Agriculture

12 janvier 2019 12:31; Act: 12.01.2019 12:39 Print

La truffe noire française menacée par l'espagnole

La filière de la truffe noire, champignon symbole de la gastronomie française, est de plus en plus mise sous pression par une rude concurrence venue d'Espagne.

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Une femme sent des Tuberum Melanosporum, la truffe noire du Périgord. (photo: AFP/Serge Pagano)

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Le coup de sifflet, strident, retentit à 14h30 précises lançant les transactions sur le marché aux truffes noires de Lalbenque (Lot). Mais cette filière française est de plus en plus mise sous pression par une rude concurrence venue d'Espagne. Mardi, jour du marché de gros de la truffe noire d'hiver dans ce village du Lot, le principal marché du sud-ouest, particuliers, courtiers et restaurateurs se pressent devant les paniers d'une cinquantaine de trufficulteurs.

Certains ont déjà fait leur choix, bien avant l'ouverture officielle des transactions. Et en quelques dizaines de minutes, environ 52 kilos de tuber melanosporum, la truffe noire du Périgord, changeront de mains, au prix moyen de 550 euros le kilo. Lors de la dernière campagne nationale, entre décembre 2017 et mars 2018, quelque 30 tonnes de truffes noires, un champignon symbole de la gastronomie française enfoui au pied d'arbres truffiers, ont été récoltées par quelque 20 000 trufficulteurs français.

«Ils ont rattrapé 200 ans d'histoire»

Mais chez le voisin espagnol, la récolte du précieux «diamant noir» s'est élevée à 45 tonnes, selon les chiffres de la Fédération française des trufficulteurs (FFT). Depuis 3 ans, la production outre-Pyrénées dépasse celle de la France, selon des statistiques transmises à l'AFP par la FFT. Des statistiques qui inquiètent son président, Michel Tournayre. «Chaque fois qu'on perd en tonnage, on perd des parts de marché», assure-t-il. Même constat sur le marché de Lalbenque: «La truffe espagnole représente un manque à gagner pour moi. Ce que vendent les Espagnols, moi je ne le vends pas», confie Bernard Lecou, artisan à la retraite et dans la trufficulture depuis une quinzaine d'années. Avec les Espagnols, «il y a une pression» sur les marchés, reconnaît un collègue, qui préfère rester anonyme. «Les Espagnols produisent beaucoup, ajoute-t-il, mais ne consomment pas». «Ils n'ont pas de tradition culinaire autour de la truffe», confirme Michel Tournayre. «Alors ils exportent beaucoup», notamment en France où se consomment environ 80 T par an.

Lors de la dernière Assemblée générale de la Fédération qu'il préside, Michel Tournayre tirait la sonnette d'alarme: «Il ne faudrait pas que le manque de production (en France) nous oblige à vendre des truffes d'autres pays dans nos dizaines de manifestations» à travers tout l'Hexagone. Contrairement à la France, la trufficulture espagnole est très récente. Pour se développer, elle a bénéficié d'aides exceptionnelles du «gouvernement, des régions, de l'Europe», affirme Michel Santinelli, président de la Fédération régionale Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA).«Ils ont de grands espaces et ils ont bénéficié d'aides pour la plantation, pour des forages» destinés à assurer l'irrigation des sols, explique Alain Ambialet, coprésident de la Fédération des trufficulteurs d'Occitanie. «Ils ont ainsi rattrapé 200 ans d'histoire», analyse M. Tournayre, qui milite pour une professionnalisation des trufficulteurs mais aussi pour un soutien au développement de la production française.

(L'essentiel/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Nico57 le 12.01.2019 16:16 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    La concurrence des prix n’a fait qu’une chose dans la vie augmenter la pollution et destruction de la nature et baisse de qualité au détriment de la quantité alors encore une mauvaise nouvelle de plus

  • Fairytale le 12.01.2019 14:06 Report dénoncer ce commentaire

    Cette concurrence va peut-être rendre les prix plus accessibles au commun des mortels

  • ElResidente le 12.01.2019 16:18 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    L'offre, la demande, la concurrence etc... D'après les premiers retours la truffe espagnole est indiscernable au gout de la française (pour la tuber melanosporum, la seule qui vaille le coup), sale temps pour les producteurs français mais bingo pour les consommateurs exclus de ce délice par son prix prohibitif lié à une production limitée.

Les derniers commentaires

  • joseph le 14.01.2019 12:10 Report dénoncer ce commentaire

    Il faut qui les pris d alimentacion sont en accord avec les salaires des persones .. si 1 kg de ris est 1 euros pour les avec le salaire minimun pour les autre dout aumenter proporcionalement ansi comme la sante l educacion les transport l essence etc...

  • Mode le 13.01.2019 12:03 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Cet engouement pour la truffe, noire ou blanche, est une mode dont je doute fort de la longévité. J'ai eu l'occasion à plusieurs reprises de goûter des plats agrémentés de truffe, c'était pas mal, mais de là à en devenir dingue, non pas du tout. Je comprends par exemple la folie suscitée par la vanille qui a un pouvoir aromatique cent fois supérieur, ou le safran aussi, bien plus qu'un épice, à la fois délicat et puissant, dont je suggèrerais fortement à ceux qui le peuvent d'investir massivement.

  • Zen le 12.01.2019 22:13 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Moi perso, la truffe blanche c mon petit plaisir...

  • ElResidente le 12.01.2019 16:18 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    L'offre, la demande, la concurrence etc... D'après les premiers retours la truffe espagnole est indiscernable au gout de la française (pour la tuber melanosporum, la seule qui vaille le coup), sale temps pour les producteurs français mais bingo pour les consommateurs exclus de ce délice par son prix prohibitif lié à une production limitée.

  • Nico57 le 12.01.2019 16:16 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    La concurrence des prix n’a fait qu’une chose dans la vie augmenter la pollution et destruction de la nature et baisse de qualité au détriment de la quantité alors encore une mauvaise nouvelle de plus