Aide financière

11 juin 2018 09:16; Act: 11.06.2018 13:21 Print

Trois pays pour sauver la Jordanie de la faillite

L'Arabie, le Koweït et les Émirats arabes unis sont venus dimanche, à la rescousse financière de la Jordanie en lui prêtant 2,5 milliards de dollars.

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Le roi Abdallah de Jordanie et son fils lors de leur pélerinage à La Mecque, où se tenait également la réunion financière.

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L'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Koweït ont accordé une aide de 2,5 milliards de dollars (2,1 milliards d'euros) à la Jordanie, qui traverse une grave crise économique et sociale, a annoncé lundi, l'agence de presse saoudienne. «À la lumière des liens fraternels étroits, il a été acté que les trois pays fourniront une aide économique à la Jordanie d'un montant total de 2,5 milliards de dollars», a indiqué l'agence SPA.

L'enveloppe, annoncée à l'occasion du sommet des quatre pays dans la ville sainte de La Mecque, comprend un acompte versé à la banque centrale de Jordanie, une garantie de la Banque mondiale, un soutien budgétaire sur cinq ans et le financement de projets de développement, selon l'agence. La rencontre s'est déroulée à l'invitation du roi d'Arabie Salmane et en présence du roi Abdallah II de Jordanie et des dirigeants des Émirats et du Koweit.

La Jordanie, engagée auprès du Fonds monétaire international (FMI) à mener des réformes structurelles en échange d'un prêt de plusieurs centaines de millions d'euros, vient d'être secouée pendant une semaine par d'importantes manifestations contre des hausses de prix à répétition et un projet de loi fiscale.

Le mouvement de protestation populaire a conduit à la démission du Premier ministre. Pour calmer la rue, son successeur, qui doit encore former un gouvernement, a décidé de retirer le projet de loi controversé. L'économie jordanienne traverse une période difficile, 18,5% de la population est au chômage, et 20% vit à la limite du seuil de pauvreté.

Une classe moyenne excédée

Après une semaine de manifestations, les autorités jordaniennes ont dû reculer sur un projet de loi fiscale décrié. Selon les analystes, les Jordaniens, toutes classes sociales confondues, sont épuisés par des hausses de prix à répétition. Depuis janvier, le prix du pain a augmenté de 100%, le carburant a été majoré à cinq reprises et les factures d'électricité ont augmenté de 55% depuis février. Médecins, avocats ou entrepreneurs, en Jordanie, c'est aussi une classe moyenne excédée qui a été au cœur des récentes manifestations contre la vie chère.

Durant une semaine, ils ont été plusieurs milliers à battre le pavé une fois la nuit tombée, réclamant en priorité le retrait du projet de loi sur l'impôt sur le revenu. «Dans d'autres pays, des mouvements de contestation comme celui-ci peuvent sembler banals, mais en Jordanie s'opposer publiquement au pouvoir relève de l'acte de bravoure», affirme Rahmé Jaafar, qui n'a pas raté une seule manifestation.

(L'essentiel/afp)