Résultats 2014

26 février 2015 09:00; Act: 26.02.2015 17:28 Print

Restructuration drastique chez RBS

Royal Bank of Scotland (RBS) a annoncé jeudi une nouvelle restructuration drastique de son activité internationale qui va conduire à une concentration de ses opérations au Royaume-Uni.

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La banque a déjà supprimé plus de 30 000 emplois depuis son sauvetage en 2008. (AFP)

op Däitsch
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En 2014, la banque, propriété de l'Etat britannique à environ 80% depuis son sauvetage à coup de milliards de livres durant la crise financière, a subi une perte nette de 3,470 milliards de livres (4,73 milliards d'euros). C'est bien moins que la perte colossale de 9 milliards de livres enregistrée en 2013, et, après plusieurs années de restructurations, le groupe est parvenu à dégager du profit opérationnel à hauteur de 3,5 milliards de livres contre une perte d'exploitation de 7,5 milliards en 2013. Mais en 2014, RBS a dû encore enregistrer une dépréciation de 4 milliards de livres liée à la cession de sa filiale américaine Citizens, dont il a déjà placé 25% en Bourse l'an passé et prévoit la cession du reste cette année. Il a aussi subi des charges de 2,2 milliards de livres en amendes, redressements et indemnisations diverses, dont 320 millions au quatrième trimestre pour sa participation à des manipulations sur le marché des changes. Après avoir cumulé presque 50 milliards de livres de pertes nettes depuis la crise financière internationale, le groupe va donc continuer sa cure d'amaigrissement afin de se recentrer encore davantage sur le marché britannique.

«Cette stratégie va fournir le socle pour faire de RBS un investissement attractif, une entreprise formidable pour y travailler et une banque focalisée sur le Royaume-Uni qui pourra en être fier», a assuré le directeur général du groupe, le Néo-Zélandais Ross McEwan. Parmi les mesures dévoilées jeudi, RBS va céder un portefeuille de prêts aux États-Unis à la banque japonaise Mizuho Financial Group pour 3 milliards de dollars. RBS va surtout fortement réduire son activité internationale de banque d'investissement. Active dans 38 pays à la fin 2014, cette activité ne concernera bientôt plus que 13 nations. «Nous prévoyons de nous retirer complètement d'Europe centrale et orientale, du Moyen-Orient et d'Afrique, et de réduire significativement notre présence en Asie-Pacifique et aux Etats-Unis», a expliqué M. McEwan dans un communiqué.

Bonus scandaleux

Le syndicat britannique Unite a immédiatement fait part de sa «forte inquiétude» vis-à-vis des conséquences sociales de ces annonces pour les employés de la banque au Royaume-Uni. «Les annonces d'aujourd'hui ne vont pas anéantir les riches courtiers ni les inquiéter sur leur capacité à rembourser leur prêt immobilier. C'est l'employé de base, qui gagne 20 000 livres par an (27 000 euros) qui se retrouve désormais dans l'incertitude», a dénoncé Rob MacGregor, responsable syndical chez RBS. Il a rappelé que la banque avait déjà supprimé plus de 30 000 emplois depuis son sauvetage en 2008. Depuis, la politique de la banque est fortement suivie, voire inspirée, par le gouvernement qui a salué les annonces de jeudi. «Comme les résultats d'aujourd'hui le montrent, RBS a accompli d'importants progrès en appliquant la stratégie sur laquelle le gouvernement, le conseil d'administration et la direction exécutive se sont mis d'accord: restructurer la banque d'investissement et les activités internationales et se concentrer sur le soutien aux consommateurs britanniques et à l'économie réelle du Royaume-Uni», a souligné le ministre des Finances, George Osborne, dans une lettre adressée à son prochain président, Howard Davies.

M. Davies remplacera à partir du 31 août Philip Hampton, qui part chez le géant pharmaceutique GSK. M. Davies est doté d'une solide expérience dans le secteur financier: il a présidé une de ses autorités de régulation, a été gouverneur adjoint de la Banque d'Angleterre et directeur général de la principale organisation patronale du pays. En plein contexte pré-électoral au Royaume-Uni, le gouvernement du Premier ministre conservateur David Cameron est aussi très attentif aux rémunérations versées aux dirigeants de cette banque nationalisée. L'an passé, la banque a réduit de 21% le montant des bonus versés à ses cadres, à 421 millions de livres au total, mais M. McEwan a été contraint de reconnaître que l'opinion publique avait «raison» de trouver cette somme encore scandaleuse, dans une interview à BBC Radio 4. M. McEwan a renoncé personnellement à un complément de salaire d'un million de livres.

(L'essentiel/AFP)