Au Venezuela

07 février 2018 11:49; Act: 07.02.2018 15:29 Print

Des sacs à main réalisés avec des billets de banque

Au Venezuela, les billets de banque qui ne valent plus rien sont recyclés par des artisans. Ce qui en dit long sur la situation économique du pays.

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Des artisans confectionnent des sacs à main faits de 800 billets tressés, dont la valeur totale ne permettrait d'acheter qu'un demi-kilo de riz. (photo: AFP)

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Wilmer a commencé en fabriquant des petits bateaux avec des bolivars vénézuéliens trouvés dans la rue. À présent, il confectionne des sacs à main faits de 800 billets tressés dont la valeur totale ne permettrait d'acheter qu'un demi-kilo de riz. À 25 ans, ce père de trois enfants, dont le quatrième est en route, a décidé de se consacrer à cette forme d'artisanat, avec pour matière première une monnaie dont plus personne ne veut, tant elle se dévalue à vue d’œil.

Dernier exemple en date, une plongée de 86,6% en cinq mois face à l'euro, révélée lundi par une vente aux enchères de devises organisée par la Banque centrale. La monnaie européenne s'échangeait lundi 30 987,5 bolivars, contre 4 146,13 unités en août, dernier taux connu au Venezuela, pays où les indicateurs officiels font cruellement défaut. «Les gens les jettent (les billets de faible valeur) car ils ne permettent plus d'acheter quoi que ce soit, plus personne ne les accepte», explique à l'AFP Wilmer Rojas, à la sortie d'une station du métro de Caracas, où il vend du café et des cigarettes et tue le temps en tressant des billets. Il espère vendre un jour ses créations pour augmenter ses revenus.

Inflation galopante

Avec ce petit sac, fait de 400 billets de 2, 5, 10 et 20 bolivars, «on n'achète même pas un bonbon», déplore ce jeune homme à la peau mate. Les nouveaux billets de banque introduits il y a un an, d'une valeur allant de 1 000 à 100 000 bolivars, ont été rattrapés par une inflation galopante, évalué à 2 600% en 2017, selon le Parlement contrôlé par l'opposition, et à 13 000% cette année, estime le Fonds monétaire international (FMI).

Au marché noir, considéré comme le taux de référence, le dollar s'échangeait mardi à 233 531 bolivars, selon le site dolartoday.com. «Là, il y a 50 "bolos" (50 000 bolivars) qui permettent d'acheter un paquet de cigarettes, tout au plus», dit Wilmer, à propos des billets utilisés pour confectionner une couronne, comme celles des reines de beauté. «Ces pièces d'artisanat, on peut les faire avec du papier journal ou des magazines, mais avec des billets c'est plus pratique car ils n'ont plus de valeur et ils ont tous la même taille, tu ne perds pas de temps à les découper».

Le manque criant de liquidité, véritable casse-tête pour les Vénézuéliens, affecte aussi sa petite affaire, où les passants lui achètent café et cigarettes en argent liquide. Le fait que la monnaie vénézuélienne soit utilisée «pour jouer», et non pas comme moyen de paiement, en dit long sur la perte de sa valeur, juge l'économiste Tamara Herrera.

(L'essentiel/AFP)

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