncer ce commentaire

      Situation tout à fait normale. Malheureusement, de nos jours, les gens veulent tout !