En Irak

06 novembre 2017 08:28; Act: 06.11.2017 08:33 Print

L'art du tapis menacé par la production en série

Les tapis traditionnels irakiens font face à la concurrence des tapis industriels importés, moins chers et de moins bonne qualité.

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À l'ombre de la mosquée de l'imam Hamza, dans la région de l'antique Babylone, le marché des tapis, autrefois bourdonnant, semble assoupi. Le seul visiteur que Hamad al-Soltani reçoit aujourd'hui dans son échoppe du centre de l'Irak est un chef de tribu. Pour rien au monde, le cheikh Hazem al-Hiyali --foulard bédouin sur la tête, burnous noir sur les épaules et une étole verte autour du cou-- ne remplacerait les tapis traditionnels sur lesquels il fait asseoir ses hôtes par des tapis importés.

Ces derniers, qui ont inondé le pays depuis quelques années, sont certes bien moins chers que ceux tissés en Irak, mais aussi de bien moins bonne facture, souligne-t-il. Le cheikh al-Hiyali ajoute ne pas pouvoir imaginer une seconde son «diwan», ce salon traditionnel au Moyen-Orient, sans les longs tapis rectangulaires ornés de motifs géométriques, qu'ils soient multicolores ou tissés de laine non teintée dans un dégradé de beiges et de marrons.

«Mères et grand-mères»

«C'est à la beauté de ses tapis qu'on peut juger un salon», affirme-t-il à l'AFP en faisant glisser ses mains ornées d'imposantes bagues serties de pierres précieuses sur les tapis qui recouvrent les murs et le sol de l'échoppe. «Nos mères et nos grand-mères tissaient à la maison» ces tapis tout en longueur, posés à même le sol ou accrochés aux murs pour former une assemblée assise en forme de U autour des hôtes, se rappelle l'homme à la barbe poivre et sel. Des pièces qui aujourd'hui ne se vendent quasiment plus, ou alors comme objet de décoration.

«Avant, des étrangers venaient nous passer des commandes», se rappelle un homme en djellaba beige, le visage buriné, dans sa petite maison donnant sur une rue en terre battue. Des Saoudiens, des Koweïtiens et des Européens venaient ici acheter des tapis, racontent en écho les vendeurs sur le marché. «Avant», c'était avant l'invasion des troupes américaines en 2003.

Aujourd'hui, ces merveilles du patrimoine irakiens sont désertées par les touristes, effrayés par des années d'instabilité et de conflit. «Maintenant, il n'y a plus que des Irakiens», se lamente M. Saheb qui toute sa vie a brodé des motifs hérités des différentes civilisations qui se sont succédé dans la région.

(L'essentiel/AFP)

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Les commentaires les plus populaires

  • fabilux le 06.11.2017 09:15 Report dénoncer ce commentaire

    il est certain que rien ne vaut l'artisanat . Les tapis industriels sont nuls par rapport à ceux fait main selon les traditions mais le prix va avec!! ce qui est bien normal .

Les derniers commentaires

  • fabilux le 06.11.2017 09:15 Report dénoncer ce commentaire

    il est certain que rien ne vaut l'artisanat . Les tapis industriels sont nuls par rapport à ceux fait main selon les traditions mais le prix va avec!! ce qui est bien normal .