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16 décembre 2017 18:26; Act: 16.12.2017 18:33 Print

«On laisse de grosses entreprises dicter» le futur

Le géant américain de l'agrochimie Monsanto a de grandes ambitions pour sa nouvelle semence, appelée dicamba.

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En créant de nouvelles semences de soja et de coton génétiquement modifiées pour résister à un herbicide controversé, le groupe américain Monsanto a ravivé les craintes d'une mainmise encore plus importante sur ces marchés. Or le secteur ne cesse de se concentrer.

Le géant de l'agrochimie a développé ces graines pour permettre aux fermiers d'épandre abondamment sur leurs champs du dicamba, un produit chimique cousin du glyphosate et particulièrement efficace contre certaines mauvaises herbes, même quand le soja ou le coton est déjà sorti de terre.

Le succès a été immédiat. Dès leur deuxième année de commercialisation en 2017, les semences étaient utilisées sur plus de 20% des champs de soja aux États-Unis et environ la moitié des champs de coton.

Dans sa volonté d'inonder le marché, la multinationale a gagné une bataille dans l'Arkansas, au sud des États-Unis. Les législateurs de l'État ont en effet décidé de ne pas suivre les recommandations d'une agence qui préconisait de limiter drastiquement l'utilisation de ce produit.

Les nouvelles versions du dicamba commercialisées par Monsanto, BASF et DowDupont auraient en effet tendance à s'éparpiller involontairement dans le champ des voisins. Certains agriculteurs ont du coup acheté les nouvelles semences de Monsanto juste pour se protéger de l'herbicide.

Pas le choix

Le géant de l'agrochimie «mène depuis déjà un certain temps une stratégie visant à contrôler le marché des semences biotech», estime Kyle Stiegert, économiste spécialisé en agriculture à l'université du Wisconsin. «Avec le dicamba, c'est une nouvelle étape dans cette direction.»

L'entreprise, explique-t-il, a comme ses principaux concurrents multiplié au cours des vingt dernières années les acquisitions de plus petits fabricants de semences. Monsanto est lui-même en train de fusionner avec son concurrent allemand Bayer et les deux groupes contrôlent notamment environ 60% du marché des semences de coton aux États-Unis.

«Ils peuvent maintenant décider dans quelles variétés ils incluent telle ou telle technologie. Et les agriculteurs n'ont pas vraiment le choix», remarque l'économiste. «On laisse de grosses entreprises dicter ce qui sera in fine disponible dans la chaîne alimentaire, c'est un vrai problème», estime-t-il.

Les agriculteurs ne sont forcés à rien, «il existe d'autres fabricants de semence», rétorque Scott Partridge, responsable de la stratégie mondiale chez Monsanto. Leur nouvelle technologie est simplement meilleure et les éventuels problèmes d'éparpillement du dicamba dans les champs voisins vont se régler au fur et à mesure que les agriculteurs maîtriseront mieux les produits, assure-t-il.

Nouveau Roundup

Monsanto a de grandes ambitions pour ses nouvelles semences. En 2019, anticipe le groupe, elles seront utilisées sur plus de la moitié des champs de soja aux États-Unis. Pour inciter à leur adoption, d'importants rabais sont offerts.

Pour Marcia Ishii-Eiteman, du Réseau d'action contre les pesticides, Monsanto tente surtout de sauver les meubles après les problèmes rencontrés par son produit-phare, le Roundup, dont l'ingrédient actif est le fameux glyphosate. Son usage a explosé dans le monde dans les années 90 quand la firme américaine s'est mise à vendre des semences génétiquement modifiées pour résister à son action.

Mais les mauvaises herbes y deviennent de plus en plus résistantes et le glyphosate a été qualifié de «cancérogène probable» par un organe de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). L'Union européenne (UE) envisage de l'interdire dans quelques années.

«Plutôt que de faire amende honorable, Monsanto répète les mêmes erreurs, se lançant dans une course contre la montre avec des concurrents comme Dow AgroScience pour introduire de nouvelles lignes de semences transgéniques résistantes à encore plus d'herbicides», déplore Marcia Ishii-Eiteman.

(L'essentiel/nxp/ats)

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Les commentaires les plus populaires

  • Incompréhensible cet "étonnement"... le 16.12.2017 19:18 Report dénoncer ce commentaire

    C'est maintenant que vous remarquez cela??? Cela fait 30 ans ou plus que Monsanto et autres, nous empoisonnent. Idem les pharmaceutiques, les agro-alimentaires, les Mac Do et consors... Vous êtes en retard d'un guerre sur ce coup. Pas vrai cela, quelle crédulité??? Réveillez vous bon sang!

  • Fulgure le 16.12.2017 19:50 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Là révolution c’est la seule solution !

  • raphaelmisfeil le 16.12.2017 19:23 Report dénoncer ce commentaire

    c'est honteux, et l'union européenne est aux ordres !

Les derniers commentaires

  • HarleyGirl le 16.12.2017 21:43 Report dénoncer ce commentaire

    Évidemment, ils n'allaient pas attendre l'interdiction totale du glyphosate pour riposter ! Ils vont pouvoir vendre leur nouveau poison pendant des années avant que les gouvernements ne se réveillent sous le poids de l'opinion publique, des assassins qui tuent en toute légalité !

  • De pire en pire ce monde. le 16.12.2017 21:06 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Comme çà il y aura plus de maladies, malformations de nouveau-nés, de cancers etc...et eux seront toujours plus puissants, plus riches et malintentionnés.

  • Sarkostique le 16.12.2017 20:06 Report dénoncer ce commentaire

    Histoire d'exterminer 2/3 de la population...

  • Fulgure le 16.12.2017 19:50 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Là révolution c’est la seule solution !

  • raphaelmisfeil le 16.12.2017 19:23 Report dénoncer ce commentaire

    c'est honteux, et l'union européenne est aux ordres !