Règles européennes

29 novembre 2017 13:40; Act: 29.11.2017 17:59 Print

Un bouleversement attend le secteur bancaire

Banques et start-up financières s'affrontent à propos d'une directive européenne cruciale pour le monde bancaire qui craint de devoir partager l'accès aux données de ses clients.

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Un compromis a dû être trouvé entre fintech et banques traditionnelles.

Sur ce sujet

La Commission européenne a présenté lundi les «normes techniques» qui régiront l'application de sa «directive révisée des services de paiement», alias DSP2, censée prendre effet début 2018. Derrière cet intitulé à rallonge, c'est un bouleversement potentiel qui attend le secteur bancaire. «Les banques vont bientôt perdre le monopole qu'elles détiennent sur les données de paiement de leurs clients», expliquait vendredi Benoît Coeuré, membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE), lors d'une conférence à Paris.

L'enjeu est crucial pour les «fintech», ces start-up qui numérisent et veulent réinventer la banque. Parmi les premiers concernés figurent les agrégateurs, comme Bankin' ou Linxo, qui proposent une seule interface pour gérer des comptes domiciliés chez plusieurs banques. D'autres, comme Lydia, surfent sur le paiement mobile. Les fintech pourraient «chasser les banques hors d'une vaste gamme de services financiers», prévenait M. Coeuré, y voyant des «implications pour la stabilité financière» et promettant toute l'attention des autorités de supervision comme la BCE.

Technique du «web scraping»

Chez les banques traditionnelles, certains estiment que la Commission européenne est allée vite en besogne avec l'adoption fin 2015 de cette directive. Un banquier français ironisait ainsi, fin octobre, jugeant que Bruxelles aurait été plus timorée si le piratage massif comme celui de l'agence américaine de crédit Equifax - 145 millions de clients touchés - s'était produit quelques années plus tôt. Chez les fintech, à l'inverse, on craint que les banques se soient trop bien fait entendre des régulateurs au cours du long processus de raffinage de la directive entre son adoption et son entrée en vigueur.

Un sujet, notamment, oppose frontalement les deux camps: le «web scraping». C'est sur cette technique, qui consiste à aller chercher les informations directement sur la banque en ligne via les identifiants du client, que repose actuellement le modèle de nombreuses start-up. En juin, l'Autorité bancaire européenne, régulateur du secteur pour l'Union européenne (UE), s'était prononcée pour une interdiction de cette technique, présentée comme trop peu sécurisée par les banques.

À l'époque, le milieu des fintech avait clairement accusé l'autorité de n'être qu'une courroie de transmission des lobbies bancaires. Finalement, Bruxelles s'est bien prononcée pour que les jeunes pousses soient forcées de passer par une interface de programmation contrôlée par la banque si celle-ci en fait le choix. Les établissements traditionnels devront mettre en place ces interfaces - dites API - d'ici septembre 2019. Mais les fintech, qui redoutent que les banques ne jouent pas le jeu et proposent des interfaces peu performantes, ont obtenu gain de cause sur un élément crucial: si une API n'est pas viable, la startup pourra en dernier recours revenir vers le «web scraping». Résultat: des réactions satisfaites des deux côtés.

(L'essentiel/AFP)

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Les commentaires les plus populaires

  • Charles-Hubert, ancien banquier... le 29.11.2017 14:49 Report dénoncer ce commentaire

    Pas question, plutôt crever. Alors je prend un compte à la Poste j'y fais verser ma pension, je la prélève toute en cash et j'achète de l'or physique avec mes économies.Merde à la fin.On n'a plus aucune liberté...tout cela à cause de ce terrorisme qui a été voulu et calculé selon moi.On nous berne depuis le 11 septembre 2011.Faut pas être très malin pour le voir. Vais-je être publié, j'en doute.

  • On est sérieux en UE? le 29.11.2017 14:49 Report dénoncer ce commentaire

    Donc en gros filer des données privées et personnelles à des "start-up" qui pourront gérer nos comptes bancaires pour nous? Et personne ne voit le problème venir gros comme une maison? Vous donneriez les clef de votre voiture à un garagiste virtuel sans établissement ni pignon sur rue?

  • Ant le 29.11.2017 15:12 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Je partage les idées de Charles Hubert ont nous impose tout et rien pourquoi les banques tu places de l’argent tu paies tu retires ton propre argent tu paies tu règles cash tu es suspect c’est quoi ce monde plus libre de rien si payer payer toujours payer

Les derniers commentaires

  • L'argonaute le 30.11.2017 13:57 Report dénoncer ce commentaire

    D'un autre coté... lorsque l'on a rien à se reprocher! on s'en moque un peu...

  • No comment le 30.11.2017 03:05 Report dénoncer ce commentaire

    Le cours du bitcoin a été multiplié par 10 en 1 an. Ceci explique cela.

  • Rabolski le 29.11.2017 21:23 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Forcément ça leu permettra de suivre les flux d'argent, beaucoup plus facile que d'essayer de suivre de l'argent liquide...

  • HarleyGirl le 29.11.2017 19:18 Report dénoncer ce commentaire

    Nos grands-parents n'avaient pas tous ces problèmes, ils recevaient leur salaire dans une enveloppe, ils dépensaient leur argent comme bon leur semblait et ils n'avaient de compte à rendre à personne. Aujourd'hui on doit justifier ce qui rentre et ce qui sort, c'est du flicage pur et simple !

  • BCEUR le 29.11.2017 17:17 Report dénoncer ce commentaire

    N'oubliez pas qu'il faut "uniquement" être assez nombreux pour refuser ces mersures ! C'est le nombre qui fera la différence.